Les troupeaux et le pâturage,Valets et bêtes de labeur.Ces lots faits, on jugea que le sort pourrait faireQue peut-être pas une sœurN’aurait ce qui lui pourrait plaire.Ainsi chacune prit son inclination,Le tout à l’estimation.Ce fut dans la ville d’AthènesQue cette rencontre arriva.Petits et grands, tout approuvaLe partage et le choix: Ésope seul trouvaQu’après bien du temps et des peinesLes gens avaient pris justementLe contre-pied du testament.«Si le défunt vivait, disait-il, que l’AttiqueAurait de reproches de lui!Comment? Ce peuple qui se piqueD’être le plus subtil des peuples d’aujourd’hui,A si mal entendu la volonté suprêmeD’un testateur?» Ayant ainsi parlé,Il fait le partage lui-même,Et donne à chaque sœur un lot contre son gré;Rien qui pût être convenable,Partant rien aux sœurs d’agréable:A la coquette, l’attirailQui suit les personnes buveuses;La biberonne eut le bétail;La ménagère eut les coiffeuses.Tel fut l’avis du Phrygien,Alléguant qu’il n’était moyenPlus sûr pour obliger les fillesA se défaire de leur bien;Qu’elles se marieraient dans les bonnes familles,Quand on leur verrait de l’argent;Paieraient leur mère tout comptant;Ne posséderaient plus les effets de leur père:Ce que disait le testament.Le peuple s’étonna comme il se pouvait faireQu’un homme seul eût plus de sensQu’une multitude de gens.