‘Abbāssides* et par leurs successeurs (y compris les croisés) rendent malaisée la reconstitution du plan d’origine de la mosquée d’al-Aqṣā de Jérusalem, fondation archaïque, mais véritablement architecturée au début du VIIIe s. par la mise en place de colonnes de marbre formant des nefs disposées perpendiculairement au mur du fond. Il en va de même à Ḥarrān (auj. en Turquie), où la mosquée a été commencée avant 750.
LES CHÂTEAUX OMEYYADES
Découverts les uns après les autres et loin d’être entièrement étudiés, les châteaux arabes, plus ou moins ruinés (et relevant souvent de la fouille), confirment ce que les textes apprennent : le goût effréné des princes pour les plaisirs de toutes sortes et jusqu’aux plus sensuels. Par la richesse de leur décor, ils prouvent que la repré-
sentation des êtres humains n’était alors limitée en aucune façon : certains ont pu dire qu’ils y tenaient une place excessive.
De conceptions très diverses, ces châteaux downloadModeText.vue.download 485 sur 625
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sont parfois de petits pavillons de chasse auxquels s’adjoint un bain, des villas groupées à l’intérieur d’une enceinte, des châ-
teaux de plaisance avec ḥammām, mosquée et caravansérail ou encore de vastes résidences conçues pour recevoir toute la Cour. Extérieurement, ils ressemblent assez au castrum romain avec leur enceinte carrée fortifiée de murailles et de tours semi-rondes. Intérieurement, ils s’en éloignent beaucoup. La cour est souvent la partie centrale, autour de laquelle, avec ou sans symétrie et sur deux étages, s’organisent les bâtiments.
Les plus anciens châteaux semblent dater de 705, et les plus récents de 744. Ils s’éparpillent à travers la Jordanie (Mchattā, Qaṣr al-Ṭūba, Quṣayr ‘Amra, etc.), le Liban (‘Andjar, situé au centre d’une ville ré-
cemment découverte et qui semble bien omeyyade), la Syrie (Qaṣr al-Ḥayr al-Rharbī,
Qaṣr al-Ḥayr al-Charqī, Djabal Sais, Ruṣāfa, etc.) et la Palestine (Khirbat al-Mafdjar Khirbat al-Minyā).
PEINTURES, SCULPTURES, MOSAÏQUES
Plusieurs châteaux ont une valeur particulière par leur décor : Quṣayr ‘Amra, Mchattā, Khirbat al-Mafdjar, Ruṣāfa, les deux Qaṣr al-Ḥayr. Nul doute que d’autres livreront encore d’importants témoignages. Les oeuvres y sont audacieuses, variées, d’une grande richesse. Tous les procédés alors connus s’y rencontrent, isolés ou concurremment : le travail de la pierre ou du stuc
— en méplat, en relief, en ronde bosse —, la peinture, la mosaïque. Le non-figuratif n’y est pas négligeable, mais le cède en in-térêt aux représentations des êtres animés.
Le prince occupe une place prépondé-
rante : à Quṣayr ‘Amra, sa plus belle repré-
sentation est celle où il est peint entouré de prétoriens, assis sur un trône au bord de la mer avec des oiseaux en vol autour de lui. D’autres peintures montrent les rois vaincus et vassalisés, des scènes de chasse, des séances de musique, de danse et de gymnastique, des beigneurs, les signes du zodiaque et les constellations. Le nu n’y est pas ignoré. Le bestiaire est très varié et plein de verve. À Qaṣr al-Ḥayr al-Rharbī, deux grandes compositions à même le sol (qui atteignent 10,87 m et 12 m pour une largeur de plus de 4 m) décrivent la déesse syrienne Gaia, le buste découvert, entourée d’hippocampes et de figures animales
— selon une inspiration très gréco-romaine —, ou encore un cavalier chassant, peint sous deux musiciens, qui dévoile une influence sassanide manifeste.
Les thèmes du prince debout et couronné, des bustes et des corps de femmes, des personnages assis ou couchés, des cavaliers monumentaux, des frises de figures masculines et féminines sont traités en stuc. Les corps des danseuses nues sont lourds, mais les visages sont expressifs.
Khirbat al-Mafdjar offre toute une série de personnages dissimulés dans les vignes : vendangeurs, ours, chasseurs.
Les mosaïques ornent de dessins géo-métriques abondants les sols de la grande salle du bain et du dīwān de Khirbat al-Mafdjar. Une seule a un décor figuré, et c’est un chef-d’oeuvre : elle représente des animaux de part et d’autre de l’arbre de
vie.
Si le travail de la pierre est un peu moins fréquent, il offre ici (Mafdjar) une série de fragments de têtes au type oriental accusé, là (Mchattā) une des plus belles compositions, où se mêlent la faune et la flore : oiseaux, fauves affrontés autour d’un calice, etc. (musée de Berlin-Est).
Si, d’une manière générale, tous les éléments que nous rencontrons dans l’art omeyyade sont déjà connus, la façon dont ils sont utilisés est entièrement nouvelle.
Ainsi, par le choix et par la juxtaposition d’éléments se constitue le premier art musulman.
Après la révolution ‘abbāsside, les Omeyyades se réfugièrent en Espagne*, où ils transportèrent toutes leurs traditions artistiques (Grande Mosquée de Cordoue*).
J.-P. R.
F Islām.
A. Musil, Kuseir‘Amra (Vienne, 1907). /
A.-J. Janssen et P. Savignac, Mission archéologique en Arabie, t. III : les Châteaux arabes de Qeseir‘Amra, Harâneh et Tûba (Geuthner, 1922). / K. A. C. Creswell, Early Muslim Architecture, t. I : Umayyads ad 622-750 (Oxford, 1932).
/ J. Sauvaget, la Mosquée omeyyade de Médine (Van Oest, 1948). / R. W. Hamilton, Khirbat al Mafjar (Oxford, 1959).
onde
Résultat physique de vibrations ou d’ébranlements périodiques locaux d’un milieu solide, liquide ou gazeux.
Généralités
Les paramètres d’une onde sinusoïdale pure sont :
— son amplitude A ;
— son amplitude crête à crête Acc ;
— sa période T ;
— sa longueur d’onde λ ;
— sa fréquence f, déterminée par le temps t séparant deux crêtes successives. On a et la vitesse v de
propagation a pour valeur
L’unité de fréquence est le hertz (Hz).
(On ne doit plus utiliser le cycle par seconde [c/s].)
On distingue les ondes matérielles ou acoustiques, qui comprennent les sons audibles (de 16 Hz à 16 kHz) et les bandes adjacentes, infrasons (< 16 Hz) et ultrasons (> 16 kHz), et les ondes électromagnétiques, qui couvrent un spectre très étalé.
Dans les télécommunications radioé-
lectriques de tous types, les fréquences s’étagent entre 10 kHz et 30 GHz.
Dans ce dernier domaine, qui constitue les hyperfréquences, on parle parfois d’ondes décamétriques, métriques, décimétriques..., submillimétriques, mais ces dénominations sont absolument incorrectes et ne doivent pas être utilisées.
Il n’y a pas de frontière délimitée entre ces ondes et les rayonnements infrarouges, lesquels couvrent de 30 GHz à 300 THz environ, mais alors les fréquences deviennent si élevées que le hertz et ses multiples n’ont plus guère de signification. Longtemps, on a utilisé l’angström (Å = 10– 7 mm), que l’on a remplacé par le micron, ou micromètre (μ = 10– 6 m) ; aujourd’hui, l’unité internationale est le nanomètre (nm = 10 Å = 10– 9 m).
Au-delà de l’infrarouge proche
se trouvent les rayonnements lumineux, qui s’étagent sensiblement entre 750 nm (rouge) et 400 nm (violet), ces frontières étant assez nettement délimitées. Puis on observe les rayonnements ultraviolets (de 400 à 100 nm, limite de transparence de la fluorine) et le domaine des rayons X (rayons mous de 25 nm à 0,1 nm et rayons durs de 0,1
à 0,01 nm). Finalement, le spectre se termine avec les rayons γ, qui peuvent atteindre des fréquences extrêmement élevées, de l’ordre de 3.1017 THz.
Si l’on compte les divers domaines du spectre électromagnétique par octaves de fréquences, on constate qu’il y en a 26 pour les systèmes radioé-
lectriques, 10 pour les rayonnements infrarouges, 1 seul pour la lumière visible, 4 pour les rayons ultraviolets, 13