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Le climat est de type continental ; mais il présente une certaine diversité par suite de l’extension de la province en latitude (de 41° 45′ à 57°), des différences locales d’altitude, de la situation des diverses régions vis-à-vis des Grands Lacs, qui jouent le rôle de régulateur thermique, ou de la baie d’Hudson, dont l’influence modératrice est, au contraire, très limitée. L’accroissement de la rigueur de l’hiver du sud au nord s’exprime dans les moyennes de température (en janvier, – 3 °C à Saint Catharines, – 5 °C à London, – 11 °C

à Ottawa, – 18,5 °C à Kapuskasing,

– 23 °C à Trout Lake, de – 25 à – 23 °C

sur la côte de la baie d’Hudson) et dans les températures minimales moyennes (en janvier, – 7 °C à Saint Catharines,

– 9 °C à London, – 16 °C à Ottawa,

– 25 °C à Kapuskasing). C’est à l’influence combinée de la latitude et des Grands Lacs que le Sud-Ouest et la péninsule de Niagara doivent leurs hivers relativement modérés ; de même, les rivages des lacs Supérieur et Huron ont un hiver moins froid que celui des régions intérieures à latitude égale. La chaleur de l’été est tempérée par le voisinage des Grands Lacs ou par la latitude (moyenne de juillet : de 20,5

à 21,5 °C à London, à Saint Catharines et à Ottawa, de 17 à 17,5 °C à Fort William et à Kapuskasing, 16 °C

à Trout Lake, de 12 à 13 °C sur la côte de la baie d’Hudson). Les précipitations, régulièrement réparties sur toute l’année avec un léger maximum d’été, diminuent vers le nord ; 955 mm à London, 700 mm à Kapuskasing, 400 mm sur la côte de la baie d’Hudson ; la part de la neige augmente au contraire vers le nord, passant d’un sixième du total des précipitations au sud à un tiers au nord. Aux vents attiédis et chargés de vapeur d’eau par les Grands Lacs, le fond de la baie Géorgienne et le versant ouest de l’Algonquin Park doivent un total de neige fraîche de l’ordre de 3 m, ce qui en fait une des régions les plus enneigées de l’est du Canada, après le sud-est du Labrador et les Laurentides de Québec.

La zonation de la végétation et des sols est calquée sur celle du climat.

Dans les régions riveraines des lacs Érié et Ontario ainsi que du lobe méridional du lac Huron domine la forêt de feuillus dite « du Niagara », partie de la grande forêt caducifoliée nord-américaine. Le hêtre et l’érable à sucre constituent les espèces caractéristiques d’associations qui comprennent, en proportion variable, des chênes, des tilleuls, des noyers, des platanes, des ormes et des espèces méridionales, comme le tulipier, le magnolia et le châtaignier. Quelques peuplements de pin blanc ont survécu à l’exploitation forestière sur les sables morainiques et lacustres. Dans les dépressions mal drainées, l’acidité crée un environnement favorable au maintien de la forêt de conifères postglaciaire. Le climat tempéré, la végétation de feuillus et la moraine de fond enrichie en calcaire donnent des sols propices à l’agriculture, de types podzoliques gris-brun et gris foncé.

Entre cette formation de feuillus et la limite du Bouclier s’étend une forêt mixte. Aux espèces caractéristiques précédentes s’adjoignent, selon les conditions topographiques et hydrologiques, des pins, le sapin baumier, l’épinette noire (Picea mariana) et les tsugas. À part les podzols sur les maté-

riaux à texture grossière, les sols sont encore de type podzolique gris-brun et brun forestier.

Sur le Bouclier, au sud d’une ligne lac Témiscamingue-Sault-Sainte-Marie, à l’est, et Fort William-lac des Bois, à l’ouest, la forêt mixte s’enrichit en espèces de la forêt boréale : épinettes noire et blanche (épicéas marial et blanc), sapin baumier, tremble, bouleau blanc, avec des pins sur les terrains sableux et des mélèzes et des thuyas dans les cuvettes. Dans ces conditions se forment des sols podzoliques bruns, des podzols ou de la tourbe.

La forêt boréale transcontinentale occupe le nord de la province. Les espèces caractéristiques sont l’épinette noire, le sapin baumier, le bouleau blanc et le tremble, les deux dernières surtout au premier stade de la forêt secondaire après coupe ou incendie.

Certaines associations comprennent en outre l’épinette blanche, le mélèze, des pins (rouges, blancs ou gris), le thuya.

Sur sa frange sud, la forêt boréale incorpore des feuillus de la forêt mixte : érable à sucre, bouleau jaune. Au nord, elle passe à la forêt ouverte subarctique, puis à la toundra boisée (hé-

miarctique), mosaïque d’espaces nus ou couverts de lichens sur les hauteurs et de parties boisées sur les rives des lacs et des cours d’eau. Affleurements rocheux mis à part, la faible épaisseur de la moraine, les conditions climatiques et hydrologiques ainsi que les litières acides donnent naissance à des podzols, à de la tourbe et à des rankers.

La population

L’Ontario actuel fit partie de la Nouvelle-France jusqu’en 1763 : les missionnaires et commerçants utilisaient la route des Grands Lacs vers l’inté-

rieur du continent, laissant ici et là des toponymes français, tandis que les militaires érigeaient des forts, dont plusieurs marquent l’emplacement de villes actuelles (Toronto, Kingston par exemple). Ce n’est qu’une vingtaine d’années après la conquête britannique qu’arrivèrent les premiers colons anglo-saxons du Haut-Canada ; il s’agissait alors de Loyalistes fuyant les États-Unis. Au début du XIXe s., ceux-ci furent relayés dans le courant d’immigration qui s’établit vers le futur Ontario par d’autres Américains et des Allemands. On constate ensuite

divers mouvements de sens opposés, une émigration de l’Ontario vers le Midwest en même temps qu’une émigration des États-Unis vers cette province, ainsi que des départs d’Américains précédemment entrés en Ontario.

Le courant constant d’immigrants irlandais fut particulièrement important à la suite des famines de 1816 et surtout de 1846. À diverses reprises au XIXe s., des colons et plus encore des commerçants et des entrepreneurs écossais entrèrent en Ontario. À partir de 1870-1880, le Québec fournit des contingents de Canadiens français dans l’est de l’Ontario méridional, puis dans le district minier de Sudbury, enfin dans les Clay Belts avec l’arrivée du chemin de fer. Les régions minières et les exploitations forestières attirèrent aussi des Slaves, des Allemands et des Scandinaves. La population de l’Ontario apparaît ainsi comme une mosaïque ethnique dont l’assimilation n’est pas complète, puisque l’on ne compte que 77,5 p. 100 d’anglophones (6,3 p. 100

de francophones).

L’immigration continue, ralentie

seulement lors du peuplement des Prairies, et un fort accroissement naturel font passer la population de la province de 950 000 habitants en 1851

à 1 900 000 en 1881, à 3 432 000

en 1931, à 6 236 000 en 1961 et à 7 703 000 en 1971.

La population est très inégalement répartie ; les neuf dixièmes sont groupés sur moins d’un dixième de la superficie de la province, dans la péninsule comprise entre la baie Géorgienne et les lacs Huron, Érié et Ontario ainsi que dans l’interfluve Saint-Laurent-Outaouais inférieur, c’est-à-dire dans la région sédimentaire au sud du Bouclier.

L’industrie

C’est l’activité économique la plus importante de la province ; elle emploie 27 p. 100 de la population active (transports, 8 p. 100 ; commerce et finance, 20 p. 100 ; services, 20 p. 100). Elle contribue pour 51 p. 100 à la valeur des produits manufacturés au Canada et occupe 48 p. 100 de la main-d’oeuvre industrielle du pays.

L’Ontario tient la première place dans un grand nombre de branches