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—  … de sa dix-septième année, Asmodeï Barro a trouvé pendant l’excursion des organismes fossiles rappelant des oursins. Le lieu de la trouvaille est assez éloigné de la côte  …

—  … conférence chez le directeur. De drôles de rumeurs circulent ici. On dit que la Vague a atteint Greenfield. Ne ferais pas mieux de regagner la base ? Je crois que pour l’instant on n’en est pas aux ulmotrons.

—  … ne réussirons pas à la monter nous-mêmes. Nous n’avons pas d’Othello. A parler franc, l’idée de monter Shakespeare me paraît absurde. Je ne pense pas que nous soyons capables d’une interprétation nouvelle, et attendre que  …

—  …Vitia, tum’entends bien ? Vitia, une nouvellefantastique !Boullita décodé ce gène.Prends du papier et inscrit. Six  … Onze  … Je dis onze  …

— Arc-en-ciel, Arc-en-ciel, votre attention s’il vous plaît ! A tous les responsables des groupes de prospection. Commencez l’évacuation. Veillez surtout à ce que tous les appareils de transport aériens de classe supérieure à la « méduse » regagnent la Capitale.

—  …un petitcottagebleu, juste sur lerivage.

L’airiciest trèsfrais, lesoleil magnifique.Je n’ai jamais aimé la Capitale et je n’ai jamais compris pourquoi on l’a construite sur l’équateur. Comment ? Mais bien sûr que c’est terriblement étouffant  …

—  … Sawyer ! Sawyer ! Ici Kanéko. Change immédiatement de cap. On a déjà retrouvé les peintres. Va au sud. Cherche le troisième hélicoptère. Le troisième hélicoptère n’est pas rentré  …

— Expérimentateurs, votre attention, s’il vous plaît ! Aujourd’hui à quatorze heures, sera effectué, hors programme, le lancement-zéro d’un homme vers la Terre. Vous demandons d’être à l’Institut pas plus tard qu’à treize heures  …

—  … Je ne comprends rien. Je n’arrive pas à joindre le directeur. Tous les canaux sont pris. Tu ne sais pas ce qui se passe ?

— Adolphe ! Adolphe ! Réponds-moi, je t’en supplie ! Je t’en supplie, reviens immédiatement ! Il y a encore une chance de monter dans le vaisseau ! (La voix commença à disparaître, mais Robert immobilisa le curseur.) Une catastrophe épouvantable ! Je ne sais pas pourquoi on n’annonce rien, mais on m’a dit que l’Arc-en-ciel était condamné ! Reviens immédiatement ! Je veux être avec toi maintenant  …

Robert relâcha le curseur.

—  … comme toujours. Chez Vessélovski. Non, Sinitza lit de nouveaux poèmes. A mon avis, intéressants. Je crois qu’ils devraient te plaire. Non, bien sûr, ce n’est pas un chef-d’œuvre, cependant  …

—  … Mais pourquoi, je comprends parfaitement. Seulement, juge toi-même : le Tariel 2 est un vaisseau de commando. Tu as essayé de voir approximativement combien de personnes il peut prendre ? Non, moi, je reste ici. Véra aussi a décidé de rester. Quelle importance où  …

— Trappeurs ! Trappeurs ! Lieu de rassemblement, la Capitale. Tous à la Capitale ! Prenez les « taupes », on va creuser des abris. Qui sait, on aura peut-être le temps  …

—  … Vous dites le Tariel ? Je connais, bien entendu, c’est Gorbovski. Oui, malheureusement sa capacité de chargement n’est pas grande. Eh bien  … voilà en gros la liste que je propose. Pour les discontinuistes, Pagava ; pour les vaguistes, Aristote, peut-être Malaïev ; pour les barriéristes, j’aurais conseillé Forster  … Qu’est-ce que ça fait qu’il soit vieux ? C’est un grand homme ! Vous, mon cher, vous avez quarante ans, et je vois que vous vous imaginez mal la psychologie d’un vieillard. Il ne lui reste en tout et pour tout que cinq ou dix ans à vivre et même de ça, on le prive  …

— Gaba ! Gaba ! Tu es au courant pour le lancement-zéro ? Comment ? Occupé ? Quel homme étrange  … Je pars pour l’Institut. Mais pourquoi je suis fou ? Mais je le sais tout ça, je le sais. Maintenant justement ! Et si jamais ça marchait ? Bon, adieu.

— De nouveau les physiciens ont fait exploser quelque chose au pôle nord. U faudrait y faire un saut, mais il vient d’arriver je ne sais quel hélicoptère et on est tous invités à la Capitale. Ah ! vous aussi ? Bizarre !.. Bon, on se voit là-bas.

Robert coupa la radio. Le Tariel 2 est un vaisseau de commando  … Débranchant le cyberpilote, il reprit les commandes et poussa le moteur. En bas, il n’y avait plus de blé ; la zone de forêts tropicales commençait. Dans les broussailles jaunes et vertes, on ne pouvait rien distinguer, mais Robert savait que là, dans l’ombre des arbres gigantesques, passaient des routes droites, et que, probablement, sur ces routes filaient déjà vers l’ouest des véhicules chargés de réfugiés. Quelques lourds hélicoptères-cargos se profilèrent au sud-ouest, tout près de l’horizon. Us disparurent de son champ de vision et Robert resta de nouveau seul. Il sortit le radiophone et composa le numéro de Patrick. Patrick mit du temps à répondre. Enfin, sa voix retentit :

— Oui ?

— Patrick, c’est moi, Skliarov. Patrick, quoi de neuf sur la Vague ?

— Toujours la même chose, Rob. La côte Pouchkine est inondée. Aodzora a brûlé. Maintenant, c’est le village des Pêcheurs qui brûle. Quelques « charybdes » en ont réchappé, on est en train de les faire remorquer vers la Capitale. Où est-tu ?

— Ça n’a pas d’importance, dit Robert. A quelle distance de L’Enfance se trouve la Vague ?

— De L’Enfance ? Pourquoi de L’Enfance ? Elle en est loin. Ecoute, Rob, si tu t’en sors, va immédiatement à la Capitale. Nous y serons tous dans une demi-heure. (Soudain, il émit un petit rire.) On a essayé de faire monter Malaïev dans le vaisseau. C’est dommage que tu n’aies pas vu ça. Il a cassé le nez de Hassan. Pagava, lui, s’est planqué quelque part.

— Et toi, on n’a pas essayé de te faire monter à bord ?

— Pourquoi me dire cela, Rob ?

— Bon, pardonne-moi. Donc, la Vague est loin de L’Enfance ?

— Dire qu’elle est très loin  … Une heure ou une heure et demie  …

— Merci, Patrick. Au revoir.

De nouveau, Robert essaya de joindre Tania, cette fois-ci par radiophone. U attendit cinq minutes. Tania ne répondait pas  …

L’Enfance était vide. Le silence pesait sur les chambres de verre, les jardins, les cottages bariolés. Ici, il n’y avait pas ce désordre effroyable que laissèrent à Greenfield les zéroïstes après leur départ. Les sentiers de sable étaient soigneusement balayés, les pupitres dans le parc alignés comme d’habitude, les lits impeccablement faits. Seule, sur le sentier devant le petit cottage de Tania, traînait une poupée oubliée. A côté de la poupée était assis un kaliam apprivoisé, aux yeux immenses et au pelage soyeux. Il reniflait la poupée avec application, lançant sur Robert des regards emplis d’une curiosité bienveillante.

Robert entra chez Tania. Comme toujours, la pièce était propre, claire et fleurait bon. Sur la table il y avait un cahier ouvert ; une grande serviette en éponge pendait sur le dossier de la chaise. Robert la toucha, elle était encore humide.

Robert resta quelque temps près de la table, puis jeta un regard distrait sur le cahier. Il lut à deux reprises son prénom avant que cela atteigne sa conscience. Son prénom était écrit en grosses lettres d’imprimerie.

ROBY ! Nous avons été précipitamment évacués vers la Capitale. Cherche-moi là-bas. Trouve-moi sans faute ! On ne nous a encore rien dit, mais il me semble que quelque chose d’épouvantable se prépare. J’ai besoin de toi, Roby. Trouve-moi. Ta T.