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Le premier flic referma la valise d’Heller, prit celle de Mary et l’ouvrit.

— Gagné ! Je le savais ! Une trousse complète ! (Il montra sa prise à son collègue et au garde à cheval.) Même s’il n’y a pas un gramme de came, c’est une infraction ! Je savais que je les aurais !

Je priais. Heller, reste où tu es ! Bien tranquille ! Ne tente rien.

Mary avait eu de nouveaux spasmes à vide. Elle voulut arrêter le flic.

— C’est ma trousse ! Je suis docteur ! Mon diplôme est dans mon sac !

Il ne prit même pas la peine de la repousser et elle s’affaissa à demi hors de la Cadillac.

Le flic chercha dans son sac et ne tarda pas à trouver ses papiers.

— Elle a raison, dit-il, d’un air écœuré. Ah (bip) ! Rien à faire !

L’autre flic, de son arme, fit signe à Heller.

— Tu peux te lever, petit. Tu es libre.

Sous l’effet du soulagement, je m’effondrai. Je savais maintenant ce que les prisonniers éprouvaient quand on leur disait qu’ils pouvaient partir.

Heller se remit debout. Puis il alla aider Mary à se réinstaller sur le siège.

A cet instant, il vit une grosse voiture verte s’arrêter à leur hauteur.

— Oh (bip) ! fit le premier flic. Voilà le FBI !

Deux types à l’air dur descendirent. Ils portaient de grands manteaux et étaient coiffés d’un chapeau de gangster.

D’un seul et même geste, ils brandirent leur insigne.

Le premier avait un visage bouffi et la lèvre molle.

— Agent Spécial Cretinsky du Bureau Fédéral, dit-il.

— Agent Spécial Cassglutch, du Bureau Fédéral, fit l’autre en écho.

Il était du genre sombre brute. Énorme.

Cretinsky s’approcha des deux flics et du garde.

— Ceci est une affaire fédérale. Elle n’est pas de votre ressort ! Dégagez !

Cassglutch fit le tour de la voiture et lut la plaque.

— Oui, c’est bien elle. La plaque a un trou !

Cretinsky sortit un Colt. 457 Magnum qui ressemblait à un canon et le brandit sous le nez d’Heller.

— Lève-toi, gamin. Face à la voiture. Pose les mains sur le toit, les jambes écartées. Oui, comme ça.

Heller s’exécuta. Un seul projectile l’aurait réduit en bouillie !

Le premier flic du district de Columbia intervint :

— Mais il faisait du stop, c’est tout ! La bagnole est à la fille.

— Et elle est bourrée de came, dit Cassglutch.

— Non, dit le collègue du premier flic. Y a rien. Rien que des caméras et du matériel de pêche. J’ai même pas trouvé de came dans les bonbons.

— Tu te gourres complètement, mon pote, fit Cretinsky. C’est pour ça qu’on est toujours là pour vous donner un coup de main. Si on n’était pas là, vous passeriez votre journée à vous (biper).

— Les mecs de Virginie nous ont rencardés sur ces deux zigs, fit Cassglutch.

Je me dis : Gris, maintenant, il est trop tard pour faire ton testament ! Ils vont liquider Heller si vite que tu n’en auras pas le temps !

Cretinsky braquait son arme sur Heller.

— Comment tu t’appelles, gamin ? demanda-t-il.

Mary sursauta.

— Ne leur parle pas, petit ! cria-t-elle.

Heller ne répondit pas à la question de Cretinsky.

L’autre insista.

— Petit, est-ce que tu as conscience que tu te mets en infraction en ne déclinant pas ton identité à un officier fédéral ?

Heller demeura silencieux.

Cretinsky adressa alors un signe à son comparse. Cassglutch sortit son Magnum et le braqua sur Heller. Pendant ce temps, Cretinsky le fouillait.

J’étais sûr de ce qui allait se passer maintenant. Et il était trop tard pour faire une autre prière.

Cretinsky trouva les papiers dans la veste d’Heller et les lut.

Brusquement, il recula, s’éloignant d’Heller et des autres flics. Il fit un geste frénétique à son collègue Cassglutch qui vint vers lui sans cesser de tenir Heller en respect.

Je montai nerveusement le niveau du son, encore une fois. J’entendais maintenant le vent dans les arbres. Et des chants d’oiseaux. Et la sirène d’une ambulance dans le lointain. Elle se rapprochait.

Mais je n’arrivais pas à saisir ce que marmonnaient Cretinsky et Cassglutch en examinant les papiers d’Heller. Ils conversaient en bougeant les lèvres comme les criminels, prisonniers, de façon qu’on ne puisse rien comprendre.

L’ambulance arriva.

HOPITAL DE GEORGETOWN

Les infirmiers débarquèrent avec leur civière dans un froissement de blouses blanches. Ils ouvrirent la portière opposée de la Cadillac, jetèrent un coup d’œil à Mary et la prirent entre leurs bras. Elle était dans un état tel qu’elle ne leur opposa pas la moindre résistance. Elle parvint seulement à murmurer :

— Adieu, petit.

Heller, en dépit des ordres des agents du FBI, se précipita vers eux et hurla :

— NON ! Ne la tuez pas !

L’un des infirmiers, qui était occupé à tenter d’installer Mary sur la civière, leva la tête.

— La tuer ? Ça va pas, fiston ? Elle a besoin de soins. On va bien s’occuper d’elle.

— Vous promettez de ne pas la tuer ? insista Heller.

— Mais oui, petit.

Mary était à présent étendue sur la civière. Cretinsky se pencha vers l’infirmier pour lui murmurer quelque chose à l’oreille tout en montrant sa plaque. L’infirmier haussa les épaules.

Heller se tourna vers Cassglutch.

— Est-ce que je peux mettre sa valise dans l’ambulance ?

Cassglutch bougea à peine son arme. Heller prit le sac à main et la valise de Mary et les déposa dans l’ambulance qui démarra presque aussitôt. Il la suivit du regard.

Cretinsky revint. Il montra la voiture verte.

— Monte là-dedans, petit.

Heller parut ne pas l’avoir entendu. Il alla refermer ses valises, les remit dans le coffre de la Cadillac, et garda la clé. Cretinsky le força alors à monter dans la voiture fédérale.

Cassglutch, lui, s’installa au volant de la Cadillac et démarra.

— Non ! C’est notre voiture ! cria Heller.

— Faut pas t’en faire, fit Cretinsky. Il va juste la conduire au garage du FBI.

Les flics du district et le garde du parc marmonnaient en secouant la tête.

Tout comme moi !

Cretinsky démarra et la voiture fédérale s’élança sur l’avenue.

Jettero Heller était dans la gueule du FBI à présent. Et le pire, ce qui était typique, c’est qu’ils ne réalisaient même pas qu’ils tenaient le destin de ce monde entre leurs dents féroces ! Sales (bips) !

3

Ils descendirent devant l’immeuble du FBI, dans Pennsylvania Avenue, et quelqu’un se chargea de conduire la voiture au garage.

— N’essaie pas de t’enfuir, gamin, dit Cretinsky. Tu risquerais de te faire tirer dessus.

Mais Heller n’essayait pas de fuir. Il contemplait l’immense façade de marbre vert-de-gris en déchiffrant les gigantesques lettres dorées :

J. EDGAR HOOVER

Elles mesuraient plusieurs mètres de haut et elles étaient si larges qu’il dut se tordre le cou pour tout lire.

— On rend visite à J. Edgar Hoover ? demanda-t-il.

— N’essaie pas de jouer au (bip).

— Je vous jure que je n’ai jamais entendu parler de lui.

Ça fit un sacré choc à Cretinsky.

— Bon sang ! On dirait qu’ils n’apprennent plus l’histoire à l’école, ma parole !