Выбрать главу

L’affaire du collier de la reine (1785-86) fut envenimée par ses soins, et, en 1787, le duc se mit à la tête de la Fronde parlementaire, qui critiquait la politique financière du gouvernement ; il déclara que seuls les états généraux avaient le droit de voter l’impôt. Cette attitude lui valut d’être exilé quelque temps à Villers-Cotterêts.

En 1789, le duc fut député de la noblesse aux états généraux et demanda la réunion des trois ordres (juin 1789).

Ami de Mirabeau*, il prépara dans les jardins du Palais-Royal, centre de l’agitation révolutionnaire, les journées des 5 et 6 octobre, qui obligèrent la Cour à quitter Versailles pour Paris.

Il caressait sans doute le projet de remplacer Louis XVI sur le trône ou peut-

être d’exercer la régence au cas où le roi eût été forcé d’abdiquer, le Dauphin n’ayant que quatre ans. Dénoncé par La Fayette*, le duc se retira en Angleterre jusqu’en juillet 1790.

À son retour, la Cour pensa se l’attacher en le nommant enfin grand amiral, mais le duc persista dans sa poli-

tique. Après la fuite de Louis XVI à Varennes, il crut devenir de nouveau régent et fut probablement l’instigateur de la demande de déchéance du roi (pétition du Champ-de-Mars). Après la chute de la monarchie, il fut élu député de Paris à la Convention, et la Commune lui donna le nom d’« Égalité ».

Au procès de Louis XVI, Philippe

Égalité n’hésita pas à voter la mort de son cousin. Le complot de son

ami le général Dumouriez et la fuite de son fils chez l’ennemi (mars 1793) lui valurent d’être arrêté en avril. En novembre, le tribunal révolutionnaire le condamnait à mort pour avoir voulu rétablir la royauté à son profit. Philippe Egalité fut guillotiné le 6 novembre 1793. Il avait eu cinq enfants, dont Louis Philippe d’Orléans, le roi des Français, Louis-Philippe Ier* de 1830

à 1848.

Ferdinand Philippe d’Orléans (1810-1842), fils aîné de Louis-Philippe Ier et de Marie Amélie des Deux-Siciles († 1866), fut nommé colonel sous la Restauration. En juillet 1830, il prit part avec ses soldats à la révolution contre Charles X. Général en 1831, il participa à la répression contre la ré-

volte des ouvriers lyonnais et en 1832

à la prise d’Anvers contre les Hollandais, au cours du conflit qui assura l’indépendance de la Belgique.

Lieutenant général du royaume en

1834, il combattit pendant les campagnes coloniales d’Algérie à partir de 1835 et se distingua à Mascara, aux Portes de Fer et à Mouzaïa. D’opinion libérale, il était le plus populaire des fils de Louis-Philippe. Sa mort le 13 juillet 1842 dans un accident de voiture à Neuilly fut une véritable catastrophe pour la monarchie de Juillet.

Sa femme, Hélène de Mecklem-

bourg-Schwerin († 1858), lui avait donné deux fils : Philippe, comte de Paris, et Robert, duc de Chartres. Le 24 février 1848, elle les conduisit à la Chambre des députés pour essayer d’obtenir la régence au nom de son fils aîné, mais elle ne fut pas entendue, et la république fut proclamée.

Philippe d’Orléans (1838-1894) avait

reçu le titre de comte de Paris de son grand-père Louis-Philippe Ier. Exilé en Angleterre en 1848, il prit part à la guerre de Sécession des États-Unis dans les rangs nordistes.

En 1871, il revint en France, et, comme chef du parti orléaniste, il négocia en 1873, à l’entrevue de

Frohsdorf, un accord avec le dernier représentant de la branche aînée des Bourbons, le comte de Chambord, qu’il reconnut comme le seul prétendant au trône de France. Celui-ci étant mort sans héritiers le 24 août 1883, Philippe d’Orléans, Philippe VII pour ses fi-dèles, devenait le chef de la maison de France. En 1886, une loi d’exil le for-

çait à quitter la France avec sa famille pour l’Angleterre où il mourut.

Philippe, duc d’Orléans (1869-1926), fils du précédent et d’Isabelle de Montpensier († 1919), bien qu’exilé, se présenta en 1890 à Paris au bureau de recrutement militaire pour accomplir son service. Il dut à cette action le nom de « Prince Gamelle ». Emprisonné et bientôt gracié et expulsé, il servit dans l’armée anglaise des Indes. En 1894, à la mort de son père, il devint prétendant au trône de France. Il soutint les nationalistes au moment de l’affaire Dreyfus* et l’Action* française à ses débuts.

En 1914, il demanda en vain à servir la France. Marié en 1896 à Marie Dorothée d’Autriche († 1932), il mourut sans enfants. Ses droits passèrent à son cousin et beau-frère Jean, duc de Guise (1874-1940), le fils du duc Robert de Chartres.

Henri d’Orléans, comte de Paris (né en 1908), fils de Jean, duc de Guise, et d’Isabelle d’Orléans, vécut en exil à partir de 1926. Du vivant de son père, il s’intéressa aux affaires politiques fran-

çaises et rompit en 1937 avec l’Action française dans le dessein d’adapter les espérances monarchiques aux idées modernes. En 1940, à la mort de son père, il devenait prétendant au trône de France.

Durant la Seconde Guerre mondiale, déçu par le gouvernement de Vichy, il se rendit à Alger.

En 1950, la Chambre des députés ayant abrogé la loi d’exil de 1886, il put revenir en France avec sa famille.

À partir de 1958, il soutint la politique du général de Gaulle. Il avait épousé en 1931 Isabelle d’Orléans-Bragance, qui lui a donné onze enfants, dont Henri, comte de Clermont (né en 1933), son fils aîné, qui a épousé en 1957 Marie-Thérèse de Wurtemberg.

P. P. et P. R.

A. Britsch, la Maison d’Orléans à la fin de l’Ancien Régime. La jeunesse de Philippe-Égalité (Payot, 1926). / M. Barrière, les Princes d’Orléans (Gallimard, 1933). / P. Erlanger, le Régent (Gallimard, 1949 ; nouv. éd., Club des libraires de France, 1960) ; Monsieur, frère de Louis XIV (Hachette, 1953 ; nouv. éd., 1970). /

P. d’Espezel, Mémorial de la première famille de France (les Quatre Fils Aymon, 1957). /

B. F. Hyslop, l’Apanage de Philippe-Égalité, duc d’Orléans (Clavreuil, 1966). / C.-E. Engel, le Régent (Hachette, 1969).

Orne. 61

Départ. de la Région Basse-Normandie ; 6 100 km 2 ; 293 523 hab. (Ornais). Ch.-l. Alençon. S.-pr. Argentan, Mortagne-au-Perche.

Allongé d’ouest en est, le dépar-

tement juxtapose des paysages assez variés. À l’ouest, le Bocage ornais s’étend sur les schistes, les granités et les grès du Massif armoricain. Il est composé de bassins (Passais, bassins de Briouze et de Flers), recouverts par un bocage serré, où de très nombreuses petites exploitations se consacrent à l’élevage, et de hauteurs qui sont parmi les plus élevées de la Normandie et de l’Ouest français (le massif d’Écouves culmine à 417 m). Isolées et humides, ces hauteurs sont occupées par une agriculture médiocre et par de grands massifs forestiers (massifs d’Andaine et d’Écouves). Au centre, à la limite du massif ancien et des terrains sédimentaires, se trouvent les meilleures terres. Les plaines ornaises, autour des petites villes d’Argentan, de Sées, de Mortrée et d’Alençon, portent sur des terrains calcaires une agriculture intensive associée à l’élevage. Les embouches ornaises, sur des terres fortes à

base argileuse, abritent dans de grands herbages-parcs des élevages de boeufs juxtaposés à des haras de chevaux de sang (autour de Bazoches-au-Houlme, d’Écouché, du Merlerault, du Mêle-sur-Sarthe). À l’est, le pays d’Ouche et le Perche offrent, sur l’argile à silex qui recouvre la craie, des paysages complexes, où se juxtaposent de grands massifs forestiers, des bocages irré-

guliers et des îlots de campagnes aux champs ouverts. Le pays d’Ouche, plus humide et plus élevé, est surtout voué à l’élevage bovin sur des terres lourdes.

Le Perche, vallonné, alternant hauteurs boisées et vallées herbagères, doit son ancienne renommée à l’élevage des chevaux de trait (presque disparu).