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Il espérait bien trouver la clé du mystère sur place en examinant attentivement ladite tombe.

Il enfonça le petit cryptex plus profondément dans sa poche droite pour le protéger de la pluie, et s'assura que le Médusa, au fond de la gauche, ne risquait pas de tomber.

Il arrivait à destination. Plus que quelques mètres avant de pénétrer dans l'édifice presque millénaire, le sanctuaire où l'attendait la tombe du chevalier.

À l'instant même où le Maître s'abritait de la pluie, Mgr Aringarosa posait le pied sur le tarmac ruisselant de l'aéroport de Biggin Hill. Abrité sous le parapluie de l'officier de la police

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britannique venu l'accueillir à sa sortie d'avion - et quelque peu déçu que ce ne soit pas Fache en personne -, il rassembla dans une main les plis de sa soutane pour ne pas en souiller l'ourlet.

— Monseigneur Aringarosa ? Le commissaire a été obligé de s'absenter. Je suis chargé de veiller sur vous en son absence.

Il m'a conseillé de vous conduire au siège de Scotland Yard. Il pense que vous y serez plus en sécurité.

En sécurité ? Aringarosa serra un peu plus fort la valise bourrée de bons au porteur qu'il tenait à la main et qu'il avait presque oubliée.

En s'asseyant dans la voiture qui devait l'emmener, il se demanda où Silas pouvait bien se trouver en ce moment.

Quelques minutes plus tard, la radio crachotait la réponse.

Le policier décrocha le micro :

— Cinq, Orme Court, Bayswater. Aringarosa reconnut instantanément l'adresse.

Le siège londonien de l’Opus Dei.

Il ordonna au chauffeur :

— Conduisez-moi tout de suite là-bas !

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Langdon n'avait pas quitté des yeux l'écran de l'ordinateur depuis le début de la recherche.

Seulement deux titres sortis, en plus de cinq minutes. Et ils ne concordent pas...

Il commençait à douter.

Pamela Gettum était en train de préparer des boissons chaudes dans la pièce voisine. Langdon et Sophie avaient commis l’erreur de demander si la jeune femme pouvait leur préparer du café et, d'après les bips du micro-ondes, ils comprirent qu'ils allaient devoir se contenter de café instantané.

La petite cloche du moteur de recherche fit entendre son tintement joyeux.

— Vous avez une nouvelle réponse, on dirait, lança Pamela de sa cuisinette. Quel est le titre ?

Langdon jeta un coup d'œil à l'écran.

L'Allégorie du Graal dans la littérature médiévale : Un traité sur sir Gauvain et le Chevalier Vert.

— L'allégorie du Chevalier Vert..., répondit-il.

— Laissez tomber. Il y a très peu de géants verts de la mythologie enterrés à Londres...

Langdon et Sophie, patiemment assis devant l'écran, vérifièrent deux nouvelles réponses aussi décevantes. Quand l'ordinateur tinta une nouvelle fois, ils furent passablement surpris du lien qui s'afficha :

LES OPÉRAS DE RICHARD WAGNER

— Les opéras de Wagner ? s'étonna Sophie. Mlle Gettum jeta un coup d'œil du seuil de la pièce voisine, un pot de café instantané à la main.

— Drôle de réponse. Wagner était-il chevalier ?

— Non, répliqua Langdon, soudain intrigué, mais il était franc-maçon. Tout comme Shakespeare, Mozart, Beethoven et Gershwin. On a écrit des milliers de pages sur les liens entre les francs-maçons, les Templiers, le Prieuré de Sion et donc le

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Graal. J'aimerais voir le texte entier, ajouta-t-il en se tournant vers Pamela.

— Vous n'avez pas besoin du texte entier, objecta celle-ci.

Cliquez sur l'hypertexte, vous allez voir vos mots clés et le contexte dans lequel ils apparaissent.

Langdon obtempéra et une nouvelle fenêtre apparut.

… un chevalier mythique appelé Parsifal, qui...

... s'il est vrai que la quête du Graal a donné lieu à...

... l'Orchestre philharmonique de Londres en 1855...

... une interprétation de Rebecca Pope, la diva...

... la tombe de Wagner à Bayreuth...

— Ce n'est pas cette Pope que nous cherchons, conclut Langdon, plus déçu qu'amusé.

Il était pourtant impressionné par l'extrême commodité du système. Ces mots clés avec leur contexte suffisaient ainsi à rappeler que Parsifal, l'opéra de Wagner, est un hommage à Marie Madeleine et à la lignée du Christ, le tout transposé dans la quête de vérité d'un jeune chevalier.

— Patience, il va sûrement en tomber d'autres, fit Pamela.

C'est comme au loto, il faut laisser tourner la machine.

Au cours des cinq ou six minutes qui suivirent, la seule référence qui retint leur attention fut un article consacré aux troubadours français du Moyen Age, les célèbres ménestrels.

Langdon savait que ce n'était pas une coïncidence si ménestrel et ministre provenaient d'une même racine étymologique. Les troubadours étaient les « ministres » itinérants de l'église de Marie Madeleine, et par leurs chants, ils contribuaient à répandre l'histoire du Féminin sacré dans le peuple. Ils chantaient les vertus de la gente « Dame », une mystérieuse et belle femme à laquelle ils faisaient vœu d'éternelle fidélité.

Il vérifia les données d'hypertexte, mais ne trouva rien.

Quelques instants plus tard un nouveau titre apparut sur l'écran.

CHEVALIERS, FILOUS, PAPES ET PENTACLES :

L'HISTOIRE DU SAINT-GRAAL

À TRAVERS LE TAROT.

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— Ce n'est pas surprenant, dit Langdon à Sophie.

Certains de nos mots clés ont des noms de cartes de tarot.

Il prit la souris et cliqua sur un lien.

— Je ne sais pas si votre grand-père a mentionné ce fait quand vous jouiez au tarot avec lui, mais ce jeu est un «

catéchisme-éclair » sur l'histoire de la fiancée oubliée et son éviction par l'Église catholique.

Sophie lui jeta un coup d'œil incrédule.

— Je n'en avais pas la moindre idée.

— C'est le but recherché. En propageant leur doctrine à travers un jeu métaphorique, les adeptes du Graal trompaient la vigilance de l'Église.

Langdon se demandait parfois combien de joueurs de cartes modernes soupçonnaient que leurs quatre suites (pique, cœur, carreau, trèfle) relevaient d'une symbolique directement liée au Graal et directement héritée du tarot :

Les piques sont les épées : lame = masculin.

Les cœurs sont les coupes : calice = féminin.

Les trèfles sont les sceptres : lignée royale = bâton florissant.

Les carreaux sont les pentacles : la déesse = Féminin sacré.

Quelques minutes plus tard, alors que Langdon commençait à douter de leurs chances de succès, un nouveau titre s'inscrivait sur l'écran :

LA GRAVITATION DU GÉNIE

Biographie d'un Chevalier moderne

— La gravitation du génie ? demanda Langdon à Pamela.

Celle-ci passa la tête dans l'embrasure de la porte.

— Ne me dites pas qu'il s'agit de Rudy Giuliani.

Personnellement, je ne le trouve pas vraiment à la hauteur, celui-là.

Langdon avait ses propres doléances sur sir Mike Jagger, récemment promu chevalier, mais ce n'était vraiment pas le moment de débattre des errements de la chevalerie anglaise moderne.

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— Voyons cela de plus près, fit-il en cliquant sur le lien hypertexte.