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8- Ferme collective « Le Rayon de Lumière ».

9- Sortes de raviolis. (N.d.T.)

10- Chant patriotique célébrant la victoire du général Souvorov sur les Turcs en 1791, sous le règne de Catherine II. (N.d.T.)

11- Une belle femme également.

12- Pouvoir du comté.

13- Un, deux… trois !

14- Héroïne de Que faire ? de Tchernychevski. (N.d.T)

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21.06.2020

Fiction Book Description

Akounine, Boris

Avant la fin du monde

(Dédicaces - 3)

Parure précieuse qui s'évanouit dans la nature, serpent monstrueux s'attaquant aux héritiers d'une famille fortunée, crime presque parfait, " épidémie " de suicides au fin fond d'une Sibérie rongée par la superstition... Aucune énigme, si machiavélique soit-elle, ne résiste à la sagacité d'Eraste Fandorine. Ces quatre enquêtes dédiées aux maîtres du roman policier que sont Arthur Conan Doyle, Patricia Highsmith, Agatha Christie et Umberto Eco révèlent un Boris Akounine au sommet de son art, capable de naviguer d'un univers littéraire à un autre avec une aisance époustouflante.

DU MÊME AUTEUR

CHEZ LE MÊME ÉDITEUR

Azazel

Le Gambit turc

Léviathan

La Mort d’Achille

Missions spéciales

Le Conseiller d’Etat

Le Couronnement

La Maîtresse de la Mort

L’Amant de la Mort

L’Attrapeur de libellules

Altyn Tolobas

Bon sang ne saurait mentir tomes 1 et 2

Pélagie et le bouledogue blanc

Pélagie et le Moine Noir

Pélagie et le coq rouge

La Prisonnière de la tour

Le Chapelet de jade

Boris Akounine

AVANT LA FIN

DU MONDE

et autres nouvelles

Dédicaces 3

Traduit du russe par Luba Jurgenson

Titres originaux : Skarpeja Baskakovyh

Odna desjataja procenta

Čaepitie v Bristole

Pered koncom sveta

« Cette śuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette śuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »

© Boris Akounine, 2007

© I. Bogat, éditeur, 2007

© I. Sakourov, illustrateur, 2007

© Presses de la Cité, un département de

, 2010 pour la traduction française

EAN 978-2-258-08705-7

LA GUIVRE DES BASKAKOV

Cette nouvelle est dédiée

à Arthur Conan Doyle

I

— Tioulpanov, vous craignez les serpents ?

Cette question surprit Anissi alors qu’il buvait sa deuxième tasse de thé. C’était le meilleur moment de la journée : toutes les affaires avaient déjà été expédiées, la soirée ne faisait que commencer, il n’avait résolument pas à se presser. Cela le mettait d’humeur calme, philosophique.

La conversation portait sur un tout autre sujet : la visite à Moscou de Sa Majesté l’impératrice, prévue pour le lendemain. Pourtant, Anissi ne fut pas désarçonné par cette question inattendue, habitué qu’il était déjà à ce que Fandorine, son supérieur, sautât du coq à l’âne.

Cela ne l’empêcha pas de bien réfléchir avant de répondre. La question était peut-être oiseuse, et alors il fallait la prendre au sens figuré, mais peut-être n’était-ce pas le cas. Par exemple, une fois, Eraste Pétrovitch lui avait demandé : « Aimeriez-vous, Tioulpanov, devenir tellement habile et fort qu’aucun géant ne saurait vous résister ? » Anissi avait eu le malheur de répondre : « Bien sûr ! » Depuis ce jour, et cela faisait plus d’un an, il était obligé de suivre l’enseignement de Massa, le valet du patron, et ce Japonais qui ne songeait qu’à le tourmenter lui faisait vivre un véritable martyre : il devait courir dans la neige, vêtu de ses seuls sous-vêtements, ou marcher sur les mains pendant une demi-heure, tel un antipode australien, en s’écorchant les paumes sur le plancher hérissé d’échardes.

— Quel genre de serpents ? s’enquit Anissi, prudent. Les vrais, ceux qui rampent, ou bien les serpentins que l’on jette les jours de fête ?

— Les vrais. Pourquoi craindrait-on les serpentins ?

Après mûre réflexion, le secrétaire de gouvernement décréta que la question de son supérieur ne recelait aucun piège. Bien sûr, tout le monde a peur du cobra ou de l’échidné, mais il y avait peu de chances qu’on en trouvât à Moscou, rue Saint-Nikita.

— Non, je ne les crains pas du tout.

Eraste Pétrovitch inclina la tête d’un air satisfait.

— C’est parfait. Donc, demain, vous partirez pour le district de Pakhrinsk. Un anaconda inouï y a été vu. Le curé de la paroisse nous fait part de manigances de S-satan et déplore la mécréance des pouvoirs terrestres, tandis que le président de l’Assemblée du district dénonce l’Eglise, qui sème la confusion dans les esprits et propage les superstitions. Allez là-bas et tirez cela au clair. Je ne vous raconte pas les détails, car je ne les connais que par ouï-dire et il n’y a rien de pire quand on veut se faire une idée précise des faits. Cette histoire est si absurde et fantastique que, n’était la visite de Sa Majesté, je n’aurais pas hésité à m’y rendre moi-même.

Avant de passer chez lui pour préparer son voyage, Anissi chercha le mot inconnu dans une encyclopédie. L’anaconda était en fait un énorme serpent des marais amazoniens. Qu’avait donc voulu dire son supérieur ? C’était tout sauf clair. Le méchant homme : à présent, Anissi brûlait d’en savoir plus.

Toute la sainte journée, Anissi voyagea sur de mauvaises routes dans une calèche ballottée dans tous les sens : après la grande route mal pavée, il tourna sur une voie en terre et, à la fin, dut faire les onze derniers kilomètres sur un chemin de village tout criblé de flaques et de nids-de-poule. Parti avant l’aube, à quatre heures du matin, il n’arriva à Pakhrinsk que le soir.

Ne connaissant encore rien à l’affaire, Tioulpanov avait décidé que, dans le conflit qui opposait les deux factions de Pakhrinsk, il prendrait le parti du progrès. Aussi avait-il envoyé un télégramme au Conseil de l’Assemblée pour annoncer son arrivée. A présent, le président du Conseil en personne attendait le visiteur de Moscou, malgré l’heure tardive.

— Bienvenue, monsieur Tioulpanov, dit-il en passant sa main sur les épaules de son hôte pour secouer la poussière grise qui s’y était accumulée pendant le voyage. De la part des personnes progressistes qui sont, certes, minoritaires dans notre modeste district, je vous présente mes excuses pour le dérangement que nous vous avons causé. Ce sont nos Torquemada du cru qui sèment le trouble du haut de la chaire. Heureusement que c’est M. Fandorine, un homme intelligent et cultivé, qui a été chargé de cette affaire, et non quelque grenouille de bénitier obscurantiste. Il est nécessaire de démasquer ces superstitions nuisibles. Toute notre région vit encore au Moyen Age ! Les éléments les plus incultes, les plus réactionnaires lèvent la tête. Les popes sont ravis, ils organisent des processions et des prières à longueur de journées, et on voit apparaître un nombre incalculable de sorciers et de magiciennes. On ne parle que de la Guivre des marais.

De quoi, de quoi ? faillit demander Anissi. Mais il se mordit la langue : il fallait être patient, le président du Conseil allait tout lui raconter.

Après avoir toisé d’un regard sceptique la silhouette peu virile et le visage glabre du secrétaire de gouvernement, Antoine Maximilianovitch Blinov (tel était son nom) ajouta :