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L'anse est la partie avec laquelle on prend la lampe ; sa forme était très-variée. Quelquefois c'est une languette qui se contourne pour y laisser la place du doigt comme dans nos bougeoirs, ou bien c'est une palmette, un triangle, un croissant, une coquille. D'autres fois l'anse de la lampe se recouvre et se termine par une figure humaine ou par un animal dont on voit l'ensemble [ou seulement la tête. Ce mode de décor s'applique surtout aux lampes de bronze.

CHAUFFAGt: ET ECLAIRAGE.

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Quoique le manche soit ordinairement placé sur le côté de la lampe on en trouve un assez gi'and nombre où il part du milieu do la cuve, comme on le voit dans la figure 707, qui est une lampe très-commune et ayant probablement servi pour un artisan modeste. Mais on trouve aussi des lampes ayant la poignée au milieu et qui indiquent un propriétaire plus riche, par exemple la figure 708; celle-ci, à en juger par le nombre de ses mèches, devait consommer beaucoup d'huile et donner une clarté très-vive. On peut présumer, d'après sa disposition, qu'elle n'était pas posée habituellement sur un trépied, mais plutôt suspendue à la manière de nos lustres.

Fig, 711. — Laaipe en forme d'oiseau.

Pour empêcher l'huile de devenir bourbeuse parle mélange de la poussière qui se serait introduite dans la lampe, on mettait un couvercle au-dessus de l'ouverture placée au milieu (fig. 709). Ces couvercles se retrouvent rarement sur les lampes de terre, soit parce qu'on les employait moins fréquemment, soit parce qu'ils ont été détruits, mais ils devaient se rapprocher beaucoup de ceux des lampes de bronze dont les collections renferment plusieurs échantillons. Ce couvercle a quelquefois une forme convexe et est surmonté d'une sorte d'anneau qui permettait de le saisir facilement. Souvent aussi il ressemble à une petite urne ou bien à ces petits vases destinés à verser l'huile goutte à goutte. Le couvercle se relie quelquefois à la lampe au moyen d'une charnière, mais habituellement il tient à une chaînette qui va s'accrocher au manche (Gg. 710). On a dit que le couvercle des lampes servait en même temps d'éteignoir.

Les Romains, toutefois, devaient rarement l'employer à cet usage, car c'était une coutume cliez eux de ne pas éteindre les lampes, mais de les laisser mourir en paix, à cause du respect qu'on doit au feu.

Fig. 112. — Lampe en forme de grenouille.

Les potiers affectaient quelquefois de donner à leurs lampes les formes les plus bizarres. Il y en a un assez grand nombre qui représentent des animaux, tels que des chevaux, des chiens, des cerfs, des oiseaux, des reptiles (fig. 711 et 712), des poissons, etc. Ces lampes sont généra-

Fig. TIS. — Lampe en forme de pied humain.

lement classées dans nos collections en même temps que les rhylons et autres vases de forme singulière.

Nous avons signalé déjà, à propos des chaussures romaines, une lampe qui prend la forme d'un soulier de soldat pourvu de ses gros clous. La figure 713 montre une lampe de bronze dont la forme est

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celle d'un pied humain chaussé de la sandale. Nous rappelons aussi les deux curieuses têtes de nègres que nous avons fait reproduire dans le premier volume de ce travail (fis. 123 et 126).

I-.-iiupe à lii

Les lampes destinées à être suspendues étaient pourvues d'un ou de plusieurs anneaux dans lesquels on passait une petite chaînette

Fijj. 715. — Lampe suspendue.

comme on le voit sur la figure 714. Cette lampe de bronze offre d'ailleurs, dans sa décoration, une particularité qui mérite d'être si-

L'HABITATION.

gnalée, c'est le petit rat qui est placé sur le bord. H est sans doute là pour exprimer l'avidité de ces buveurs d'huile, dont Minerve refusa d'embrasser la cause pendant .la guerre des rats et des grenouilles, « parce que, dit la déesse, ils me font de grands dégâts, qu'ils mangent mes couronnes et rongent mes lampes pour en avoir l'huile ».

On trouvera un système de suspension plus complet sur la lampe représentée figure 715, c'est-à-dire que les chaînettes la retiennent au moyen de plusieurs anneaux dont le plus gros est placé au centre sur une espèce de tige.

Fig. "71(5. — Lampe à becs.

Les lampes que nous venons d'examiner sont en bronze, mais on faisait aussi des lampes suspendues en terre cuite. La figure 716 en offre un exemple extrêmement curieux : c'est une lampe pourvue de neuf becs, en sorte que lorsqu'ils étaient tous allumés, la clarté qui s'en dégageait devait être équivalente à celle des lustres qu'on voit dans les salons modernes.

Les anciens n'avaient pas comme nous des tables pour écrire, des bureaux ou des pupitres. Pour étudier, ils tenaient à la main le volume qu'ils voulaient lire ou bien posaient sur leurs genoux la tablette sur laquelle ils écrivaient. Il fallait donc nécessairement des

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supports pour les lampes qui les éclairaient. Ces supports sont des trépieds dont la forme est celle d'un disque sur lequel est posée la lampe.

Fig. "717. — Lampe à tête de clieval.

et qui porte lui-même sur des pattes d'animaux. L"art a beaucoup varié l'ornementation des trépieds, mais la forme générale se rattache toujours à deux ou trois types principaux.

Fig. 718. — Lampe sur son pied.

Fig, 719. — Support do lampe.

Remarquons en passant que la lampe représentée sur la figure 717 est d'une forme qui, au premier abord, semble extrêmement singulière.

L'IIABIXATIO.N.

Elle était pourtant assez répandue; seulement, au lieu de la tête de cheval que Ton voit ici, les lampes de bronze présentent souvent la

Fig. "20. — Lampo romaïue. (Louvre. j

tête d'un autre animal, d'un chien ou d'un oiseau par exemple. Le support représenté sur la figure 719 difleresensiblement des deux

Fio'. ":;l. — i^aoïpe à manche phaut.

que nous avons vus précédemment. On y retrouve, il est vrai, les trois pattes d'animaux pour former la base, mais le trépied va en s"amincis-

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sant jusqu'au moment où il rencontre le disque sur lequel doit être posée la lampe.

La figure 720 montre une lampe qui n'a pas besoin de support, puisqu'elle est adaptée à une tige qui en tient lieu. Cette tige est courte, mais il y a des lampes antiques où la tige est au contraire fort élevée.

Une lampe d'une espèce particulière nous apparaît sur la figure 721. Elle est pourvue d'un long manche susceptible de se plier par le milieu.

Les lanternes. — On ne peut fixer aucune date précise à l'origine

des lanternes, mais il est probable

qu'on a dû songer de bonne heure à

se procurer un instrument portatif capable de contenir une lampe et de la

mettre à l'abri du vent. Il fallait surtout le rendre transparent de manière

à profiter de la lumière sans qu'elle

courût le risque de s'éteindre. Il fallait

aussi que celui qui le portait ne fût

point incommodé par le contact de la

flamme. C'est ce qui a fait dire au poète

comique Alexis de Thurium, cité par

Athénée : « Celui qui le premier imagina

de prendre une lanterne pour se promener la nuit fut à coup sûr quelque grand ami des doigts. »

Les lanternes fabriquées à Carthage avaient de la réputation dans l'anti-([uité. Plaute voulant dépeindre la maigreur d'un agneau dit qu'il est transparent comme une lanterne punique. Pollux cite un passage d'une comédie perdue d'Aristophane, où la lanterne est appelée un vêtement transparent; Empédocle, dans un passage cité par Aristote, compare la lanterne à un œil humain, et Hippocrate parle également de cet instrument qui était d'un usage fréquent à Athènes.