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On a retrouvé à Herculanum une lanterne qui peut nous donner exactement l'idée de ce qu'était ce genre d'ustensile dans l'antiquité -, "• 65

Fig. T22. — Lantcroe portative. (Trouvée à Herculanum.)

L'HABITATION.

nous la reproduisons dans la figure 722. Sa forme est cylindrique ; elle est en cuivre jaune et pose sur un fond soutenu par trois pieds en forme de boule. Pour la porter fermée, la main devait embrasser les deux branches d'où partent les chaînes et qui servent de poignée. Quand on voulait l'ouvrir, on élevait la branche supérieure qui fdisait monter le couvercle. Elle devait être entourée par une enveloppe transparente, comme le désignent les deux bandes de métal des côtés et la bande circulaire qui règne sur le fond. On employait généralement pour cela une toile frottée d'huile ou de la corne travaillée de manière à devenir très-mince.

Fig. l'^'J. — Veilleuse. (Coupe.)

Flg. -724.

Veilleuse.

On se"servait pour la nuit, dans les chambres à coucher, d'une espèce de lampe qui répond assez bien à nos veilleuses. On en a trouvé à Hcrculanum un spécimen extrêmement curieux. Cette lampe, qui est en bronze, présente la forme d'uneurnereposant sur un petit piédestal; on la pla(;ait sur un plateau pour des raisons de propreté faciles à comprendre. A l'intérieur (fig. 723) est une tige qui "servait à élever la mèche à la surface. La veilleuse est pourvue d'un couvercle (fig. l'ik) à charnière, percé de trous pour donner de l'air et laisser passer la lumière. La mèche pouvait ainsi brûler sans que sa flamme vînt en aucune façon gêner les yeux du dormeur. Sur le côté, on voit une petite anse. Une particularité à signaler : c'est que l'intérieur de la veilleuse contient du plomb dans sa partie inférieure, c'est ce que dans la coupe le dessinateur a indiqué par une teinte. De cette manière, le vase avait une assiette solide malgré l'exiguïté de sa base.

CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.

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Les candélabres. — Le traii qui distingue particulièrement le candélabre est la canne ou le roseau qui servait à porter la pomme de

Fig. -i'J. Candélabres rustiques.

L'HABITATION.

pin ou la torche allumée ; le roseau a été couronné 'd'un disque, d'un calice ou d'un chapiteau. Il était primitivement posé sur un trépied,

Fi". -28.

Fig. lag.

Candélabres à tige cannelée.

Fig. -30.

CHAUFFAGE ET ECLAIRAGE.

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aussi la base du candélabre est presque toujours formée avec les pattes ou les griffes des animaux. La forme primitive s'est perpétuée dans une série de candélabres qui appartiennent au style rustique, et, malgré le luxe de décoration qui distingue quelques-uns de ceux qui sont parvenus jusqu'à nous, c'est probablement là qu'il faut chercher le type primitif du candélabre. Toutefois, la plupart des candélabres qui imitent la forme d'un tronc d'arbre ou d'une tige de roseau n'appartiennent pas à une époque archaïque, mais ils ont été fabriqués dans un temps

Fig. 731.

Candélabres.

OLi l'on imitait volontiers les choses plus anciennes. Le disque qu'on voit en haut de la tige était destiné à porter la lampe (fig. 725 à 727).

Le candélabre ne se contenta pas d'imiter la tige d'un roseau, il prit aussi la forme d'une colonne svelte et allongée (fig. 728 à 730) pourvue d'une base et d'un chapiteau, et cannelée la plupart du temps. Les chandeliers dont nous nous servons ne sont, le plus souvent, que des répétitions de ce type.

La forme que nous venons de voir est encore aujourd'hui employée journellement, et il n'est pas de boutiques d'objets en bronze où l'on ne puisse trouver des candélabres exécutés d'après des modèles identiques. On peut également retrouver le type primitif de nos chandeliers de ménage dans les modèles que représentent les figures 731 et 732, et la base triangulaire des candélabres que montrent les figures 733 et

L'HABITATION.

73Z| est le modèle d'un type fréquemment employé dans nos églises. Un curieux candélabre du musée de ISaples s'élève d'une base formée de trois pieds-de-bœuf ornés d'un masque de lion. Cette basejest recouverte d'un disque au milieu duquel est planté un pilastre ou plutôt un hermès ; le pilnstre. le disque et la base forment trois pièces sé-

CandtJlabrcs à base triangulaire.

parées, et en outre ce dernier membre se compose de trois parties mobiles, jointes entre elles par des viroles, de manière à former une grande charnière dont la fiche cylindrique est fixée au milieu du fût. Quand cette extrémité est engagée dans tous les anneaux de la base et attachée par la petite cheville que l'on voit suspendue à une chaînette, les trois pieds-de-bœuf sont fixés et forment entre eux trois angles égaux. Le chapiteau du pilastie est orné d'un petit Mercure ; l'intérieur du pilastre est traversé par une tige supportant un vase (fig. 735). La figure 736 montre un candélabre roulant d'un caractère fort sin-

CHAUFFAGE ET ÉCLAIRAGE.

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gulier ; il est aussi de falMicalioii étrusque, mais on se figure difficilement quel emploi on pouvait tirer de ses roulettes, car l'on se servait pour les besoins du service de lampes qui étaient pourvues d'un manche et facilement Iransportables, mais les candélabres étaient généralement destinés à rester en place et non à se mouvoir.

Le vieux Silène, le père nourricier de Bacchus, apparaît comme porte-lumière sur des lampes d'Herculanum. Pour tout vêtement, il porte des bottines à gros talons et un court manteau jeté sur les épaules; il semble vouloir exécuter quelque danse bachique pour amuser les Ménades avec son ventre proéminent et sa chair velue. Le perroquet qui paraît sur sa tête n'est pas sans rapport avec l'expression comique du personnage. 11 est perché entre deux branches qui se terminent chacune par un plateau destiné à supporter les lampes. La ligure pose sur une base carrée à trois degrés qui a pour support des griffes de lion montées chacune sur de petits socles ronds (fig. 737).

Quand on a bien chaud, il faut boire pour se rafraîchir; c'est dans ce rôle que Silène apparaît dans une autre lampe de bronze d'un goût exquis. Il est assis maintenant au pied d'un arbre, ou'plutôt d'une plante liliacée, divisée aussi en deux branches dont chacune supporte un disque plat (jui représente la fleur, et s'efforce de verser le vin d'une outre qu'il tient" de la main gauche dans une outre qu'il tient dans la droite (fig. 738).

Quelquefois la tige se bifurque en plusieurs branches portant chacune un disque, ou bien elle porte seule le disque, mais après avoir montré ses rameaux et s'être elle-même contournée comme le montre la figure 739. Mais la lampe était souvent suspendue : dans les fêtes champêtres on accrochait des lumières aux branches des arbres, et l'art a

FIg. ISÔ. Candélabre à tige montante.

L'H ABITATIO.N.

reproduit ce motif clans des lampadaires dont la figure 740 nous offre

un exemple.

Enfin, le caprice de l'artiste veut quelquefois rendre l'image rustique, non seulement dans la lige, mais dans la lampe elle-même. Un lampadaire, dont la forme est empruntée aux plantes bulbeuses dont la" tige se contourne, porte deux lampes imitant des limaçons dont l'un sort la tête de sa coquille. L'antiquité a eu parfois dans ses productions artistiques un goût champêtre un peu maniéré qui fait penser au style qui a prévalu à la fin de notre xvhi° siècle français, 'quand, sous l'influence de Jcan-]acques Rousseau, tout le monde parlait de la vertu des laboureurs, et que Marie-Antoinette, habillée en laitière, allait dans son hameau du Trianon ou-