Выбрать главу

volte, qui se solde par un échec. Mais ce ne sont pas les mouvements chī‘ite et khāridjite qui inquiètent le plus le régime omeyyade. La faiblesse de celui-ci réside essentiellement dans les dissensions entre tribus arabes, restées, comme avant l’islām, divisées en deux grands groupes antagonistes : celui du Nord et celui du Sud. Cette division traditionnelle se double d’un conflit d’intérêts opposant les Arabes du Sud, infiltrés avant les conquêtes en Syrie et en Iraq, aux Arabes du Nord, venus avec les armées de l’islām.

Les Omeyyades jouent d’abord un

rôle d’arbitres entre les tribus. Mais, en 683, ils sortent de leur neutralité pour combattre avec l’aide d’une tribu du Sud, celle des Kalb, l’une des principales tribus du Nord, celle des Qays, qui refuse de reconnaître le successeur de Yazīd. Depuis, ils s’appuient, selon la situation, sur l’un ou l’autre clan, faisant ainsi du califat un parti associé à un conflit tribal.

Les réformes

administratives sous ‘Abd

al-Malik

Le calife ‘Abd al-Malik parvient à s’imposer à toutes les tribus. Il consolide son autorité en procédant à une plus grande centralisation. Il substitue aux anciens systèmes administratifs byzantins et persans un nouveau système impérial, dont la langue officielle devient l’arabe. En 696, il institue une monnaie arabe, qui vient remplacer les monnaies de types byzantin et persan.

À sa mort, en 705, l’Empire musulman paraît paisible et puissant, mais les principaux problèmes ne sont pas pour autant résolus.

La reprise des conquêtes

Sous le règne de Walid (705-715), les conquêtes sont reprises, et l’Empire s’étend du Sind (dans l’actuel Pākistān) à la péninsule Ibérique.

Le successeur de Walid, Sulaymān Ier (715-717), lance contre Constantinople une grande expédition, qui se solde par un échec. La destruction de la flotte et de l’armée de Syrie sous les murs de Constantinople prive le régime d’un appui d’autant plus nécessaire que les frais d’équipement et d’entretien de la campagne, en aggravant l’oppression fiscale et financière, raniment les vieilles oppositions.

‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz,

calife de la réconciliation

Pour sauver la dynastie Omeyyade, le calife ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz (‘Umar II) [717-720] s’engage dans une entreprise de réconciliation. Réputé par sa piété et sa probité, il parvient à s’imposer à tous les partis. Il institue le principe d’égalité devant l’impôt de tous les musulmans. Par cette mesure, il pacifie les mawālī, qui obtiennent également le droit de s’établir dans les villes de garnison. En contrepartie, il aggrave le régime des dhimmīs, qui, outre leur exclusion de l’Administration, se voient plus rigoureusement soumis aux servitudes sociales et financières qui leur sont imposées par la loi.

Cette politique se traduit par une augmentation des dépenses, une diminution des recettes et aussi des désordres dans l’Administration, provoqués par le départ des dhimmīs.

La réforme fiscale

sous Hichām

Aussi, à la mort de ‘Umar II, ses successeurs Yazīd II (720-724) et surtout Hichām (724-743) se trouvent-ils dans l’obligation d’élaborer un nouveau système fiscal, qui, d’ailleurs, survivra avec quelques modifications au régime omeyyade. Pour maintenir le

« kharādj », impôt foncier auquel les musulmans ne sont pas, en principe, soumis, l’ordre nouveau se fonde sur la fiction selon laquelle le kharādj frappe la terre et non le propriétaire.

Des surintendants des finances sont chargés, aux côtés des gouverneurs de

provinces, d’établir la nouvelle assiette d’impôt.

La chute des Omeyyades

En aggravant l’oppression fiscale, ces réformes raniment une fois de plus les vieilles oppositions, que la politique de

‘Umar II avait apaisées. La conjugaison des oppositions tribale, khāridjite et chī‘ite finit, au milieu du VIIIe s., par venir à bout des Omeyyades, dont l’empire s’étend alors de l’Inde à l’Espagne. Malgré son habileté, le dernier des Omeyyades, Marwān II (744-750), se trouve incapable de sauver la dynastie.

Le coup de grâce est donné par le parti des hāchimiyya, secte d’origine chī‘ite, dirigée d’abord, à partir de 716, par Muḥammad ibn‘Alī ibn al-‘Abbās, descendant d’un oncle du Prophète, ensuite, respectivement, par ses deux enfants Ibrāhīm et Abū al-‘Abbās. Appuyé sur les mawālī iraniens, auprès desquels un agitateur chī‘ite, Abū

Muslim, persan lui-même et lieutenant d’Ibrāhīm, rencontre un immense succès, le mouvement des hāchimiyya réussit à s’emparer du Khurāsān en 747-48 et s’engage dans une lutte ouverte contre les Omeyyades. En 749, les troupes des Omeyyades sont écrasées à la bataille du Grand Zāb. Abū al-

‘Abbās, qui succède à son frère Ibrāhīm à la tête du parti des hāchimiyya, est proclamé calife en 750 et inaugure le règne des ‘Abbāssides.

Les Omeyyades

d’Espagne

Échappant aux massacres, un petit-fils du calife Hichām, ‘Abd al-Raḥmān, s’enfuit au Maghreb, puis débarque en Espagne ; il prend Cordoue (756) et fonde un émirat indépendant. ‘Abd al-Raḥmān* III, qui règne de 912 à 961, se proclame calife de Cordoue, marquant ainsi sa totale indépendance à l’égard des califes ‘abbāssides de Bagdad.

Le califat de Cordoue disparaîtra en 1031 avec la déposition de Hichām III.

(V. Andalousie et Espagne.)

M. A.

F Andalousie / Arabie / Espagne / Iran / Iraq /

Syrie.

L’art omeyyade

L’art islamique est né en Syrie* et en Palestine à l’époque des califes omeyyades. La conquête arabe ne détruisit pas les ateliers qui travaillaient dans ces pays, et rien, tout d’abord, ne fut changé à leur activité : les objets manufacturés de la première moitié du VIIIe s. ne se distinguent que difficilement de ceux des VIe et VIIe s. Ce n’est que lentement qu’ils acquerront leur personnalité. Nous connaissons mal, par ailleurs, les deux premières mosquées* dignes de ce nom, celle de Baṣra (Bassora) [665] et celle de Kūfa (670), qui ont disparu, mais il semble qu’elles n’aient pas présenté d’innovations sensibles : la seconde a dû être influencée par les apadana achéménides, et il est vraisemblable qu’elle influença à son tour les monuments postérieurs, agissant sur le plan et les procédés architecturaux inspirés entre-temps par la mosquée de Damas.

MONUMENTS RELIGIEUX

La plus ancienne oeuvre musulmane que l’on peut encore admirer, la Coupole du Rocher (Qubbat al-Ṣakhra), mise en chantier en 688 sur l’emplacement du Temple de Jérusalem*, est entièrement antique par son plan et son décor de mosaïques.

Construite pour célébrer la gloire de l’islām et permettre le pèlerinage à un lieu saint, elle demeure une construction sans pareille dans le monde de l’islām.

C’est à la mosquée des Omeyyades

de Damas* (705) que les formules anté-

rieures (celles des palais byzantins et des basiliques) sont adaptées pour la première fois aux besoins canoniques. Sa cour an-térieure entourée de portiques, sa salle à trois nefs parallèles, coupées en leur milieu par une travée perpendiculaire, donnent le schéma fondamental de ce qui sera, pour des siècles, la mosquée dite « arabe ». Mais, là encore, le décor, constitué essentiellement de mosaïques d’où sont exclues les figures animées, est byzantin et réalisé sans doute par des artistes byzantins ou syriens. Les minarets sont imités des clochers syriens. La mosquée de Médine, érigée entre 707 et 709, a été très remaniée au cours des temps, mais ne devait, primitivement, que peu différer de celle de Damas. Divisée en cinq vaisseaux, elle était flanquée de quatre minarets d’angles ; son

décor était en mosaïques. Le tombeau du Prophète était situé dans la partie orientale de la salle de prière.

Les transformations effectuées par les