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sence de plusieurs instances antérieures (Économie, Équipement, Eaux et Fo-rêts, cour d’appel, I. N. S. E. E., centre hospitalier régional), a notablement accru ses emplois de services, attiré à elle des transferts parisiens (chèques postaux, banque). Dotée depuis quinze ans d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche (C. N. R. S., Bureau de recherches géologiques et minières [B. R. G. M.]), la ville possède depuis 1962 une académie et

depuis 1970 une université nouvelle (campus de la Source ; 550 ha).

Elle a aussi trouvé dans l’industrie un solide soutien à son économie.

En relation, par son entrepôt, avec le monde extérieur, des Antilles au Levant, Orléans avait été un grand centre manufacturier. Elle possédait à la fin du XVIIIe s. douze raffineries de sucre, des fabriques de cire, des manufactures de toiles peintes, de bonneterie, de coiffes ottomanes, des moulins à papier, des

tanneries, deux cents vinaigreries.

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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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Touchée soixante ans durant, de la Ré-

volution aux années 1850, successivement par l’émancipation de Saint-Domingue, le Blocus continental, le repli de la canne devant la betterave sur le marché sucrier, la fin de son entrepôt, elle s’était désindustrialisée. Elle s’est ressaisie. D’heureuses initiatives lui donnaient à la fin du XIXe s. des ateliers de lingerie, de matériel agricole, de construction automobile, des conserveries, une verrerie, une manufacture de tabacs. Proche de Paris, bien desservie, disposant de main-d’oeuvre dans une région de démographie vigoureuse, elle a intéressé au XXe s. la décentralisation. Un repli du Nord et une création stratégique y amenaient en 1914-1918

une manufacture de coton hydrophile et une usine de munitions, qui, l’une et l’autre reconverties en 1919, figurent aujourd’hui au nombre des grandes entreprises françaises d’appareillage électrique (articles électroménagers, palans et moteurs électriques). L’entre-deux-guerres y ajoutait une usine de construction automobile, une fonderie d’aluminium, un laboratoire de spécialités pharmaceutiques. Depuis 1945, Orléans a accueilli des usines de pièces automobiles, de tracteurs, de matériel électronique, de confection, de pneumatiques. L’agglomération orléanaise totalise 35 établissements industriels de plus de 200 salariés, dont 4 de plus de 1 000. Ses effectifs secondaires, passés entre 1962 et 1968 de 22 000 à 30 000, représentent 40 p. 100 de ses emplois.

La ville

Elle traduit bien dans sa physionomie les étapes de la croissance. Articulée sur une croisée de routes E.-O. et N.-S., elle en épouse la trame fondamentale.

Dans une ceinture de mails ombragés, ouverts en 1850 sur son dernier rempart, la vieille ville juxtapose, dans un quadrillage serré de rues à peine mis en défaut par le tracé rayonnant de quelques faubourgs, vestiges antiques,

cathédrale et quartiers médiévaux,

« grande accrue » du XVIe s. Aérée par quelques perspectives modernes (rue Royale reconstruite après 1945 dans l’ordonnancement du XVIIIe s. [galeries à arcades], rues Jeanne-d’Arc et de la République), elle concentre dans ses voies principales, autour de la place du Martroi, commerces et services (préfecture, hôtel de ville, établissements scolaires, hôpital), dans ses îlots anciens un habitat médiocre de taudis surpeuplés, qu’une rénovation difficile s’efforce de faire disparaître. Extra-muros, la ville moderne (1840-1939) développe ses quartiers sans caractère, démesurément étendus, de petites maisons basses ; ces quartiers ne sont guère structurés qu’au nord-ouest (le Baron, Dunois) et au nord-est (l’Argonne).

Dans un peuplement souvent lâche, le collectif de masse d’après guerre a pris possession du sol dans toute la périphé-

rie : au nord de la Loire, les Acacias, la Gare, l’Argonne ; au sud, le Champ de Mars, Dauphine, les Roseraies, la Source surtout, conçue comme le campus universitaire près d’un magnifique parc floral inauguré à l’occasion des Floralies internationales de 1967, et bâtie dans une optique de ville nouvelle (« Orléans II » ; 3 800 logements construits, 8 000 logements et 40 000 hab. prévus). Au-delà, l’habitat individuel, et collectif aussi, a gagné la banlieue : au nord de la Loire, de part et d’autre du triage des Aubrais et parmi sept zones industrielles, La Chapelle-Saint-Mesmin (6 484 hab.), Saint-Jean-de-la-Ruelle (16 682 hab.), Saran (8 921 hab.), Fleury-les-Aubrais (16 842 hab.), Saint-Jean-de-Braye (12 453 hab.) ; au sud, pressant les tenues maraîchères et florales du Val de Loire, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin (2 871 hab.), Saint-Jean-le-Blanc (6 531 hab.), Olivet, site de villégiature recherché sur le Loiret (12 382 hab.).

Tandis qu’Orléans augmentait sa population, entre 1968 et 1975, de moins de 10 p. 100, sa banlieue s’accroissait approximativement du double.

Orléans est loin d’avoir résolu tous ses problèmes. La dispersion de ses efforts urbanistiques, le choix de la Source, trop proche du centre pour être véritablement une ville nouvelle et trop éloignée pour s’intégrer plei-

nement dans l’agglomération, ont abouti à de graves échecs. Le support industriel reste léger face à un tertiaire qui parvient mal à se placer. L’assise régionale d’Orléans elle-même est en porte à faux, mordant au nord et au nord-ouest sur l’Eure-et-Loir (Toury, Orgères-en-Beauce), à l’ouest et au sud sur le Loir-et-Cher (Ouzouer-le-Marché, Lamotte-Beuvron), quand lui échappe à l’est le Gâtinais montargois, directement tourné vers Paris par la vallée du Loing. Paris pèse d’un poids irrésistible, par son attrait, son éventail d’emplois, son niveau salarial sensiblement supérieur, sur Orléans, lui soufflant une partie de ses meilleures énergies. La ville rencontre devant elle, hostiles à ses prérogatives régionales, les prétentions rivales de Tours et de Bourges. Elle n’en est pas moins, forte de son autorité sur six départements (2 millions d’hab.), de ses équipements, de son esprit d’entreprise, de sa place dans la perspective de réalisation d’une « métropole-jardin » avec Blois et Tours, dans une phase qui contraste avec un long effacement. De 1851 à 1954, en cent trois ans, elle accusait l’un des taux de croissance les plus faibles de la région (61 p. 100) ; de 1954 à 1975, en vingt et un ans, elle a accuse l’un des plus élevés (plus de 50 p. 100). Orléans a rompu avec un passé longtemps brillant sans doute, mais aussi longtemps incertain.

Y. B.

F Centre (Région) / Loiret (départ. du) / Orléanais.

J. E. Bimbenet, Histoire de la ville d’Orléans (Herluison, Orléans, 1884-1888 ; 5 vol.). /

L. d’Illiers, Histoire d’Orléans (Houzé, Orléans, 1956). / Y. Babonaux, Villes et régions de la Loire moyenne (Touraine, Blésois, Orléanais).

Fondements et perspectives géographiques (S. A. B. R. I., 1966).

Orléans

(maisons d’)

Nom de quatre familles princières de France issues des Capétiens*.

Première famille

d’Orléans

Elle commence et s’éteint avec Philippe Ier, duc d’Orléans, cinquième enfant du roi de France Philippe VI de Valois et de Jeanne de Bourgogne.

Le roi donna en apanage à son fils le comté de Valois, puis en 1344 le comté d’Orléans, érigé en duché. Ce premier duc d’Orléans mourut sans postérité en 1375.

Deuxième famille

d’Orléans

Elle fut fondée en 1392 par le second fils du roi Charles V, Louis Ier d’Orléans (1372-1407), frère de Charles VI*.

Comte de Valois, puis duc de Touraine (1386), Louis reçut de son frère le duché d’Orléans en 1392. Cette même année, la folie de Charles VI le mit en compétition avec son autre frère, le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi ; pour exercer le gouvernement dans le royaume, il s’appuya sur la reine Isa-beau de Bavière, qu’il courtisait.

Prince léger et prodigue, il gaspilla les finances royales dans des fêtes et dans une politique de prestige. La lourde fiscalité qu’il dut établir pour subvenir à tous ces besoins lui aliéna les sympathies des bourgeois parisiens.