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— Non, assurément. Vous allez bien, cadre exécutif Gozen ?

— Je survivrai. » Elle lui décocha un regard fiévreux. « Mes travailleurs n’en pâtiront pas, général ? Pas de camps de travail pour eux ?

— Il n’y a pas de camps de travail à Midway. Ils ont été abolis et ne reviendront pas.

— Difficile à croire, mais vous n’avez aucune raison de me mentir. Que vont-ils devenir ?

— Ça ne dépend que d’eux. Ulindi aura besoin de forces terrestres. Moi-même je dois remplacer nos pertes d’ici. Ou ils peuvent encore rentrer chez eux. Je ne les en empêcherai pas. »

Le bref sourire de Gozen tenait plutôt de la grimace. « Chez eux ? Dans mon cas, ça prendrait plutôt la forme d’un aller sans retour pour un camp de travail du Syndicat. Vous comptez nous désarmer ?

— Le dois-je ?

— Non, général.

— Alors cramponnez-vous encore à vos armes pour l’instant, mais ne bougez pas de vos positions. Nous ne désarmons que les prisonniers que nous avons faits en investissant la partie de vos lignes contrôlée par le Syndicat, mais, si vous préférez, nous pouvons vous remettre ces soldats.

— Ce serait certainement un geste gracieux, général. Je vais faire savoir à mes gens qu’ils ont vraiment le choix pour la première fois de toute leur existence. Ça va leur faire tout drôle.

— Vous vous y ferez au bout d’un moment, affirma Drakon. Juste pour garder un ton officiel, vous soumettez-vous à mon autorité, les soldats qui sont sous vos ordres et vous-même ? »

Gozen prit une profonde inspiration puis hocha la tête. « Oui, général.

— Nous en sommes encore à faire le tri à l’intérieur de la base. Veuillez contacter le colonel Malin dans une demi-heure. Voici son code de com. Faites-lui savoir de quoi vous avez besoin. Abris, rations, ainsi de suite. Si vous pouviez nous dire où en trouver d’autres réserves à proximité, ça nous avancerait. Où en êtes-vous sur le plan médical ?

— Nous aurions l’usage de toute l’assistance que vous pourriez nous apporter, général.

— On va mettre ça en branle.

— Merci. » La façade que présentait Gozen se craquela légèrement, mais elle se redressa et hocha la tête à son intention. « La journée a été longue et j’ai encore beaucoup à faire.

— Pas de précipitation. Nous n’irons nulle part tant que nos vaisseaux n’auront pas rassemblé ceux des cargos qui nous ont débarqués ici et n’ont pas été détruits. »

Gozen eut l’air surprise. « Vous n’allez pas réquisitionner nos transports de troupes ? »

Drakon s’efforça de ne pas laisser transparaître son propre étonnement. « Quels transports de troupes ? Ceux qui vous ont conduits à Ulindi ? Ils sont repartis.

— Non. Certainement pas. Je vous ai déjà dit qu’on nous avait largués sur cette planète peu avant votre apparition. Les transports de troupes sont peut-être moins lents que des cargos, mais pas assez rapides malgré tout pour déblayer le plancher avant le moment prévu pour votre probable émergence. Si vous les aviez vus, ç’aurait éventé le traquenard. En outre, le CECH tenait à les garder à proximité. On leur a ordonné de stationner jusqu’à contrordre là où l’étoile s’interposerait entre eux et vos vaisseaux.

— L’étoile ?

— Oui, l’étoile. Ce gros machin qui brille dans le ciel, vous savez ?

— Les transports de troupes sont toujours là ? » Un autre des propos de Gozen le frappa soudain. « Pourquoi le CECH tenait-il tant à les avoir sous la main ?

— À ce que j’ai entendu dire, une fois que nous vous aurions écrasés au sol et que la flottille du Syndicat aurait anéanti vos forces mobiles, le plan prévoyait de nous rembarquer à toute vitesse pour nous conduire dans votre système stellaire. Dans ces transports de troupes escortés par la flottille. Nous devions frapper les gens que vous avez laissés derrière vous avant qu’ils n’apprennent ce qui vous était arrivé, afin de mettre à votre rébellion un terme définitif. » Elle se concentra. « Je crois… me souvenir que les transports devaient rester dans un rayon de dix à quinze minutes-lumière de nous. »

Drakon la fixa comme si ce qu’elle venait de lui apprendre commençait seulement à se faire jour dans son esprit. « Un excellent plan », convint-il. Bien trop retors. « Je vous rends à vos affaires. Merci, cadre exécutif Gozen. Vous avez mon code de com. Contactez-moi directement si vous avez des problèmes. »

Dès que son image se fut évanouie, il passa un autre appel. « Kapitan Mercia, j’ai là une information d’une extrême importance et j’aimerais que vous la transmettiez à la kommodore Marphissa. »

Mercia cligna des paupières pour se concentrer. Les journées avaient aussi été très dures pour les forces mobiles, semblait-il. « Que s’est-il passé ?

— Un paquet de transports de troupes du Syndicat se cachent encore derrière l’étoile. Ceux-là mêmes qui ont amené à Ulindi les forces terrestres syndics. S’ils ont embarqué une entière division d’un coup, il doit s’en trouver entre douze et quinze au bas mot. Ils sont censés stationner entre dix et quinze minutes-lumière de cette planète. »

Mercia se pétrifia un instant puis parut impressionnée. « Super. Vous les voulez en état de marche ou sous forme d’épaves.

— Autant que possible à l’état de transports de troupes.

— Je suis sûre que la kommodore sera heureuse d’honorer votre requête, mon général. Elle arrive juste derrière moi avec les croiseurs et les avisos endommagés en combattant les Syndics, et elle ne devrait plus tarder. Avez-vous une idée de la raison pour laquelle ces transports de troupes ne se sont toujours pas enfuis ?

— Ils avaient reçu du CECH dont vous venez de détruire la navette l’ordre ferme de se cantonner à proximité de la planète. Ils espèrent sans doute que nous repartirons sans les avoir repérés.

— Ç’aurait pu effectivement se produire si nous étions tous restés très près les uns des autres, dit Mercia. Il leur aurait suffi de changer constamment de position pour se maintenir toujours derrière l’étoile par rapport à nous et à l’orbite de la planète. J’en informerai la kommodore, mon général. »

Cette tâche accomplie, Drakon put enfin se rasseoir. Son siège craqua sous le poids de sa cuirasse intégrale et il se rendit compte qu’il pouvait désormais ôter son équipement de combat si l’envie lui en prenait. Mais il activa d’abord son canal de commandement. « À tout le personnel. Le combat est terminé, mis à part le nettoyage. Ulindi est à nous. Nous avons gagné. Bravo à vous tous. Très beau boulot. »

Chapitre quatorze

« Exécution de la manœuvre Tango Victor », ordonna Marphissa à ses vaisseaux avant de se radosser pour regarder tous ses croiseurs et avisos s’éloigner de la planète habitée pour accélérer en direction de l’étoile Ulindi. Seul le cuirassé Midway restait en orbite avec son intimidante puissance de frappe, au cas où le général Drakon aurait encore à effrayer ou détruire d’autres repaires du Syndicat.

Marphissa coula un regard vers une partition de son écran où une fenêtre virtuelle montrait une image d’une nature spectaculairement différente : sur celle-là, tous ses vaisseaux restaient groupés près du Midway et gravitaient tranquillement autour de la planète. « Confirmez que les connexions et les fausses données restent stables », ordonna-t-elle au kapitan Diaz.

L’officier attendit qu’un de ses techniciens eût procédé aux vérifications. « Tout est stable, kommodore. Les données de liaison et les codes d’accès récupérés par les forces terrestres dans le matériel abandonné au QG du Syndicat paraissent fiables.