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Suivant un procédé assez barbare qu'on a longtemps employé, quand on avait découvert une maison nouvelle à Pompéi, on la remplissait de

Fig. 676. — Plan de la maison des Néféides.

terre, pour avoir le plaisir de la découvrir de nouveau en présence d'un auguste personnage voyageant en Italie, et on donnait alors à la maison le nom de ce personnage. C'est ce qui est arrivé pour la maison dite de l'empereur Joseph II (fig. 677).

Cette maison a été recouverte par les remblais aussitôt après la visite de l'auguste personnage en 1767. On a eu pourtant le temps d'en dessiner un plan qui n'a pas été suffisamment étudié et qui présente à cause de cela quelques obscurités. Nous le reproduisons néanmoins, ir. 60

L'HABITATION.

parce que cettejiiaison offre d'assez notables différences avec celles que nous avons vues jusqu'à présent. L'entrée (au bas du plan) nous mène à l'atrium dunt la disposition n'offre rien de particulier. Mais au lieu de rencontrer ensuite le péristyle, on s'est trouvé en face de deux terrasses

Fig. 6~7. — Maison de Joseph U.

en retraite l'une sur l'autre et contenant toutes deux de vastes appartements à demi souterrains. On suppose que le plus élevé contenait un appartement d'été, pour lequel on avait ainsi ménagé la fraîcheur, tandis que l'autre était consacré à des bains. On a en effet reconnu l'hy-pocauste au bas d'un escalier, ainsi que des baignoires dans des salles éclairées par des soupiraux. v. ,. . ... ;•

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LES MAISONS DE CAMPAGNE Les Jat.dins. — Les Villas. — Les Volières.

^Les jakdins. — En Grèce, les temples étaient entourés de bois sacrés dans lesquels les arbres n'étaient jamais taillés et qui devaient présenter un peu l'aspect d'un coin de forêt. Ces arbres, livrés à eux-mêmes, devaient contraster par la liberté de leurs allures avec la rigueur inflexible des lignes architectoniques. Les jardins de TAcadémie et ceux dans lesquels se promenaient les philosophes paraissent avoir consisté surtout en grandes avenues bien ombragées, mais on ignore si elles étaient accompagnées de bosquets de feuillages ou de parterre? de fleurs.

« Le sol des petits Éiats de la Grèce, dit Quati'cmère de Quincy, toujours trop étroit pour leur population, les mœurs républicaines et d'autres causes encore, donnent à penser que l'on ne vil pas dans ce pays le luxe des jardins, surtout quant à l'étendue, poussé au degré où il fut à Rome. Les gymnases, où l'on se réunissait, avaient des xystes ou plantations d'arbres que les exercices et le climat rendaient nécessaires. Une partie du gymnase de Sparte portait le nom de « plataniste », parce qu'elle était entièrement plantée de platanes. 11 faut encore mettre au nombre^ des jardins d'agrément ces espaces plantés d'arbres, ou ce qu'on appelait bois sacrés dans les enceintes des temples. »

On connaît assez bien la disposition des jardins romains, qui étaient souvent fort étendus. Un jardin ou parc romain comprend plusieurs parties essentielles. — 1° Une allée de ceinture qui faisait le tour de l'enceinte. Elle formait une vaste avenue qui, étant toujours entourée d'endroits ombragés, dissimulait les limites de la propriété. C'est dans ces avenues qu'on se faisait promener en litière. —2° L'hippodrome, endroit spécialement destiné aux promenades à cheval et aux exercices équestres. — 3» Le jardin proprement dit ou xyste ; il est divisé en plates-bandes chargées de fleurs et d'arbustes taillés d'une façon souvent bizarre, qui atteste l'habileté des jardiniers plus que leur bon goût. Outre ces trois parties distinctes, le jardin d'une villa romaine

un peu étendue comprend des espaces coupés par des ruisseaux, des pièces d'eau et des viviers; des buissons et des futaies alternent avec les prairies et partout on s'efforce de ménager de belles échappées. Il y avait en outre de petites chapelles, des fontaines, des grottes, des vases, des statues et une multitude d'œuvres d'art placées çà et là aux endroits convenables.

La grande importance que les Romains donnèrent à leurs jardins date de LucuUus. Jules César en avait de très-beaux qu'il légua au peuple par son testament.

Ce qui domine dans un jardin romain, c'est le caractère absolument artificiel do sa décoration. Les allées étaient bordées de buis et de romarin grisâtre que taillaient avec grand soin les tondeurs d'arbrisseaux; on figurait avec le buis mille dessins, produisant des lettres entrelacées, des ornements ou même des objets réels. iSos jardins français du xvur siècle, avec leurs buis taillés et leurs ifs, ne sont qu'un souvenir lointain et affaibli des jardins romains. Cette espèce de sculpture en buisson, qui plaisait singulièrement aux Romains, a eu pour inventeur un chevalier nommé Gains Matins, qui était un ami d'Auguste. Outre cela, on voyait partout des kiosques, des petits pavillons, des berceaux, des treillages, des charmilles, des vases, des jeis d'eau ; les figures 678 et 679, qui représentent un jardin d'après des peintures de Pompéi, nous montrent à peu près la physionomie que devaient présenter ces jardins. On peut aussi constater dans ces deux représentations de jardins l'habitude où on était de laisser des oiseaux de prix errer librement sur les pelouses.

Pline le Jeune est l'écrivain qui a donné le plus de renseignements sur les villas et les jardins. Dans une lettre à Apollinaire, il donne la description d'un parterre :

« En avant du portique est un parterre entrecoupé de plusieurs allées et bordures de buis; il se termine par un talus en pente douce, où sont représentées et taillées en buis différentes figures d'animaux opposées les unes aux autres. Entre ces compartiments régnent et serpentent des plans d'acanthe. Autour est une allée bordée d'une haie de verdure diversement taillée. De là, on passe à la promenade couverte faite en forme de cirque, dont le milieu est occupé par des buis et des arbustes taillés et façonnés en cent figures différentes ; le tout est enclos de murs, revêtus par étages et par intervalles d'une palissade de buis. Il faut voir ensuite le tapis vert, aussi beau par la nature que le reste l'est par lart, les champs, les vergers et les campagnes adjacentes. » (Pline à Apollinaire.)

LES MAISONS DE CAMPAGNE.

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L'HABITATION.

En dehors des parterres et des jardins à fleurs, les Romains opulents avaient un parc destinéaux promenades équestres; ce lieu, qu'on appelait riiippodrome, avait la forme d'un parallélogramme, dont un bout était coupé à angle droit, tandis que l'autre extrémité se terminait en hémicycle. Pline le Jeune, dans sa lettre à Apollinaire, décrit ainsi l'hippodrome de sa villa : « C'est en face de cette charmante façade que se présente et se développe au loin l'hippodrome. Il est ouvert par le milieu ; en y entrant, l'œil en découvre du premier coup toute l'étendue. Son enceinte est formée de platanes dont les troncs, revêtus de lierre, étalent une verdure empruntée qui se marie avec celle que l'arbre fournit à ses rameaux_ les' plus élevés. Du tronc, le lierre s'étend encore et

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Fig. 6S0. — Jardin. (D'après une peinture de Pompéi.)

monte le long des branches ; il passe d'un arbre à l'autre et semble les lier tous par le haut, tandis que dans le bas, le buis qui les environne l'est aussi lui-même par des lauriers qui mêlent leur ombre à celle des platanes.