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/ R. de Felice, Mussolini, il revoluzionario (Turin, 1965) ; Mussolini, il fascista (Turin, 1966-1969 ; 3 vol.). / P. Guichonnet, Mussolini et le fascisme (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1966 ; 3e éd., 1971). / D. Biondi, Viva il Duce : Comment se fait un dictateur (trad. de l’ital., Laffont, 1969).

/ J. Matrat, Mussolini. Du gauchisme au fascisme (Structures nouvelles, 1969). / P. Whittle, One Afternoon at Mezzegra (Englewood Cliffs, N. J., 1970 ; trad. fr. Un après-midi à Mezzegra,

Fayard, 1971).

Jalons biographiques

1883 29 juillet : naissance à Predappio (Romagne) de Benito Mussolini.

1902-1904 Séjour en Suisse.

1908-1909 Séjour dans le Trentin.

1912 Mussolini directeur de l’Avanti !

1914 Il fonde Il Popolo d’Italia.

1915 Mariage avec Rachele Guidi.

1917 Février : blessé sur le front du Carso.

1919 23 mars : fondation des Faisceaux de combat.

1921 Député de Milan.

1922 Mussolini, après la « marche sur Rome » (28 oct.), chef du ministère (29 oct.), reçoit les pleins pouvoirs (25 nov.).

1924 Triomphe des fascistes aux élections du 6 avril ; meurtre de Matteotti (10 juin).

1925 3 janvier : Mussolini s’attribue des pouvoirs dictatoriaux.

1929 11 février : accords du Latran avec l’Église.

1933 7 juin : pacte à quatre (Italie, France, Grande-Bretagne, Allemagne).

1934 Entrevue à Venise avec Hitler (13-14 juin) ; le Duce mobilise sur le Brenner après l’assassinat de Dollfuss (25 juill.).

1935 Accord franco-italien (janv.) ; entrevue de Stresa (avr.) ; début de la campagne d’Éthiopie (3 oct.).

1936 Achèvement de la conquête de l’Éthiopie (mai) ; Galeazzo Ciano (1903-1944), gendre de Mussolini, ministre des Affaires étrangères (juin) ; Axe Rome-Berlin (1er nov.).

1938 Mussolini laisse opérer l’Anschluss (11 mars) et abandonne la Tchécoslovaquie à Munich (sept.).

1939 Annexion de l’Albanie (avr.) ; pacte

d’Acier (22 mai). Seconde Guerre mondiale (sept.) : Mussolini n’intervient pas.

1940 Offensive contre la France accablée (10-24 juin) ; désastre italien en Grèce (oct.).

1941-1942 L’Italie, alliée de l’Allemagne, perd ses colonies.

1943 Mussolini arrêté par ordre du roi (25 juill.) ; il est délivré par le major Otto Skorzeny (12 sept.) quelques jours après l’armistice italien (8 sept.) ; installation, autour de Salo (lac de Garde), de la République sociale italienne.

1944 Exécution de Ciano et de ses amis (11 janv.).

1945 Fuite de Mussolini, qui est arrêté à Dongo (27 avr.) par les partisans, qui l’exé-

cutent (28 avr.).

1957 Son corps est ramené à Predappio.

Surnommé ATATÜRK, homme d’État

turc (Thessalonique 1881 - Istanbul 1938).

Mustafa Kemal

Introduction

Il naît dans une famille d’origine paysanne. Son père, Ali Rıza, d’abord petit fonctionnaire dans les services de la Dette ottomane, quitte en 1888

l’administration des finances et se lance dans le commerce du bois. À sa mort en 1893, la situation de la famille est assez précaire. Mustafa doit abandonner tôt l’école, pour accompagner sa mère chez un oncle, fermier près de Thessalonique.

Se sentant une vocation d’officier, il entre à l’école des cadets de Thessalonique malgré l’opposition de sa mère, qui veut en faire un « hodja » (prêtre).

Très ambitieux, il se donne à ses études avec beaucoup d’application. À dix-sept ans, il quitte Thessalonique avec le surnom de Kemal (« perfection ») pour Monastir (auj. Bitola), la capitale de la Macédoine occidentale. En 1902, après de brillantes études à l’école militaire de cette ville, il est désigné pour suivre les cours de l’Académie de guerre d’Istanbul, où sont formés les cadres

destinés au grand état-major. En 1905, à l’âge de vingt-quatre ans, il sort de l’École supérieure de guerre avec le grade de capitaine.

L’Empire turc est alors à l’agonie.

Amputé à l’extérieur, il est en butte à toutes les humiliations. Ses finances et son commerce passent progressivement sous contrôle étranger. Il croule sous le poids de ses dettes, et son in-dépendance n’est plus qu’une fiction.

Miné par la question d’Orient, il ne doit sa survie qu’à la rivalité des grandes puissances, qui s’épient jalousement en attendant de se partager les dépouilles de l’« homme malade ». Le Sultan

maintient un pouvoir théocratique et gouverne selon les prescriptions de l’islām. Hostile à toute innovation, il s’appuie sur un clergé qui exerce son influence dans le sens de la religion la plus réactionnaire.

L’agitateur politique

C’est à Monastir que Mustafa Kemal prend conscience de cette situation. La capitale de la Macédoine occidentale constitue alors le centre de l’agitation. Les organisations secrètes y foisonnent. Mustafa découvre, à travers leurs publications, le caractère despotique du régime ainsi que l’incurie et la corruption des administrateurs impé-

riaux. Il y puise aussi certaines théories qui préconisent le renversement de l’Empire. Très vite, il est gagné aux idées modernistes, que fortifie la lecture secrète de Montesquieu, de Voltaire, de Rousseau, de Mirabeau et de Robespierre. Il écrit pour un journal clandestin des articles sur la liberté et appelle ses camarades à délivrer la Turquie des « vampires étrangers et des fonctionnaires sans scrupule qui la mettent au pillage ».

À Istanbul, il s’aperçoit, non sans étonnement, que la plupart de ses camarades de l’École de guerre partagent ses opinions à l’égard de l’Empire et se sentent humiliés par l’ingérence des puissances étrangères dans les affaires du pays. Il existe alors à l’École un cercle d’études, le Vatan, qui, outre ses activités officielles, tient des réunions clandestines et publie un bulletin bimensuel intitulé Vatan (« Patrie »), dans lequel les aspects traditionnels de

la vie turque sont dénoncés avec une virulence toute particulière. L’islām y est présenté comme l’antipode du progrès, et le clergé comme l’ennemi du peuple. Les membres du Vatan s’engagent sur la foi du serment à délivrer le peuple de l’absolutisme du Sultan et de l’emprise du clergé, à extirper du pays les vieilles idées et à lui infuser des idées nouvelles.

Interdit à l’école, le Vatan cesse d’être un cercle d’études pour devenir une association secrète. Mustafa en assume alors la direction. À la fin de 1904, le groupe est découvert, et Mustafa est arrêté avec quelques-uns de ses amis. Mais, quelques semaines plus tard, le jeune capitaine est gracié et affecté à un régiment de cavalerie à Damas. Il ne renonce pas pour autant à ses activités politiques. Il n’abandonne pas son rêve de constituer une nation indépendante, moderne et libérée des entraves du passé. En Syrie, il gagne la confiance des jeunes officiers hostiles au régime et organise parmi eux plusieurs sections du Vatan. Mais il s’aperçoit que le pays n’offre pas un terrain propice à une action sérieuse et demande son affectation dans une garnison européenne. En 1907, il est nommé à l’état-major de la IIIe armée de Thessalonique.