Peut-on enfin rechercher des liens entre Itaquatiara de Inga, la civilisation de Marcahuasi découverte par Daniel Ruzo, et la civilisation Nazca étudiée par Maria Reich ?
Une autre civilisation vient d'être révélée par l'ingénieur péruvien Augusta Cardich en haute altitude près du lac Lauricocha, dans les Andes. Elle daterait de treize mille ans au moins.
S'il y eut de puissantes civilisations en Amérique du Sud, si elles ont pris contact avec le monde extérieur par des visites en provenance du Proche-Orient, le secret de l'Amérique du Sud est peut-être le plus extraordinaire de tous ceux qui sont évoqués dans le présent ouvrage.
D'importants résidus de technique de civilisations persistaient un siècle après la découverte de l'Amérique, et elles étaient à ce point objet de curiosité que Benvenuto Cellini se rendit au Mexique pour tenter d'apprendre par quels moyens les artistes des Andes réalisaient des poissons d'argent aux écailles d'or. L'information lui fut sans doute refusée, puisqu'il revint en Italie bredouille…
Au Pérou, on retrouve des objets en métal datant au moins de 500 avant J.-C., ainsi que des techniques décoratives utilisant des poudres de pierre précieuse et le cinabre.
Vers l'époque du Christ, les colombiens utilisaient déjà la fonte. En Équateur, on usinait vers l'époque le platine et le Danois Paul Bergsoe a prouvé que les Équatoriens connaissaient la métallurgie des poudres.
Dès l'an 1000 avant J.-C. les artisans de Colombie, de Panama et de Costa Rica pratiquaient le moulage à la cire perdue. On a mis récemment au jour dans une grotte du Honduras de très belles têtes d'oiseaux moulées ainsi. Au Panama, on a trouvé de très beaux reptiles d'or. La soudure était courante et du fil métallique était fabriqué par extrusion. L'origine de ces techniques parait provenir des Andes. Mais ceci ne fait que reculer le problème dans le passé. Même si les Phéniciens sont arrivés au Brésil, ils n'ont pu enseigner des pratiques qu'ils ignoraient chez eux.
En Argentine du Nord-Ouest, à Cobres, on a exhumé une installation destinée à extraire et traiter du minerai de cuivre qui frappe par son modernisme. On fabriquait là également des objets, et l'on a, notamment, déterré un ornement fait de figures d'animaux et d'oiseaux assemblées dans un esprit semblable à celui d'Archimboldo.
Enfin, il convient de remarquer que l'Uræus, symbole de pouvoir des pharaons égyptiens, se retrouve chez les Indiens Kampas des Andes et de noter à ce propos que, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, des linguistes, dont on s'aperçoit aujourd'hui que les travaux furent sous-estimés par le XIXe siècle, affirmaient que l'égyptien était la langue originelle.
Considérons maintenant les liaisons de l'Amérique du Sud, côté Pacifique. Il est aujourd'hui établi que les Japonais ont débarqué à Valdivia, dans l'Équateur, il y a environ quatre mille ans.
S'il existait, dans ces millénaires, comme tout porte à le croire, des civilisations capables de techniques élaborées et de raffinement esthétique et intellectuel, elles-mêmes étant des formes dispersées et résiduelles de hautes civilisations beaucoup plus anciennes dont témoignent des ruines énigmatiques comme celles de Tiahuanaco, elles ont dû être informées à plusieurs reprises de l'existence d'un monde par-delà le grand océan et intégrer de quelque manière cette information. Sans doute, comme le dit le professeur Marcel F. Hornet : « Un fait incontestable apparaît : dans le passé de l'Amérique du Sud, a fleuri une civilisation merveilleuse dont nous ne savons rien. »
Dont nous saurons peut-être un jour quelque chose car l'aventure n'est pas morte dans le monde et les terres mystérieuses demeurent plus nombreuses qu'on ne le croit. Le désabusement n'est pas un produit de la culture, mais au contraire de l'ignorance. Celui qui veut et aime savoir découvre que chacun de ses pas se pose à la surface de mines profondes où dorment les pouvoirs et les connaissances de mondes engloutis. Tout est encore secret gardé, de l'Irlande du Numinor celtique à l'Australie étrangement muette, de Lascaux à l'île de Pâques, du Gobi à l'Amazonie.
Des chercheurs n'ont cessé de prétendre qu'une civilisation inconnue, héritière du fabuleux passé, existe encore dans les jungles inexplorées de l'Amazonie, et plus exactement dans la région limitée par le rio Xingu, le rio Tapajôs et l'Amazone. La « cité Z » de ce vieux rêve romantique persistant se trouverait par 19°30' latitude sud et 12°30' longitude ouest. Dans les étranges carnets du colonel Fawcett, qui disparut en 1925 dans ces régions sans laisser de trace, on lit : « La réponse à l'origine des Indiens d'Amérique et à celle du monde préhistorique, sera résolue lorsque les anciennes cités de la civilisation solaire auront été retrouvées et ouvertes à la recherche scientifique. Car je sais que ces cités existent. » Des Indiens, en effet, avaient parlé à Fawcett d'une cité encore vivante, habitée, éclairée la nuit. Mais la terra prohibida n'a jamais été pénétrée.
Alpheus Hyatt Verrill fut, avec le colonel Fawcett, une prodigieuse figure d'explorateur romantique. Il est mort à quatre-vingt-treize ans, en 1964, après avoir écrit une centaine d'ouvrages sur l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. Il ne tenta jamais de forcer la terra prohibida, persuadé qu'il en mourrait, mais il fut admis à consulter, dit-il, les archives secrètes du duc de Medinacelli, dans lesquelles se trouvent, dit-il, les cartes utilisées par Colomb et qui donnent, non seulement le contour des deux Amériques, mais le détail de l'intérieur. Verrill n'a cessé d'affirmer, et sa veuve après lui, que des civilisations extrêmement avancées ont existé en Amérique du Sud, et que des résidus considérables sont encore vivants. Comme la plupart des prédictions de Verrill, notamment sur des inscriptions phéniciennes et sur des méthodes chimiques employées par les anciens Péruviens pour l'usinage du granit, se sont vérifiées, on se doit de considérer avec un certain respect son affirmation la plus entêtée.
Nous ajouterons, en mémoire du colonel Fawcett et de Verrill, deux informations qui n'ont pas une valeur déterminante, mais qui furent recueillies par nous au cours de ces dernières années. La première nous fut fournie par M. Miguel Cahen, l'un des directeurs de la Société Magnesita S.A. qui, au Brésil, s'intéresse aux minerais industriels et particulièrement aux dérivés du magnésium utilisés en métallurgie. L'un des prospecteurs de cette société trouva, en lisière de la terra prohibida, un cristal singulier que M. Miguel Cahen fit parvenir à Jacques Bergier. Ce cristal se révélait à l'examen être du carbonate de magnésium d'une extraordinaire transparence, avec des propriétés très curieuses dans le spectre infrarouge et polarisant ces radiations. Aucun cristal de ce type n'est décrit en minéralogie. Bergier envoya ce cristal à l'Office national de Recherches aéronautiques français. Les spécialistes de cet office déclarèrent que ce cristal ne pouvait être que d'origine artificielle. Les choses en restèrent là, la Magnesita S.A. ne disposant pas d'autres échantillons.
La deuxième information nous parvint par le truchement d'une journaliste brésilienne, Cecilia Pajak, du journal O Globo. Selon Cecilia Pajak, il fut question, aux environs de 1958, d'extrader un certain nombre de criminels de guerre allemands réfugiés au Brésil. Certains se réfugièrent alors dans la terra prohibida. De coutume, ceux qui franchissent cette zone disparaissent à tout jamais. Il y eut exception dans le cas de ces nazis. Depuis 1964, leurs familles résidant au Brésil reçoivent des lettres postées de l'intérieur. Ces lettres affirment que ces hommes sont prisonniers, mais bien traités. Ils ne sont pas autorisés à dire de qui ils sont prisonniers… Sont-ils les otages de quelque cité secrète des anciens âges, dont parlait avec foi le colonel Fawcett ?