— qui comprend d’importantes usines modernes (textiles, matériel électrique et électronique, industries de consommation
variées) et des artisanats.
J. D.
K. N. Venkatarayappa, Bangalore, a Socio-Ecological Study (Bombay, 1957). / S. Epstein, Economic Development and Social Change in South India (Manchester, 1962). / N. B. K. Reddy et G. S. Marty, Regional Geography of Mysore State (Hubli, 1969).
mystère
Ensemble de doctrines et de pratiques magico-religieuses dont la révélation était interdite aux non-initiés.
Mystères babyloniens et
assyriens
Le culte des astres et des constellations en Mésopotamie correspondait à des mystères magico-religieux que l’on doit distinguer de ceux de la dévotion publique et de la religion officielle.
« Ils appartenaient, écrit Édouard Dhorme (1881-1966), à la religion des initiés, des astrologues, des devins qui suivaient sur la sphère céleste les évolutions des êtres mystérieux dont ils faisaient dépendre la vie du monde.
Tout devenait dieu dans ce domaine où brillaient les étoiles qu’on avait préci-sément adoptées dans l’écriture pour représenter la divinité. » Cette adoration des astres a été répandue dans tout le monde antique ; on la désigne parfois sous le nom de sabéisme. Moïse Maimonide* (1135-1204) assure que le caractère dominant de ces croyances et de ces pratiques était de favoriser et de protéger par des prières et par des rites les travaux de l’agriculture. Dans le Coran, le sabéisme désigne la religion des chrétiens de saint Jean, également appelés mendaïtes (ou mandéens).
Les mystères de « Sin » le dieu-
Lune
Ces mystères magico-religieux remontent à la plus haute antiquité ; ils sont attestés déjà au IIIe millénaire avant notre ère par les découvertes faites à El-Obéid, sur l’emplacement de la cité antédiluvienne d’Our. Le nom de cette divinité provenait du complexe sumé-
rien « enzu », devenu « zu-en », puis
« sin », ce que confirme l’orthographe des tablettes cappadociennes. La pro-
nonciation « schin » est assyrienne. On la retrouve dans le nom de la vingt et unième lettre de l’alphabet hébraïque, dont la forme évoque encore les trois phases de la Lune : croissante, pleine et décroissante. Sin est désigné dans les textes mésopotamiens comme le
« Seigneur de la couronne », le « Roi de la couronne » ; Hammourabi est appelé « la semence de royauté qu’a créée le dieu Sin ». Dans l’admirable poème d’Avicébron (Salomon Ibn
Gabirol [v. 1020 - v. 1058]) « Kether Malcouth » (« la Couronne royale »), l’hommage rendu à la Lune précède celui qui célèbre la puissance des autres planètes.
L’astre des nuits y est chanté comme le symbole de la résurrection : « Cependant elle revit après sa chute. Et elle reluit après son obscurcissement. »
Les mystères de « Shamash » le
dieu-Soleil
Les hommes-scorpions gardaient la porte où entre et sort le Soleil, sur le mont Mashu. Il est assez important de signaler que, contrairement à ce qu’affirment les correspondances symboliques ultérieures, les anciens textes considèrent souvent la Lune comme un principe actif et le Soleil comme passif. Des inscriptions utilisent un groupe de signes qui répond à une déesse Soleil. Sur les monuments découverts dans l’Arabie du Sud, Shams est une déesse. Dans la mythologie d’Ougarit, Shapash est une divinité féminine. La langue allemande conserve le souvenir du nom masculin de la Lune Der Mond et du nom féminin du Soleil Die Sonne, qui, comme prototype de la femme, donne la vie en faisant apparaître les formes de tous les êtres de la nature et, en quelque sorte, chaque matin, en leur
« donnant le jour ».
Les mystères d’« Ishtar » la
« Dame du Ciel » (Vénus)
L’idéogramme particulier de Vénus, Ishtar ou Inana, est le signe Ri, confondu avec lui dans le code d’Hammourabi. Déesse du Soir et déesse du Matin, Ishtar est assimilée à la lionne par les prêtres chaldéens, car elle est la
« déesse des Batailles ». Elle préside
aux jeux de l’amour, mais aussi à ses sacrifices, car ses amants ont un sort tragique. C’est du prototype mésopotamien de l’infortuné Tammouz que procèdent les mystères d’Adonis. Dans la Bible, le mot ashtarot, pluriel de ashtoret, signifie les « fécondations » ; il dérive de l’ancien nom sacré d’Ishtar. Dans le temple sumérien de Vénus, l’E-Anna, le culte et les mystères de la déesse étaient associés à des prostitutions. Les inscriptions de Mari, publiées et interprétées par François Thu-reau-Dangin (1872-1944), montrent que l’idéogramme d’Ishtar est suivi du signe qui représente primitivement le phallus.
Les mystères des divinités astrales Dans le rituel des fêtes du Nouvel-An à Babylone, les invocations mentionnent les divinités qui correspondent à Jupiter, à Mercure, à Saturne, à Mars et elles s’achèvent par les noms du Soleil et de la Lune, Shamash et Sin. On demandait à ces dieux de donner au monde la paix. Les lignes des inscriptions consacrées à chacun des astres se terminent par la formule « Mon Seigneur, apaise-toi ! ».
Mystères hittites et
hourrites
Aucun temple hittite n’a été découvert jusqu’à présent ; les ruines de Boğazköy sont celles d’un palais royal entouré de ses magasins plutôt que les vestiges d’un sanctuaire. Selon René Dussaud (1868-1958), il est probable que le culte ne disposait que d’une chapelle réservée au roi. Chez les Hittites indo-européens, le souverain incorporait, grâce aux rites de consé-
cration, toutes les forces vives de la collectivité. Il était à la fois chef religieux, chef militaire et juge. Le sacre se pratiquait par une onction d’huile et par l’imposition d’un nom nouveau.
Ce dernier rite donne une valeur initiatique à cette cérémonie. Le choix du successeur du roi devait être ratifié par une assemblée où figuraient la famille royale, la noblesse et les guerriers.
Le roi était le grand prêtre de la déesse-Soleil. Assisté de la reine, il présidait et réglait les cérémonies vêtu
d’un costume spécial : un grand et large manteau qui tombait jusqu’aux chevilles, la tête coiffée d’une calotte, une main tenant un bâton recourbé à son extrémité, devenu ultérieurement le signe du « berger » ou du « pasteur »
des peuples, le lituus, prototype de la crosse des évêques. Le roi avait le pouvoir d’évoquer les divinités des villes ennemies pour les contraindre magiquement à emporter les biens de ses adversaires. Il jetait aussi l’interdit sur le pays vaincu en le vouant comme lieu de pâture aux taureaux ténébreux du dieu de l’Orage. Vraisemblablement, la pratique de l’evocatio, que les Romains limitaient aux cités du Latium et de l’Étrurie méridionale, était d’origine mésopotamienne.
Mystères égyptiens
Il ne faut pas confondre sous ce titre la religion égyptienne proprement dite downloadModeText.vue.download 79 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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avec les mystères magico-religieux plus tardifs. Ceux-ci, pour la plupart, sont d’origine ptolémaïque. Les Ptolé-
mées s’efforcèrent de faciliter la fusion de deux civilisations, la grecque et l’égyptienne, en identifiant les divinités des deux panthéons : Amon fut assimilé à Zeus, Ptah à Héphaïstos, Horus à Isis, Hathor à Aphrodite, Thot à Hermès, Neith à Athéna. Ainsi, par une conséquence naturelle, dans le monde romain, Amon était Jupiter, Ptah Vulcain, Isis Vénus, Thot Mercure, Neith Minerve. La plus évidente création de ce syncrétisme a été le culte de Sérapis, dieu-taureau, identifié ensuite à Osiris, puis à Zeus. Parmi les sanctuaires célèbres de cette divinité, il faut citer notamment le serapeum d’Alexandrie et rappeler la dévotion particulière de l’empereur Hadrien* pour ce grand dieu de Memphis.