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Conclusion

Après les travaux de Lévi-Strauss, on peut espérer que deux facteurs permettront de diriger la recherche dans un sens nouveau.

1. La forme linguistique du mythe. Il faut entendre par là à la fois sa pré-

sentation (récit oral recueilli auprès d’un informateur vivant, récit écrit et conservé religieusement, récit littérairement habillé sous forme de poème, etc.) et ses variantes (confrontations de diverses versions d’un même

mythe) ;

2. La situation du symbolisme. La question essentielle demeure, en effet, de savoir de quoi il y a un symbole.

Or, pour traduire celui-ci, on va renoncer à comparer des mythes de

cultures différentes en les interprétant comme autant de symbolisation d’élé-

ments reconstitués intemporellement.

Chaque mythologie va être considérée dans son ensemble, et les mythes eux-mêmes recevront une signification de la place relative qu’ils y occupent ; de même, et surtout, chaque élément d’un mythe ne pourra recevoir de signification qu’au sein de la structure de l’ensemble qu’il forme. Cependant, cette démarche ne peut atteindre son but que parce qu’elle conserve les perspectives ouvertes par l’ethnologie classique (sociologie, histoire, politique, etc.) et par le freudisme : la mythologie, comme la langue, est un produit de l’homme. C’est pourquoi chaque élément d’un mythe paraît

entretenir deux sortes de relations, complexes et hétérogènes : les unes aux autres éléments mythiques ; les autres à un ou à plusieurs éléments du comportement humain.

D. C.

TEXTES. R. Graves, Greek Myths (Londres, 1958 ; trad. fr. les Mythes grecs, Fayard, 1967). / Collection « Sources orientales » (Éd.

du Seuil) : la Naissance du monde (1959), les Songes et leur interprétation (1959), les Pèlerinages (1960), le Jugement des morts (1961), la Lune, mythes et rites (1962), les Danses sacrées (1963), le Monde du sorcier (1966).

E. Cassirer, Die Philosophie der symbolischen Formen (Berlin, 1923-1929, 3 vol. ; trad. fr. la Philosophie des formes symboliques, Éd. de Minuit, 1972, 3 vol.). / A.-H. Krappe, la Genèse des mythes (Payot, 1938 ; nouv. éd., 1952). /

H. Frankfort, Kingship and the Gods (Chicago, 1948 ; trad. fr. la Royauté et les dieux, Payot, 1951). / P. Diel, le Symbolisme dans la mythologie grecque, étude psychanalytique (Payot, 1952). / G. Gusdorf, Mythe et métaphysique (Flammarion, 1953). / J. Cazeneuve, les Rites et la condition humaine (P. U. F., 1958). / J. Pépin, Mythe et allégorie (Aubier, 1958). / E. O. James, Mythes et rites dans le Proche-Orient ancien (Payot, 1960). / P. Ricoeur, Finitude et culpabilité (Aubier, 1963 ; 2 vol.). / G. Dumézil, Mythe et épopée (Gallimard, 1968-1973 ; 3 vol.) ; Du Mythe au roman (P. U. F., 1971). / G. Durand, les Structures anthropologiques de l’imaginaire (Bordas, 1969). / J.-C. Pichon, Histoire des mythes (Payot, 1971). / L. Sebag, l’Invention du monde chez les Indiens Pueblos (Maspero, 1971). / R. Girard, la Violence et le sacré (Grasset, 1972). / C. Lévi-Strauss, la Voie des masques (Skira, 1975 ; 2 vol.).

mytiliculture

F MOULE.

myxoedème

F THYROÏDE.

Myxomycètes

Petite classe de Champignons des

déchets humides. Les Myxomycètes

forment, pendant leur phase végétative, un plasmode, constitué par une masse de protoplasme nu, plurinucléé, mobile, qui se nourrit par ingestion de particules alimentaires solides ; leur propagation est assurée par des spores, généralement produites dans un sporocarpe non cellulaire. Introduits par certains auteurs dans le règne animal sous le nom de Mycétozoaires, ils sont maintenant traités parmi les Champignons comme une classe de la section des Myxomyceta.

On reconnaît actuellement 70 genres de Myxomycètes, représentés par environ 400 espèces. Ces Champignons se développent sur des substrats humides, sol, vieux bois ou débris végétaux, ex-créments ; leur répartition géographique est très vaste, et la plupart des genres et des espèces sont cosmopolites.

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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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Organisation des

Myxomycètes

La structure végétative caractéristique des Myxomycètes est le plasmode, plus ou moins organisé selon les groupes.

Le protoplasmode des Échinosté-

liales est un élément amiboïde indiffé-

rencié, de taille microscopique. Dans l’aphanoplasmode, propre aux Ste-monitis, le protoplasme, nu, non granuleux, est organisé en un réseau de veines anastomosées. L’aspect le plus

élaboré, présenté par les Physarales, est un phanéroplasmode en forme

d’éventail : les cordons du protoplasme, différencié en ectoplasme dé-

pourvu d’organelles et en endoplasme granuleux, se ramifient et s’anastomosent en un réseau de plus en plus fin, limité en position frontale par une lame continue de protoplasme. À

l’intérieur de la membrane plasmique, le cytoplasme est animé d’un mouvement rythmique, plus ou moins rapide et régulier, qu’on attribue à de minuscules fibrilles douées de propriétés physico-chimiques analogues à celles de la protéine contractile des muscles.

Le plasmode de la plupart des Myxomycètes se déplace lentement à la surface d’un substrat ; il ingère par phagocytose des Bactéries, des Levures, des spores de Moisissures et d’autres particules alimentaires, et il s’accroît progressivement.

Dans des conditions favorables,

tout ou partie du plasmode sporule en produisant une ou plusieurs fruc-tifications. Chez les Ceratiomyxa, les spores sont portées extérieurement sur des sporophores filamenteux ou dressés. Dans tous les autres genres, les spores prennent naissance à l’intérieur de sporocarpes, souvent vivement

colorés, dont on distingue trois types : le sporange, fréquemment pédicellé, parfois pourvu d’une columelle (en général, plusieurs sporanges sont formés simultanément sur un même

plasmode et groupés à la base sur une lame membraneuse, ou hypothalle) ; le plasmodiocarpe, sorte de sporange sessile, de forme allongée, appliqué en réseau sur le substrat : l’aethélie, résultant de la transformation de la masse plasmodiale, dressée en dôme ou en coussinets coalescents. Quelle que soit sa forme, le sporocarpe est limité par une couche externe diffé-

renciée, le peridium ; à la masse de spores peut être associé un capillitium constitué de filaments, parfois couverts de concrétions calcaires.

La méiose se produit au moment

de la formation des spores, dont le noyau est ainsi haploïde. En germant, chaque spore libère un ou plusieurs protoplastes mobiles, nus (myxamibes) ou le plus souvent pourvus de deux flagelles antérieurs inégaux

et capables d’ingérer des substances nutritives comme de se multiplier par bipartition. La conjugaison se produit entre deux cellules flagellées ou deux myxamibes ; le zygote s’organise en plasmode, où les noyaux diploïdes se multiplient activement par mitose.

Dans des conditions défavorables, le plasmode peut se transformer en sclé-

rote et les myxamibes ou les spores flagellées en microcystes. La nature plurinucléée du plasmode (entre

autres caractères) sépare nettement les Myxomycètes des Acrasiales et des Labyrinthulales, à structure cellulaire.

Les Plasmodiophorales (Plasmodio-

phora brassicae, agent de la hernie du Chou), dont le cycle comporte une phase à zoosporanges, ont été rattachés, selon les auteurs, aux Phycomycètes ou aux Myxomycètes, mais leurs affinités réelles demeurent douteuses.

L’origine commune des Acrasiales et des Myxomycètes pourrait se trouver chez les Protostélidés, récemment décrits par Olive comme des Protozoaires, réduits par d’autres au rang d’un ordre des Myxogastromycétidés.

En fait, on ne saurait encore déterminer si les Myxomycètes sont plus étroitement apparentés aux Champignons qu’aux Amibiens.