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Morphologie

La longueur du corps oscille entre 30 cm chez certaines Scolopendres exotiques et à peine 1 mm chez les Pauropodes. Essentiellement chitineux chez les Chilopodes, le tégument se charge de calcaire chez la plupart des Diplopodes ; il est mou dans les deux autres groupes.

La tête porte une paire d’antennes ; les yeux manquent chez les caverni-coles ainsi que chez quelques formes de surface (Polydesmus) ; ailleurs, ce sont des ocelles, parfois accolés comme en un oeil composé (Scutigera).

De type broyeur, les pièces buccales comportent deux mandibules et un

gnathochilarium formé par l’union d’une ou de deux paires de maxilles.

En arrière des antennes, on note la pré-

sence fréquente de deux organes sensoriels au rôle énigmatique (organes de Tömösvary).

Le nombre de segments du corps

varie d’un groupe à l’autre et souvent à l’intérieur d’une même espèce. On en compte quinze chez Lithobius, vingt et un chez la Scolopendre, jusqu’à quatre-vingts chez certains Diplopodes et plus de cent cinquante chez un Géophile.

En première approximation, on peut downloadModeText.vue.download 75 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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admettre que chaque segment d’un

Chilopode porte une paire de pattes, alors que les Diplopodes, comme le

suggère leur nom, ont deux paires de pattes par anneau. De toute manière, aucun Myriapode connu ne possède

plus de quatre cents pattes. Les pattes sont de longueur égale et généralement courtes ; leurs mouvements, bien coordonnés, donnent l’impression d’ondes se déplaçant le long du corps ; la reptation des Chilopodes, plus agiles que les Diplopodes, s’accompagne d’ondulations de l’ensemble du corps.

La première paire de pattes des

Chilopodes est transformée en pattes-mâchoires, ou forcipules, véritables crochets contenant une glande veni-meuse ; ces carnivores l’utilisent pour paralyser leurs proies. Chez beaucoup de Diplopodes mâles, les pattes des paires 8 et 9 sont transformées en appendices copulateurs (gonopodes) ; chez Glomeris, la femelle a dix-sept paires de pattes et le mâle dix-neuf ; ce sont les deux dernières qui jouent un rôle dans l’accouplement.

C’est à la base des pattes que s’ouvrent les stigmates respiratoires, communiquant avec des trachées. Cependant, chez Scutigerella (Symphyle), il n’y a que deux stigmates, situés sur la tête, disposition unique chez les Arthropodes.

On admet aujourd’hui que l’unité

fondamentale du corps des Myriapodes est le segment double (diplosegment), tel que le présentent les Diplopodes.

Une fragmentation secondaire conduit aux segments simples des Chilopodes, fragmentation parfois inégale, donnant une alternance de segments longs et de segments courts (Lithobius). Il arrive aussi que les diplosegments subissent des réductions allant jusqu’à la disparition d’une ou même des deux paires de pattes (cas des quatre premiers anneaux des espèces de Diplopodes qui ne portent que six pattes).

Reproduction et

développement

La position, antérieure ou postérieure, des orifices génitaux a longtemps conduit à opposer les progonéates (Symphyles, Pauropodes, Diplopodes), dont les conduits sexuels s’ouvrent sur le troisième ou le quatrième segment, à la base des pattes, et les opistho-

gonéates (Chilopodes), dont l’orifice reproducteur précède l’anus. Mais la situation progonéate n’est pas toujours primitive, comme on a pu l’observer chez des Symphyles.

La transmission des spermatozoïdes, ordinairement sans flagelles, mais parfois filiformes, s’effectue selon des modalités très variées. Chez beaucoup de Diplopodes, le sperme est déposé par les gonopodes du mâle sur les vulves de la femelle au cours de l’accouplement ; mais, chez Glomeris, les gonopodes ne servent qu’à maintenir les vulves de la femelle, et le sperme est transmis par le mâle à l’aide de ses mandibules. Les gamètes mâles sont souvent contenus dans un spermatophore déposé sur les vulves (Chor-deumidés) ou sur des fils de soie tissés devant la femelle, qui vient se féconder elle-même (Géophile, Scolopendre) ; chez Scutigera, une véritable danse nuptiale précède le dépôt du spermatophore. Chez les Symphyles, la femelle conserve les spermatozoïdes dans deux réservoirs s’ouvrant dans la bouche et féconde ses oeufs une fois pondus ; il s’agit d’une fécondation externe d’un type original.

Chez plusieurs formes (Lithobius, Glomeris), chaque oeuf pondu est enrobé d’une gangue de terre protectrice ; chez Polydesmus, les oeufs, groupés, sont recouverts d’un nid en terre en forme de cloche, sur le sol ou dans l’humus ; les Diplopodes du groupe des Nematophora entourent leur ponte d’un cocon de soie. Dans certains cas, la femelle reste plus ou moins longtemps auprès de sa ponte, léchant les oeufs et empêchant le développement des Moisissures ; chez la Scolopendre, elle ne quitte sa progéniture que bien après l’éclosion des jeunes.

Le développement postembryon-

naire se déroule de différentes ma-nières. Les Géophiles et les Scolopendres naissent avec leur nombre définitif de segments et de pattes (on les qualifie d’épimorphes). Par contre, les Scutigères, les Lithobies, les Pauropodes, les Symphyles et les Diplopodes sont anamorphes : ils éclosent avec un nombre réduit de segments ; les deux premiers groupes n’ont que sept paires

de pattes à l’éclosion, et les trois autres n’en ont que trois (larve hexapode) ; au cours de mues successives, de nouveaux segments apparaissent à l’arrière du corps, et des appendices se libèrent.

Après une période d’anamorphose,

Glomeris, pourvu de douze segments définitifs, poursuit son développement par épimorphose.

Avant une mue, certains Diplopodes (Glomeris, Blaniulus) édifient autour d’eux une logette de terre ; les Chor-deumidés tissent un cocon de soie.

Chez les Diplopodes, également, on constate la persistance de mues à l’état adulte. Une espèce, Tachypodoiulus albipes, présente un phénomène extrê-

mement rare, la périodomorphose : après s’être accouplé, le mâle mue et ses gonopodes régressent ; puis une nouvelle mue lui restitue ses appendices copulateurs et ses capacités procréatrices ; le phénomène pourrait se renouveler une troisième fois.

Protection et défense

Chez les Diplopodes, les téguments s’imprègnent de calcaire ; lorsqu’ils sont inquiétés, les Diplopodes peuvent s’enrouler en spirale, tête au centre (Iule), ou former avec leurs tergites une sphère presque parfaite (Glomeris).

Le venin émis par les forcipules des Chilopodes tue les Insectes, qui constituent leur nourriture ; celui des Scolopendres est réputé pour sa toxicité vis-

à-vis des Mammifères, mais il semble que les accidents qu’il provoque chez l’Homme aient été exagérés ; la morsure entraîne sans doute une vive douleur et des réactions locales, mais ne s’est révélée mortelle que dans des cas très exceptionnels. Sur chaque segment, les Diplopodes ont une paire de glandes dites « répugnatoires », s’ouvrant latéralement ; celles-ci émettent un produit d’odeur désagréable, contenant diverses substances toxiques, comme l’acide cyanhydrique ; elles protègent incontestablement ces animaux contre maints prédateurs.

Très peu d’espèces sont vraiment

nuisibles à l’Homme ; certains Géophiles, pénétrant dans les fosses nasales, provoquent parfois, en se locali-sant dans les sinus, des troubles graves.

Quelques Diplopodes commettent des dégâts sur les plantes cultivées ; Blaniulus guttulatus, au long corps blanc tacheté de rouge, creuse des cavités dans les fraises et les pommes de terre à partir des tissus nécrosés.