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La voie royale menait de la porte au palais, demeure bien médiocre si on veut la comparer aux palais de la Crète, puisqu’elle aurait pu tenir dans la cour du palais de Knossós. Les murs ne s’ouvrant guère sur l’extérieur, la lumière venait des cours intérieures et des portiques. Le roi recevait dans le mégaron, pièce tripartite s’ouvrant sur la cour principale, devant le foyer central, flanqué de quatre colonnes.

Les murs étaient décorés, comme en Crète, de fresques et de stucs peints. La forteresse protégeait aussi des demeures privées : la maison aux colonnes avec sa cour à portique et ses escaliers, la maison dite « du marchand d’huile ». Le bois entrait sans doute pour une grande part dans toutes ces constructions.

Ce sont les fouilles des tombeaux de la citadelle qui nous ont permis, depuis les travaux de Schliemann en 1876, de découvrir le visage des rois et la beauté d’une vie point aussi rude que pourrait le laisser supposer la raideur des fortifications. Tombes à fosses anciennes et réemployées, tombes à chambre, ou tholos, composées d’un couloir d’accès (dromos) aboutissant à une pièce sur laquelle s’ouvrent des petites chambres latérales (il y

en a neuf à Mycènes, et la plus belle en est le « trésor d’Atrée » : le dromos s’enfonce dans le versant d’une colline sur une longueur de 36 m ; on entre dans la chambre funéraire par une porte décorée de demi-colonnes de pierre engagées ; l’ogive, pour un diamètre originel de 14,50 m, monte, appareillée d’assises circulaires, à 13,20 m de hauteur), sont riches d’objets : masques mortuaires d’or qui moulaient les visages des défunts, armes damasquinées décorées de scènes d’inspiration crétoise (chasses du lion, chasses dans les roseaux, fleurs de lis), coupes d’or au décor souvent naturaliste, bagues en or à l’art minutieux pouvant servir de cachet (comme cette représentation de la chasse du cerf que l’on trouve dans l’une des tombes à fosse), bijoux (bracelets, broches ou anneaux d’oreille) souvent voyants et toujours extraordinairement riches.

La céramique fut tout d’abord influencée par celle de la Crète ; elle en copia la plupart des éléments décoratifs (coquilles de nautile, dauphins, fleurs de lis), mais peu à peu s’en dégagea pour vouloir, tel ce fameux vase des guerriers, représenter, comme on ne le faisait alors que sur les fresques, des personnages et surtout pour découvrir l’abstraction de la forme traitée pour elle-même, la courbe d’une ligne qui n’eût pour s’épanouir pas besoin des bras d’un poulpe, et ainsi tracer les jalons de l’art géométrique.

Mycènes ne fut, après les invasions doriennes, qu’une ruine promise à la curiosité des archéologues. Mais, aux Grecs des temps classiques elle fut comme une préconscience ; leur langue, leurs mythes, leur art y plongeaient leurs racines. My-cènes habitait, sans qu’ils en fussent bien conscients, leur âme et prenait sa part du miracle grec.

J.-M. B.

F Achéens / Atrides (les) / Crète / Grèce.

J. Chadwick, The Decipherment of Linear B

(Cambridge, 1958, nouv. éd., New York, 1970 ; trad. fr. le Déchiffrement du linéaire B, Gallimard, 1972). / E. Vermeule, Greece in the Bronze Age (Chicago, 1964). / A. Severyns, Grèce et Proche-Orient avant Homère (Le-bègue, Bruxelles, 1965). / R. Matton, Micènes et l’Argolide antique (Klincksieck, 1966). /

G. E. Mylonas, Mycenae and the Mycenian Age

(Princeton, 1966). / V. R. D’A. Desborough, The Greek Dark Ages (Londres, 1972).

mycologie

Branche des sciences naturelles qui traite des Champignons.

Depuis des centaines d’années, les Champignons supérieurs sont utilisés dans l’alimentation humaine et connus empiriquement des anciens auteurs pour leur valeur gustative, leurs vertus curatives ou leurs propriétés malé-

fiques. Ce n’est que depuis le début du XVIIIe s. qu’ils sont un objet d’étude, méthodiquement observés et classés. La connaissance scientifique des Champignons débute avec Pier Antonio Micheli (Nova plantarum genera, 1729), qui propose un arrangement systématique, avec des clés pour les genres et les espèces ; Micheli utilise le microscope pour observer les lamelles des Agarics et, le premier, expérimente la culture des Moisissures en les transportant sur des fragments de fruits sains. En France, le principal fondateur de la mycologie est Pierre Bulliard, qui a légué de remarquables illustrations des Champignons supérieurs (Histoire des Champignons de la France, 1791-92). À la même époque, l’Allemand H. J. Tode (Fungi Mecklenburgenses selecti) fixe la dénomination de nombreux genres de Micromycètes. Le

véritable créateur de la taxinomie des Champignons est Christiaan Hendrik Persoon, Hollandais fixé à Paris. Ses Observationes mycologicae (1795-1799) et la Synopsis methodica fungorum (1801) sont les fondations sur lesquelles Elias Fries, « le Linné de la mycologie » (Systema mycologicum, 1821-1832), et les systématiciens à venir ont fondé leurs classifications ; l’herbier de Persoon (à Leyde) demeure une référence inestimable pour la définition de nombreuses espèces.

Le XIXe s. connaît encore de remarquables descripteurs, tels Joseph Berkeley (British Fungi, 1836) ; mais, downloadModeText.vue.download 72 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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progressivement, le domaine de la mycologie se diversifie, de la morphologie à l’histologie, à la biologie et à la cytologie. Aux recherches histologiques est attaché le nom de Joseph Henri Léveillé, qui découvre la baside (Recherches sur l’hyménium des Champignons, 1837). En décrivant le polymorphisme des Champignons, Louis René et Charles Tulasne (Selecta fungorum carpologia, 1857-1865) créent la mycologie ontogénique, à laquelle l’Allemand O. Brefeld, qui s’appuie sur la méthode des cultures pures inspirée de l’école de Pasteur, apporte une notable contribution. La phytopathologie moderne naît à cette époque, avec les observations sur le cycle des Rouilles et les travaux de Camille Montagne et d’Heinrich Anton de Bary (Verglei-chende Morphologie und Biologie der Pilze, 1884), dont l’enseignement et les publications ont largement contribué à l’essor de la mycologie moderne. Au tournant du siècle apparaissent les travaux de cytologie, où s’illustre, entre autres, Alexandre Guilliermond, travaillant sur les Levures ; ils conduisent à l’étude du cycle sexuel des Ascomycètes* (Pierre Dangeard, Robert Almer Harper, P. Claussen), des Basidiomycètes* (René Maire), des Mucorinées et introduisent aux recherches les plus actuelles de mycologie ultrastructurale.

Les cinquante dernières années ont vu appliquer à la connaissance des Champignons toutes les techniques modernes d’investigation ; la mycologie progresse dans de multiples disciplines : cytologie, génétique, organogenèse, morphologie ultrastructurale, spécialisation physiologique, biochimie. Parallèlement, la mycologie fondamentale et la systématique bénéficient de ces nouvelles acquisitions, ainsi que d’une connaissance plus précise des flores mycologiques tropicales. Émile Boudier (Histoire et classification des Discomycètes d’Europe, 1907) rénove la systématique des Discomycètes, tandis que Lucien Quélet et surtout Narcisse Patouillard (Essai taxonomique, 1900) s’attachent aux Basidiomycètes supé-

rieurs. L’intérêt porté aux formes de reproduction imparfaites est plus récent, mais non moins fécond. La flore mycologique continue ainsi à s’enrichir de nouvelles entités : plus de 45 000 es-pèces sont actuellement connues ; leur recensement, entrepris par Pier Andrea

Saccardo (Sylloge fungorum, 25 vol., 1882-1931), poursuivi par F. Petrak, est tenu à jour dans les Index de Kew.