Levures du genre Candida, dont la variété Candida albicans est la plus pathogène. De répartition cosmopolite, elles succèdent parfois à une candidose superficielle, mais, le plus souvent, s’extériorisent à l’occasion d’une modification du terrain provoquée par downloadModeText.vue.download 74 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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une antibiothérapie prolongée, une corticothérapie, un diabète, une intervention chirurgicale, des techniques de réanimation (cathéters). Elles peuvent se présenter sous forme de septicémie avec localisations secondaires variées (cutanées, pulmonaires, spléniques
[rate], rénales, oculaires, méningo-encéphaliques ou endocardiques). Il existe aussi des candidoses viscérales non septicémiques, à détermination purement digestive, urinaire ou respiratoire. Le diagnostic est assuré par la mise en évidence des Levures à l’examen direct ou en culture. Les réactions immunologiques constituent une mé-
thode d’appoint. Au point de vue thé-
rapeutique, l’amphotéricine B est ici nécessaire.
Les aspergilloses
Elles sont dues le plus souvent à Aspergillus fumigatus, parfois à A. nidu-lans, à A. flavus ou à A. niger. Elles se contractent par inhalation de spores et sont cosmopolites. Elles se manifestent essentiellement sous une forme pulmonaire, réalisant trois aspects principaux : l’aspergillome, l’aspergillose pulmonaire diffuse et la bronchite as-pergillaire avec parfois manifestations d’hypersensibilisation. Le premier est constitué par une véritable Truffe as-pergillaire, développée le plus souvent au sein d’une ancienne cavité détergée du poumon ; il se traduit cliniquement par des hémoptysies répétées, radiologiquement par une image caracté-
ristique « en grelot ». Les formes
extra-pulmonaires d’aspergillose, qu’elles soient oculaires ou localisées au conduit auditif externe, semblent très rares. Le diagnostic est affirmé par l’examen direct et la mise en culture des prélèvements, la découverte d’arcs spécifiques immunologiques et, éventuellement, l’histopathologie. Le traitement, essentiellement chirurgical pour l’aspergillome, est à base d’amphotéricine B ou de 5 fluoro-cytosine pour les autres formes. En certains cas peut se discuter une désensibilisation.
La cryptococcose
Autrefois appelée torulose, elle est due à une Levure appelée Cryptococ-cus neoformans. Ubiquitaire, elle est essentiellement transmise par voie respiratoire. Il convient de signaler le rôle important du terrain dans la survenue de cette mycose (hémopathie et affection nécessitant des traitements immu-nosuppresseurs, alcoolisme, diabète).
La maladie évolue en trois phases : phase primaire, habituellement pulmonaire, rarement cutanéo-muqueuse ; phase secondaire, encéphalo-méningée, la plus fréquente ; phase tertiaire, septicémique, associée le plus souvent à une atteinte neuro-méningée. L’examen direct du liquide céphalo-rachidien permet le diagnostic par la mise en évidence de la capsule caractéristique, colorée par l’encre de Chine, ou, sinon, la culture donne une réponse plus tardive. Le traitement de cette mycose, au pronostic redoutable, repose sur l’amphotéricine B.
Les histoplasmoses
Elles sont au nombre de deux : la forme américaine et la forme africaine. La première est due à Histoplasma cap-sulatum (petite forme), et la seconde à Histoplasma Duboisii (grande forme).
L’histoplasmose américaine, transmise par voies aérienne, passe par trois stades pulmonaires. Elle est particuliè-
rement fréquente dans certains États d’Amérique du Nord, où elle touche 50 p. 100 de la population sous une forme le plus souvent bénigne, les calcifications radiologiques au niveau des parenchymes pulmonaires en constituant les stigmates habituels. L’histoplasmose africaine, plus sévère mais
aussi plus rare, est transmise par voie cutanée ou bucco-pharyngée. Elle se traduit par des lésions cutanéo-dermiques, ostéo-articulaires ou ganglionnaires abcédées, qui peuvent disséminer au foie ou à la rate. Le diagnostic est porté par examen direct, mise en culture et inoculation au Hamster ; il est corroboré par l’immunologie. Sur le plan thérapeutique, on utilise dans les cas d’histoplasmose africaine l’amphotéricine B.
La coccidioïdomycose ou maladie
de Posadas et Rixford
Elle est due à Coccidioides immitis.
Prédominant dans les zones arides du sud des États-Unis et d’Amérique latine, c’est une mycose très contagieuse, transmise par inhalation ou inoculation. Au stade primaire, elle se présente le plus souvent sous une forme pulmonaire, rarement cutanée (verrucosités, nodules, ulcérations). Au stade suivant, la forme disséminée peut atteindre l’os et le système nerveux ; puis la maladie se stabilise au stade de forme résiduelle pulmonaire chronique. Examen direct, culture, inoculation à l’animal et immunologie permettent le diagnostic, qui implique l’utilisation d’amphoté-
ricine B dans les formes disséminées.
Les blastomycoses
Elles sont soit nord-américaines (maladie de Gilchrist), soit sud-américaines (maladie de Lutz ou paracoccidioïdomycose). Les premières, dues à Blastomyces dermatitidis, se contractent par voie pulmonaire ou cutanéo-muqueuse.
Elles se présentent sous forme cutanée verruqueuse à extension centrifuge, ou sous forme disséminée grave. Le diagnostic est fait par les méthodes habituelles, et le traitement consiste dans l’administration d’amphotéricine B ou, éventuellement, de stilbamidine. Les secondes, dues à Blastomyces brasi-liensis, sont essentiellement transmises par voie bucco-pharyngée. Il existe des formes cutanéo-muqueuses faciales avec aspect chéloïdien (forme de Lobo) et des formes disséminées graves. Le diagnostic est porté dans les mêmes conditions, et le traitement est identique à celui de la forme précédente.
Les phycomycoses On distingue celles qui sont dues à Basidiobolus et celles qui sont dues à Mucor, particulièrement graves, à localisation cérébrale, et survenant sur terrain déficient.
De ce large panorama des mycoses
et singulièrement de l’étude des mycoses profondes, il convient de retenir leur augmentation de fréquence au sein de la pathologie transmissible actuelle.
Ce fait paraît être paradoxalement la double rançon de la facilitation des moyens de transport (entraînant un brassage intense de population) et des perfectionnements de la thérapeutique médicale (sélectionnant des Champignons pathogènes, voire opportunistes). Il est également à noter la possibilité de transmission animale de ces maladies et le grand nombre de mycoses non pathogènes pour l’homme, mais pouvant le devenir dans des
conditions exceptionnelles, incitant à chercher de nouvelles thérapeutiques antifongiques ou fongicides.
M. R.
T. R. Harrison et coll., Principles of Internal Medicine (New York, 1952, 6e éd., 1972 ; trad.
fr. Principes de médecine interne, Flammarion, 1972, 2 vol.). / M. Ansel, Mycoses et champignons parasites de l’homme (Doin, 1957). /
C. W. Emnons et coll., Medical Mycology (Philadelphie, 1963 ; nouv. éd., 1970). / R. Vanbreu-seghem, Guide pratique de mycologie médicale et vétérinaire (Masson, 1966). / J. Euzeby, Cours de mycologie médicale comparée (Vigot, 1969).
/ R. Denio Baker et coll., The Pathologic Anatomy of Mycoses, Human Infection with Fungi, Actinomycetes and Algae (Berlin, 1971).
Myriapodes
Classe d’Arthropodes, communément appelés Mille-Pattes, au corps allongé, formé de segments souvent nombreux, presque tous munis de pattes semblables.
Fuyant la lumière et recherchant
l’humidité, les Myriapodes vivent habituellement dans le sol, sous les pierres, dans les feuilles mortes dé-
composées ; on les voit donc peu, mais leur apparente discrétion ne doit pas
masquer l’importance réelle qu’ils ont dans la nature. On en connaît actuellement 17 000 espèces, réparties en quatre ordres : Diplopodes (8 000 espèces ; Polydesme, Iule, Gloméris), Symphyles (Scutigerella), Pauropodes (Pauropus), Chilopodes (3 500 espèces ; Scolopendre, Lithobie, Géophile). Dans un sol donné, la masse que les Myriapodes représentent peut égaler, voire dépasser celle des Insectes, et, comme la majorité d’entre eux se nourrissent de débris végétaux, ils contribuent efficacement à la dégradation des déchets organiques.