C. J.-N.
F Alchimie / Augustin (saint) / Benoît (saint) /
Catherine de Sienne (sainte) / Clément d’Alexandrie / Dieu / Eckart (Johann, dit Maître) / Foucauld (Charles de) / Inde / Islām / Jean de la Croix (saint)
/ Magie / Paul (saint) / Thérèse d’Ávila (sainte) /
Thérèse de l’Enfant-Jésus (sainte).
A. Gardeil, la Structure de l’âme et l’expé-
rience mystique (Gabalda, 1927 ; 2 vol.). / S. Le-maître, Textes mystiques d’Orient et d’Occident (Éd. d’histoire et d’art, 1955 ; 3 vol.). / J. de Mar-quette, Introduction à la mystique comparée (Adyar, 1957). / G. C. Anawati et L. Gardet, Mystique musulmane (Vrin, 1961). / H. Thurston, les Phénomènes physiques du mysticisme (trad. de l’angl., Gallimard, 1961). / H. C. Graef, The Story of Mysticism (New York, 1965 ; trad. fr. Histoire de la mystique, Éd. du Seuil, 1972). / H. Le Saux, Sagesse hindoue, mystique chrétienne, du védânta à la Trinité (Éd. du Centurion, 1965).
/ M. Molé, les Mystiques musulmans (P. U. F., 1965). / A. Ravier (sous la dir. de), la Mystique et les mystiques (Desclée De Brouwer, 1965).
/ A. J. Festugière, Hermétisme et mystique païenne (Aubier, 1967). / L. Cognet, Introduction aux mystiques rhéno-flamands (Desclée De Brouwer, 1968). / L. Gardet, la Mystique (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1970) ; Études de philosophie et de mystique comparées (Vrin, 1972). / Encyclopédie des mystiques orientales
(Laffont, 1975).
mythe et
mythologie
Il existe un très grand nombre de théories qui ont cherché à expliquer la naissance des mythes, des légendes, des contes et, d’une façon générale, ce qui appartient au folklore*.
Introduction
L’histoire de ces théories s’adresse surtout à ce que les termes de mythe, de légende, de conte et de fable désignent tous en commun : 1o un récit (écrit ou parlé) dont ceux qui le rapportent se considèrent comme les dépositaires et non comme les auteurs ; 2o une histoire composée de personnages dont certains
— parfois tous — possèdent une nature surhumaine jointe fréquemment à un comportement humain (pouvoirs surnaturels, joints à des sentiments ou à des désirs naturels) et constituée d’évé-
nements qui peuvent être également naturels ou surnaturels, dans un décor réel (ou réaliste) ou surnaturel (merveilleux) ; 3o une fusion totale entre les éléments réels et les éléments surréels au sein du récit même, qui apparaissent ainsi tous sur un pied d’égalité.
On conviendra de désigner sous le nom de mythe un ensemble d’aventures dont les personnages sont considérés comme des dieux ou des demi-dieux.
Le mythe, par là même, a une certaine relation avec la religion : les dieux d’un mythe sont les mêmes que ceux de la religion ; un demi-dieu, héros de nombreux mythes, peut être l’objet d’un culte.
Définition de quelques
termes
conte, récit imaginaire que sa forme litté-
raire destine à un public particulier.
évhémérisme, hypothèse suivant laquelle les personnes d’un mythe sont des personnages politiques réels qui ont été divinisés après leur mort.
fable, récit imaginaire, généralement court, mettant en scène de préférence des animaux.
folklore, ensemble des légendes, des chansons, des croyances et des coutumes d’une région. (V. l’article.)
légende, récit imaginaire mettant en scène des personnages qui peuvent avoir existé.
mythe, récit imaginaire mettant en scène des êtres imaginaires.
mythographe, spécialiste de l’histoire de la mythologie. (Le rôle du mythographe peut être simple ou double : 1o recueillir, collationner, ordonner et transcrire les mythes ; 2o les analyser, les comparer, les expliquer.)
syncrétisme, tendance par laquelle des croyances, des mythes, des légendes d’origines différentes fusionnent ou se combinent dans un ensemble unique.
Limites de la mythologie
La création de mythes, de légendes, etc., comme ensembles linguistiques parlés ou écrits, paraît être le propre de civilisations humaines à un stade pré-
cédant l’industrialisation : les peuples de l’Antiquité (Sumériens, Égyptiens, Grecs, populations de l’Inde védique et brahmanique), certains peuples contemporains, mais en dehors de notre civilisation (Australiens, Amérindiens, Océaniens, peuples du Caucase et de la Sibérie), connaissent une mythologie très riche.
Il existe des « mythes » au sein du monde moderne. C’est ce que pense, par exemple, Roland Barthes (Mythologies, 1957). On dit ainsi que « Tarzan », la « femme fatale », la « modernité » constituent des mythes de notre société. Ce sont, en effet, des représentations collectives (peut-
être comme l’étaient les héros des aventures mythiques pour les Grecs) chargées d’une force émotionnelle motivant de façon subconsciente notre comportement. Mais, même personnifiés (Charlot, Tarzan), ils ne sont pas considérés préférentiellement comme les personnages d’aventures particularisées, qu’elles soient parlées, écrites, filmées, imagées en bandes dessinées.
Ce sont des figures non narratives. Les mythes modernes sont donc exclus de
cette étude : ils peuvent être envisagés dans le cadre d’une science générale des signes.
La disparition des mythologies
dans le monde moderne avait frappé K. Marx. L’explication qu’il en donne repose sur la conception qu’il se fait de la mythologie même. Pour lui, la mythologie et l’art qui en tire sa substance reposent sur l’histoire des repré-
sentations collectives et les rapports sociaux qui les sous-tendent. « L’idée de la nature et des rapports sociaux downloadModeText.vue.download 84 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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qui alimente l’imagination grecque, et donc la mythologie grecque, est-elle compatible avec les métiers à filer automatiques, les locomotives
[...] ? Qu’est-ce que Jupiter auprès du paratonnerre, Hermès à côté du Crédit mobilier ? Toute mythologie dompte, domine, façonne les forces de la nature dans l’imagination et par l’imagination ; elle disparaît donc, au moment où ces forces sont dominées réellement » (Introduction générale à la critique de l’économie politique, inédit de 1857 publié en 1903). Mao Zedong (Mao Tsö-tong), commentant ce texte, précise les rapports du mythe et de la réalité dans l’optique du maté-
rialisme dialectique : « La mythologie peut nous enchanter en nous montrant, entre autres, les forces de la nature dominées par l’homme [...] ; mais les mythes n’ont pas été formés à partir de situations déterminées par des contradictions concrètes ; ils ne sont donc pas le reflet scientifique de la réalité.
Dans les mythes, les aspects constituant une réalité n’ont pas une identité réelle, mais une identité imaginaire. »
(À propos de la contradiction, 1937.) La représentation des contradictions entre forces de la nature et effort de l’homme (Marx) se complète chez Mao Zedong par le concept d’identification
« impossible ».
Quelques problèmes
classiques
Existe-t-il un auteur pour chaque
mythe ?
Ce problème fut, au XIXe s., l’objet de controverses passionnées, notamment à la suite des travaux du philologue allemand F. A. Wolf sur l’Iliade et l’Odyssée. Il faut admettre, par définition, qu’un mythe est compris par un groupe social ayant géographiquement et historiquement des liens culturels étroits (notamment linguistiques), que le mythe évolue (se complète, se modifie), mais qu’aucun créateur précis ne peut être repéré, bien que rien n’em-pêche d’admettre que les initiatives prises puissent l’être par des individus.