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— Je gnoque », dit Mike.

(Mike ?????)

(Attends, Jill. Attends la plénitude.)

« Mais ne vous imaginez pas, continua Patricia gravement, qu’il suffise d’un simple tatouage pour avoir accès au Temple Intérieur… Tenez, dès que je sais où la foire ira s’établir, j’écris aux églises locales en mettant mon empreinte digitale pour qu’ils puissent vérifier si je suis bien une des éternellement sauvées grâce aux fichiers centraux du Tabernacle de l’Archange Foster. Et lorsque je viens prendre part à la Rencontre Heureuse – et j’y vais toujours, même si Tim doit m’attendre pour repartir – on m’identifie avant de me laisser entrer. Oh ! mais ils sont contents de me voir ; je suis une attraction supplémentaire et souvent ils passent une soirée entière à regarder mes images saintes. Parfois aussi, j’amène Gueule de Miel pour jouer à Ève et au Serpent. Un frère joue le rôle d’Adam et on nous chasse du jardin d’Éden. Ensuite, le prêtre en explique la vraie signification, et à la fin nous retrouvons notre sainte innocence, et la partie peut commencer. Oh joie ! »

Elle ajouta : « Mon baiser de Foster les passionne aussi… il y a vingt ans qu’il est monté au Ciel, et il en reste bien peu qui portent son baiser original. Et je leur raconte comment il me l’a donné. Euh…»

Après un moment d’hésitation, Mrs. Paiwonski le leur raconta aussi. Jill se demanda si elle ne rougissait jamais. Puis elle gnoqua que Patty et Mike étaient de la même espèce : des créatures de Dieu, des innocents incapables de pécher quoi qu’ils fassent. Elle aurait souhaité pour Patty que Foster soit réellement un saint prophète.

Mais Foster ! Doux Jésus, quelle abominable parodie !

Jill se revit dans cette chambre, fixant les yeux morts de Foster. Il paraissait tellement vivant… elle sentit un frisson la traverser et se demanda ce qu’elle aurait fait si Foster lui avait offert son saint baiser… et sa sainte personne… ?

Elle rejeta cette image, mais pas avant que Mike ne l’eût captée. Elle le sentit sourire, avec une innocence entendue.

Elle se leva. « Quand faut-il que vous soyez de retour à la foire, ma grande Patty ?

— Ciel ? Je devrais déjà y être !

— Pourquoi ? Le départ était fixé à 9 heures et demie.

— Je sais, mais… Gueule de Miel est jalouse quand je rentre tard.

— Vous lui direz que vous étiez à une Rencontre Heureuse. »

Patty serra Jill dans ses bras. « Oui, c’est cela ! C’est exactement cela !

— Bien. Je vais me coucher ; je suis fourbue. À quelle heure devez-vous vous lever ?

— Il faudrait que j’y sois à 8 heures, le temps que Sam démonte ma tente et que je surveille le chargement des enfants.

— Pour le petit déjeuner ?

— Je le prendrai dans le train. Juste un café en me réveillant, peut-être ?

— Je vous en ferai. Restez debout tant que vous voudrez, mes chéris. Je vous réveillerai à temps – si vous dormez. Mike, lui, ne dort pas.

— Pas du tout ?

— Jamais. Généralement, il se roule en boule pour réfléchir – mais il ne s’endort pas.

— Encore un signe, dit Mrs. Paiwonski solennellement. Votre jour viendra, Michaël. Je le sais.

— Peut-être, dit Jill. Mike, je m’endors debout. Si tu veux bien ? » Elle fut soulevée, transportée dans sa chambre, les couvertures lui laissèrent passage, elle s’endormit.

Jill se réveilla à 7 heures. Elle se leva et passa la tête dans l’autre chambre. Les lumières étaient éteintes, mais ils ne dormaient pas. Elle entendit Mike dire avec une douce assurance :

« Tu es Dieu.

— Tu es Dieu, murmura Patricia d’une voix lourde, comme si elle avait été droguée.

— Oui. Jill est Dieu.

— Jill… est Dieu. Oui, Michaël.

— Et tu es Dieu.

— Tu… es… Dieu ! Maintenant, Michaël, maintenant ! »

Jill se retira silencieusement et alla se brosser les dents. Puis elle fit savoir à Mike qu’elle était réveillée – en fait, il le savait déjà. Lorsqu’elle revint dans le living, les volets étaient ouverts et le soleil entrait à flots. « Bonjour, mes chéris ! » Elle les embrassa.

— Tu es Dieu, lui dit Patty simplement.

— Oui, ma Pat. Et tu es Dieu. Dieu est en nous tous. » Elle regarda Patty ; même dans cette lumière crue, elle ne paraissait nullement fatiguée. Jill connaissait cela ; lorsque Mike voulait qu’elle reste éveillée toute la nuit, elle ne ressentait jamais aucune fatigue. Elle se demanda si sa fatigue de la veille n’avait pas été une idée de Mike… et l’entendît le lui confirmer mentalement.

« Et maintenant, du café, les enfants. Il y a aussi du jus d’oranges. »

Ils déjeunèrent légèrement, car ils étaient rassasiés de bonheur. Jill vit que Patty semblait soucieuse. « Quelque chose vous tracasse, chérie ?

— C’est gênant à dire, mes enfants… mais avec quoi allez-vous manger ? Tante Patty a des économies, et j’avais pensé…»

Jill éclata de rire. « Pardon, chérie, je ne devrais pas rire. Mais l’Homme de Mars est riche ! Vous ne le saviez pas ?

— Enfin… oui et non. S’il fallait croire tout ce qu’ils disent aux informations.

— Patty, vous êtes adorable. Croyez-moi, maintenant que nous sommes frères d’eau, nous n’hésiterions pas… mais dans l’autre sens ! « Partager le nid » n’est pas une phrase creuse. Sérieusement, Patty, si jamais vous avez besoin d’argent, dites-le. N’importe quelle somme. N’importe quand. Écrivez un mot, ou plutôt, téléphonez-moi : Mike n’a aucune notion de ce qu’est l’argent. Rien qu’à mon nom, je dois avoir deux ou trois cent mille ! Vous en voulez une partie ? »

Mrs. Paiwonski était stupéfaite. « Soyez bénis, mes enfants, mais je n’ai pas besoin d’argent. »

Jill haussa les épaules. « Si jamais cela arrive, vous savez quoi faire. Vous n’avez pas envie d’un yacht ? Je suis sûre que Mike adorerait vous en offrir un.

— Certainement, Pat. Je n’ai jamais vu de yacht. » Mrs. Paiwonski secoua la tête. « Allons, pas de folies, mes trésors… je ne veux rien d’autre que votre amour…

— Vous l’avez, dit Jill.

— Je ne gnoque pas « amour », mais Jill parle toujours vrai, ajouta Mike.

— … et aussi vous savoir sauvés. Mais cela ne m’inquiète plus. Mike m’a parlé de la signification de l’attente. Vous comprenez, Jill ?

— Je gnoque. Je ne suis plus jamais pressée.

— J’ai quelque chose pour vous, les enfants…» Elle prit son sac et en sortit un livre. « Tenez… c’est l’exemplaire de la Nouvelle Révélation que saint Foster m’a donné, la nuit où il me marqua de son baiser. Il est à vous. J’y tiens. »

Jill en avait les larmes aux yeux. « Mais, tante Patty… notre frère ! Nous ne pouvons pas vous le prendre. Nous en achèterons un.

— Si, si, je veux… C’est de l’eau que je partage avec vous pour nous rapprocher.

— Nous le partagerons, dit Jill avec enthousiasme. Il est à nous maintenant, à nous tous. Elle l’embrassa.

Mike lui tapa sur l’épaule. « Tu es bien avide, mon petit frère. À mon tour.

— Je serai toujours avide de cette façon. »

L’Homme de Mars embrassa d’abord son nouveau frère sur la bouche, puis là où Foster avait déposé son baiser. Ensuite, il choisit un endroit symétrique sur le sein droit et l’y embrassa longuement, en étirant fortement le temps. Il était nécessaire de gnoquer les capillaires…

Pour les deux autres, cela n’avait pas duré plus d’un instant, mais Jill avait senti ses efforts. « Patty, s’exclama-t-elle, Regardez ! »