Выбрать главу

Et, s’il accepte l’assistance technique de l’U. R. S. S., il refuse toute intrusion de capitaux étrangers dans l’économie du pays. Au surplus, très édifié par l’histoire ottomane, il évite de rééditer la politique d’emprunt, qui constitue à ses yeux l’une des causes du déclin de l’Empire. Pour sauvegarder son indé-

pendance, la Turquie doit donc vivre en autarcie financière. Elle constitue avec des moyens modestes un système de crédit contrôlé par l’État.

Cette politique d’indépendance

n’implique pas pour autant l’isolement du pays par rapport au reste du monde.

Outre sa politique de bon voisinage avec l’U. R. S. S., la Turquie élargit progressivement son audience internationale. En 1932, elle est admise à la S. D. N. au même titre que les autres membres de cette organisation. En 1934, elle forme avec la Roumanie, la Grèce et la Yougoslavie le pacte balkanique. En 1937, par le pacte de Sa ‘dābād, elle consolide ses relations d’amitié avec les États musulmans voisins, l’Iraq, l’Iran et l’Afghānistān, ces deux derniers pays pouvant, dans la pensée du Gazi, constituer avec la Turquie la confédération des peuples touraniens. Quelques mois auparavant, elle obtient la révision des clauses du traité de Lausanne sur les Détroits.

La convention de Montreux (20 juill.

1936) rétablit sa souveraineté sur le Bosphore et les Dardanelles.

Ainsi, deux ans avant sa mort, survenue le 10 novembre 1938, Mustafa Kemal réalise l’indépendance totale du pays. Il laisse une nation homogène, indépendante, respectée et libérée —

du moins dans ses institutions — des entraves du passé.

M. A.

F Turquie.

P. de Zara, Mustafa Kemal, dictateur (Nouv.

Éd. latines, 1936). / T. Alp, le Kemalisme (Alcan, 1938). / J. Benoist-Méchin, Mustafa Kemal ou la Mort d’un Empire (A. Michel, 1954).

Mustélidés

Famille de Carnivores comprenant des animaux de petite ou de moyenne taille, digitigrades ou semi-plantigrades.

Les Mustélidés ont leurs quatre

pattes munies de fortes griffes, non rétractiles et acérées. Leur fourrure, souvent de grande valeur marchande, est de teinte variable avec les saisons.

Ces animaux ont près de l’anus des glandes à musc (complexe nidorien) qui dégagent une odeur particulière à chaque sexe et à chaque espèce, souvent infecte et nauséabonde. Le mâle a un os pénien, ou « baculum », caractéristique de l’espèce. La formule dentaire est

L’aire de dispersion des Mustélidés est très vaste : Europe, Asie, Amé-

rique ; ils manquent en Australie ainsi qu’à Madagascar.

Parmi les Mustélidés, on peut distinguer plusieurs groupes.

Groupe des Martres

(ou Martes)

Ces animaux ont le corps très allongé et des pattes courtes ; les griffes sont puissantes et permettent à beaucoup de grimper aux arbres. Le groupe des Martres (genres Mustela et Martes) constitue ce qu’on appelle familièrement les sauvagines. Dans le genre Mustela, on peut citer la Belette, le Putois, le Furet, le Vison et l’Hermine.

La Belette est un gracieux petit animal et le plus petit Carnivore d’Europe ; elle est brune avec le ventre blanc. Les mâles ont 20 cm de long pour un poids de 150 g. La Belette avait dû jouer chez les Grecs le même rôle que notre Chat domestique actuel pour capturer les Souris, dont elle est très friande. C’est un Carnivore nocturne.

Ses proies favorites, outre les Souris, sont les Taupes, les Campagnols, les Oiseaux, les Batraciens, les Reptiles et les Mollusques. La Belette vit solitaire, s’abrite dans des trous de vieux murs ou dans des terriers de Lapins. Elle est peu fouisseuse.

Le Putois est beaucoup plus long ; il est également nocturne et solitaire, mais creuse lui-même son propre terrier. Il est brun-noir avec les oreilles bordées de blanc ; une tache blanchâtre entre l’oeil et l’oreille traverse le front ; le Putois a aussi une bande blanche sur les lèvres. Menacé par un ennemi quelconque, il projette vers son adversaire une vapeur nauséabonde sécré-

tée par ses glandes à musc. Le Furet serait une race albinos ou semi-albinos domestiquée.

Le Vison est de teinte uniformément châtain foncé ; son menton est blanc, et sa lèvre supérieure blanche. On le rencontre en France encore à l’état sauvage. Long de 45 cm, le Vison pèse de 500 à 800 g. Sa fourrure, très appré-

ciée, l’a condamné à la captivité. Son élevage est pratiqué couramment en Amérique et au Canada. Des mutations dans les élevages ont permis d’avoir des fourrures de couleurs variées.

L’Hermine a la particularité, après sa mue d’automne, de prendre une

belle livrée très claire et souvent d’un blanc pur ; seul le bout de sa queue reste noir.

Le genre Martes comporte plusieurs espèces : la Martre (où Marte), la Fouine, la Zibeline. Les Martres nichent dans des trous d’arbres, chassent les Oiseaux et les Écureuils. Les plus re-downloadModeText.vue.download 69 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7512

cherchées pour leurs belles fourrures sont les Zibelines et les Martres amé-

ricaines (M. pennanti). Deux animaux se détachent un peu de ce groupe : le Glouton, mesurant 42 cm de haut pour 80 cm de long, ressemble à un petit Ours. Il est brun foncé avec une bande claire sur les côtés du corps, partant du coude jusqu’à la base de la queue. Il hante les régions circumpolaires. C’est un nocturne très sanguinaire ; il attaque les Élans et les Rennes. En Norvège, il est considéré comme animal nuisible, et le gouvernement donne des primes pour favoriser sa destruction.

Le Grison a la taille d’un Blaireau, auquel il ressemble fortement. C’est un animal sud-américain.

Groupe des Blaireaux

Il renferme des animaux plutôt lourds et disgracieux. Ceux-ci sont de taille moyenne : 30 cm de hauteur au garrot et 70 cm de long avec une petite queue de 15 cm. Le dos est gris, et le ventre noir ; le museau paraît tronqué.

Le Blaireau est un nocturne, mais on le voit parfois se chauffer au soleil, de même qu’il prend un grand plaisir à se baigner. Il vit en compagnie. C’est un fouisseur qui habite dans un terrier présentant en général plusieurs issues, car il est très méfiant. Il est omnivore et mange tout ce qu’il trouve au cours de ses pérégrinations : petits Vertébrés, Vers, Escargots, Mollusques, fruits, céréales, Maïs ; il cause souvent des dégâts dans les vignes en arrachant les grappes à la recherche des grains de raisins les plus mûrs.

Il existe des Blaireaux asiatiques, nord-américains, malais et chinois.

Groupe des Moufettes

Il présente des animaux à fourrure particulièrement appréciée. Le type en est le Skunks commun d’Amérique du Nord. Sa fourrure est brun-noir rayée de bandes blanches longitudinales. Le Skunks vit dans des terriers récupérés sur d’autres animaux, après les avoir arrangés à sa convenance. Certains, comme le Skunks Spilogale, ont une

attitude de menace très particulière quand ils veulent intimider leurs antagonistes. Ils marchent pendant plusieurs mètres sur les pattes de devant, l’arrière-train dressé, leur queue en panache bien relevée, et projettent le contenu nauséabond et irritant de leurs grosses glandes anales à des distances de 2 à 4 m avec une précision étonnante sur l’adversaire. Certains de ces animaux hibernent partiellement.

Groupe des Ratels

Il comprend des animaux ayant un peu l’allure d’un Blaireau. Le Ratel a un dos blanc grisâtre ; la face, les membres et la surface inférieure du corps sont d’un noir de jais. Le Ratel chasse la nuit et le jour, mais serait plutôt diurne. Il se nourrit de petits Oiseaux, Mammifères et Reptiles, de fruits et de racines. Il a une prédilection particulière pour le miel, d’où son nom scientifique de Mellivora. On dit qu’il y aurait une association à bénéfice réciproque entre cet animal et les Oiseaux appelés pour cela Indicateurs, qui lui indiqueraient par leurs cris la présence des rûches sauvages à attaquer. Il répondrait alors à l’Oiseau par un sifflement particulier.