Leur laissa tout son bien par portions égales,Et donnant à leur mère tant,Payable quand chacune d’ellesNe posséderait plus sa contingente part.Le père mort, les trois femellesCourent au testament, sans attendre plus tard.On le lit, on tâche d’entendreLa volonté du testateur;Mais en vain; car comment comprendreQu’aussitôt que chacune sœurNe possédera plus sa part héréditaire,Il lui faudra payer sa mère?Ce n’est pas un fort bon moyenPour payer, que d’être sans bien.Que voulait donc dire le père?L’affaire est consultée, et tous les avocats,Après avoir tourné le casEn cent et cent mille manières,Y jettent leur bonnet, se confessent vaincus,Et conseillent aux héritièresDe partager le bien sans songer au surplus.«Quant à la somme de la veuve,Voici, leur dirent-ils, ce que le conseil treuve:Il faut que chaque sœur se charge par traitéDu tiers, payable à volonté,Si mieux n’aime la mère en créer une rente,Dès le décès du mort courante.»La chose ainsi réglée, on composa trois lots:En l’un, les maisons de bouteille,Les buffets dressés sous la treille,La vaisselle d’argent, les cuvettes, les brocs,Les magasins de malvoisie,Les esclaves de bouche, et pour dire en deux mots,L’attirail de la goinfrerie;Dans un autre, celui de la coquetterie,La maison de la ville et les meubles exquis,Les eunuques et les coiffeuses,Et les brodeuses,Les joyaux, les robes de prix;Dans le troisième lot, les fermes, le ménage,