Connus depuis le Carbonifère, les Myriapodes montrent un type d’organisation relativement primitif, qui n’exclut pas, d’ailleurs, des structures spécialisées ; la diplosegmentation est un caractère original du groupe. Nous ne disposons pas encore d’informations suffisantes pour donner à cette classe sa signification phylogénique exacte dans l’ensemble des Arthropodes.
M. D.
F Arthropodes.
Myron
En gr. MYRÔN, sculpteur grec dont la période la plus productive se situe au milieu du Ve s. av. J.-C.
Il est célèbre surtout par l’une de ses oeuvres, le Discobole, qui nous est connue grâce à plusieurs copies d’époque romaine. Myron était renommé aussi comme animalier ; malheureusement, à part le Discobole, seul un petit nombre de sculptures peuvent lui être attribuées avec certitude, et nous ne connaissons de lui aucun original. Myron n’en demeure pas moins le premier sculpteur grec dont l’existence soit attestée autrement que par hypothèse.
Il est né, sans doute, dans les premières années du Ve s. av. J.-C. à Eleu-thères, aux confins de l’Attique et de la Béotie. Les données biographiques se bornent à cela. Mais deux de ses oeuvres, le Discobole et le groupe d’Athéna et Marsyas, permettent de serrer sa personnalité d’un peu plus près. Le Discobole, dont l’original était en bronze, compte parmi les chefs-d’oeuvre de la sculpture antique.
Il intéresse à la fois les historiens de l’art, les archéologues et les sportifs.
Dans cette représentation du lanceur de disque, l’artiste a saisi non seulement le geste momentané de l’athlète, mais, en raccourci, tout le mouvement qu’il
vient d’exécuter ainsi que celui qu’il va accomplir. On remarquera, en effet, que sa position exprime le dynamisme de l’effort et la tension de l’homme sur le point de lancer son projectile, tout en indiquant avec précision les phases successives du mouvement. Pour ce faire, Myron a recouru à un procédé de style : la composition même de la statue, qui présente une suite de triangles disposés dans des plans différents, suggère l’enchaînement chronologique et spatial de l’effort. Toutefois, le visage de l’athlète reste empreint de l’impas-sible sérénité propre à la sculpture grecque préclassique.
La seconde des oeuvres de Myron,
le groupe d’Athéna et Marsyas, est totalement différente. Son attribution à Myron est certaine, mais la composition du groupe demeure hypothétique.
La déesse, gracieusement drapée dans une tunique (peplos), est représentée downloadModeText.vue.download 76 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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en compagnie d’un silène, personnage mythique appartenant au cortège dionysiaque, nu comme il convient à ce type d’êtres sauvages.
Le mythe qui a servi de prétexte à la création du groupe relate l’histoire de l’invention de la flûte double. Athéna, que l’emploi de cet instrument avait exposée aux quolibets des dieux de l’Olympe, le rejette. Le silène Marsyas s’en empare ; par la suite, il lan-cera un défi à Apollon, ce qui causera sa perte. Dans l’oeuvre de Myron, le contraste entre les deux personnages, l’un nu, l’autre vêtu donne au groupe une partie de sa force expressive. Mais l’essentiel réside dans l’opposition des deux attitudes. Athéna, debout de face, vient de laisser tomber la flûte. Son bras gauche est encore tendu vers l’instrument, tandis que, de son bras droit, elle tient la lance. Le silène, lui, dressé sur la pointe des pieds, amorce un vif mouvement de recul. Mais, alors que son mouvement de surprise apparaît au premier coup d’oeil, le pas empreint de majesté qu’esquisse Athéna est infiniment plus discret. Le corps tourné,
celle-ci s’apprête à quitter les lieux.
Mais sa tête est dirigée vers le silène, dont elle contemple les ébats d’un air amusé, tandis que son pied gauche pointe toujours vers lui. On a comparé l’oeuvre de Myron à une « danse à deux personnages inspirée de l’orchestique dionysiaque » (J. Charbonneaux).
Myron a su, le premier, exprimer le rythme et la beauté du corps humain.
Sans doute, dans ce progrès vers l’idéal classique, n’a-t-il pas encore touché le domaine de la vie intérieure. Ce sera la conquête des dernières décennies du Ve s. Myron n’en demeure pas moins l’artiste qui, avec Polyclète*, a ouvert la voie vers des créations nouvelles.
P. B. D.
P. E. Arias, « Mirone », dans Quaderni per lo studio del Archeologia (Florence, 1940).
Myrtales
Ordre dans lequel on rassemble ici dix-sept familles ; celles-ci étaient autrefois groupées dans les Dicotylédones dialypétales à ovaire en position infère.
D’autres auteurs, qui distinguent Dicotylédones ligneuses et Dicotylédones herbacées, divisent alors cet ordre en deux : les Myrtales, sensu stricto, ligneuses, et les Lythrales, herbacées.
Myrtacées
Elles forment une famille d’une centaine de genres et d’environ 3 500 es-pèces, qui vivent principalement dans les régions chaudes du globe ; elles sont connues depuis le Cénomanien.
Ce sont des arbres ou des arbustes odorants, à feuilles opposées. Les fleurs sont du type quatre ou cinq, à sépales et à pétales libres, et à très nombreuses étamines ; l’ovaire infère est à deux ou à trois loges avec un seul style. Le fruit est le plus souvent une baie ou une drupe. La pollinisation, fréquemment entomophile, est parfois effectuée (Eucalyptus) par un petit Marsupial. Le genre le plus riche est Eugenia (1 000 espèces intertropicales) ; il produit de nombreux fruits comestibles. Mais ce sont les Eucalyptus (600 espèces) qui sont les plus importants au point de vue économique ; de nombreuses espèces sont originaires
d’Australie. Ce sont des arbres à croissance extrêmement rapide, qui peuvent atteindre de très grandes dimensions : ainsi, E. globulus a fréquemment
100 m de hauteur, et certaines espèces dépassent 150 m. Les Eucalyptus se placent parmi les arbres les plus élancés du monde. Ils ont été introduits en Europe vers 1830, et, dès 1860, des plantations ont été effectuées sur les côtes méditerranéennes, en particulier en Algérie, où l’on a constaté depuis des hybrides naturels. Des repeuplements très importants ont été faits à Madagascar et au Brésil. En France, quelques espèces (50) sont cultivées sur la Côte d’Azur, et deux ou trois peuvent subsister sur le littoral atlantique et jusque dans le nord du Cotentin. Intéressantes pour le reboisement et la production de bois, ces espèces fournissent des essences variées (l’eu-calyptol) et des substances tannantes.
À côté de ces deux grands genres, il faut citer les Psidium, dont une espèce d’Amérique équatoriale, P. guajava, cultivée dans les pays chauds, donne de gros fruits, les goyaves ; de toutes les variétés, c’est le Goyavier blanc qui est le plus estimé ; une espèce arrive à mûrir ses fruits sur la Côte d’Azur. Les Myrtes donnent aussi des fruits comestibles et des essences, de même que Pimenta officinalis (poivre anglais ou de la Jamaïque). Les boutons floraux de Jambosa caryophyllus (Giroflier) de l’Indo-Malaisie sont les
« clous de girofles », qui servent non seulement comme condiment, mais
aussi comme matière première à partir de laquelle on extrait la vanilline. Les Melaleuca vivent surtout en Australie ; ils produisent de nombreuses essences intéressantes, en particulier celle de Cajeput ou de Niaouli, dont on extrait le gomenol, longtemps employé contre les inflammations respiratoires.
Autres familles
La famille des Punicacées, très voisine de la précédente, est représentée par un seul genre, Punica (Grenadier), dont une espèce vit dans l’île de Socotora et l’autre autour du bassin méditerranéen.
Les « grenades » sont de faux fruits à enveloppe coriace ; la partie comestible est constituée par les téguments