— Lampe roulante.
blier la splendeur de ses appartements.
Fig. '73*7. — Silène debout. (Porte-lumière.)
Parmi les lampadaires de bronze découverts à Pompéi, un des plus
remarquables est celui que nous donnons figure IkU et qui est décoré d'insignes bachiques. La plinthe rectang.'lairo sur laquelle il repose offre par devant une échancrure arrondie. Sur la droite est un petit autel chargé de bois déjà en partie enflammé, et à gauche un petit génie bachique entièrement nu et monté sur une panthère ; il se dispose à boire dans un rhylon qu'il tient à la main. La surface de la plinthe est bordée
Fig. 738. — Silène. (Porte-lumière.)
d'une damasquinure représentant une vigne dont les feuilles sont d'argent, le tronc et les grappes de cuivre rouge.
Les anciens ont épuisé à l'égard des lampes presque toutes les combinaisons de forme que leur usage peut fournir. Nos collections publiques ou privées en renferment une variété infinie, et les recueils gravés en font connaître une multitude d'autres. Parmi les pièces qui constituaient le mobilier antique, les lampes sont bien certainement celles qui ont fourni la plus belle moisson aux antiquaires.
La fête dos lampes ou des flambeaux (lampadophorie) se célébrait à Athènes, trois fois par an, en l'honneur de Vulcain, Minerve et Promé-II. 66
L'HABITATION.
thée. Vulcain ou Ephestos est le feu personnifié. Proniéthée a dérobé le feu du soleil pour le donner aux hommes et Minerve a fait sortir de terre l'olivier qui produit l'huile qu'on brûle dans les lampes. Ces fêtes avaient lieu auprès d'une tour située à l'extrémité du faubourg où était le Céramique. On voyait là un autel consacré à Prométhée. Les jeunes gens qui voulaient disputer le pri.K s'y rassemblaient le soir à la clarté du feu qui brûlait sur l'autel. Lorsque le signal était donné, les concur-
Fig. 739. — Candélabre avec sa lampe. (Pompéi.)
Fig. liO. — Lampadaire. (Pompéi.)
rents allumaient leurs flambeaux et commençaient une course que Pau-sanias raconte ainsi : « Ils partent de l'autel de Prométhée et vont toujours courant jusqu'à la porte de la ville avec des flambeaux allumés. Pour remporter la victoire, il faut que le flambeau reste allumé; celui qui court le premier, si son flambeau s'éteint, cède sa place au second, le second au troisième et ainsi des autres. Si tous les flambeaux s'éteignent, nul ne remporte la victoire et le prix est réservé pour une autre fois, nllest probable que les jours de grand vent, le prix devait s'obtenir difficilement, car il fallait courir à toutes jambes, si la course se faisait à
CHAUFFAGE ET ECLAIRAGE.
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pied, ou à toute bride, si elle se faisait à cheval. Le] prix proposé était différent selon la divinité dont on célébrait la fête-/s'il s'agissait de
Fig. ^41. — Lampadaire. (Pompéi.)
Minerve, c'était une amphore d'huile, mais pour la fête de Vulcain, qui est le patron des métallurgistes, on peut présumer que le prix consistait en une lampe de bronze, et en une lampe d'argile pour Proméihée qui est le patron des potiers.
LES PAPIERS ET LES LIVRES
Le papier. — L'ENcr.E et les plumes. — Les livres. Les BiBLioTiiÈyiES. — Les tablettes.
Le papier. — Le papier dont les anciens se servaient le plus habituellement pour écrire était fait avec du papyrus, espèce de roseau à tige triangulaire qui est assez commun sur le Nil, et qui a été employé pour cet usage dès la plus haute antiquité. L'Euphrate fournissait également du papyrus, mais il était de moins bonne qualité. Les préparations que Ton faisait subir au papyrus, pour en faire du papier, étaient assez compliquées. « On préparc le papier, dit Pline le Naturaliste, en divisant le papyrus en bandes trcs-minces, mais aussi larges que possibles. La bande la meilleure est celle du centre de l'arbre, et ainsi de suite dans l'ordre de la division. On appelait jadis hiératique, attendu qu'il était réservé aux livres sacrés, le papier fait avec des bandes intérieures. Lavé, il a reçu le nom d'Auguste, de même que celui de seconde qualité a pris le nom de Livie, sa femme. De la sorte, l'hiératique devint papier de troisième qualité. Le quatrième rang avait été donné à Vamphithèatrique, nom tiré du lieu de la fabrique. L'habile fabricant Fannius s'en empara, le rendit fin par une interpolation soigneuse, d'un papier commun fit un papier de première qualité et lui donna son nom. Le papier qui n'avait pas encore reçu cette préparation garda le nom d'amphithéatrique qu'il portait auparavant. Vient ensuite le saïtique, ainsi nommé de la ville de Saïs, qui en fabrique beaucoup; on le fait avec des rognures de basse qualité. Le lénéotique, ainsi nommé d'une localité voisine de Sais, est fait avec des matériaux plus rapprochés de l'écorce ; il ne se vend plus à la qualité, mais au poids. Quant à l'em-porélique, il ne peut servir à écrire ; on ne l'emploie que pour envelopper les autres papiers et emballer les marchandises; de là lui vient le nom qu'il porte (papier des marchands). Au delà est l'écorce du papyrus, dont l'intérieur ressemble au jonc; elle n'est bonne qu'à faire des cordes qui vont dans l'eau. On fait toutes les sortes sur une table humectée avec l'eau du Nil ; ce liquide trouble lient lieu de colle. D'abord, sur cette table inclinée on colle les bandes dans toute la longueur
du papyrus, seulement on les rogne à chaque extrémité, puis on pose transversalement d'autres bandes en forme de treillage. On les soumet à la presse; cela fait une feuille que^ l'on sèche au soleil. On joint entre elles ces feuilles, mettant d'abord les meilleures, et ainsi de suite jusqu'aux plus mauvaises. La réunion de ces feuilles forme un scapus (main) qui n'en a jamais plus de vingt.
« La largeur est très-différente : les meilleures ont treize doigts; l'hiératique, deux de moins; le papier de Fannius, dix,et Famphithéâ-trique, neuf. Le saïlique en a moins, il n'est pas aussi large que le maillet, et l'einporétique n'a pas plus de six doigts. On estime encore dans le papier la finesse, le corps, la blancheur, le poli. L'empereur Claude changea la première qualité ; le papier d'Auguste était trop fin, et ne résistait pas à la pression du calame ; en outre, il laissait passer les lettres, et, quand on écrivait sur le verso, on craignait d'effacer le recto; dans tous les cas, la transparence en était désagréable à l'œil. On fit donc la chaîne du papier avec des bandes de première. Claude augmenta aussi la largeur; la dimension fut d'un pied pour le papier ordinaire, et d'une coudée pour le grand ; mais l'usnge fit reconnaître un inconvénient: une bande, si elle venait à se détacher, gâtait plusieurs pages. Ces avantages ont fait préférer le papier de Claude à tous les autres, mais la vogue est restée au papier Auguste pour la correspondance épistolaire. Le papier Livie, qui n'avait rien de la première qualité, mais tout de la seconde, resta à son rang.
« Les inégalités du papier sont polies avec une dent ou un coquillage, mais les caractères sont sujets à s'effacer; poli, le papier est plus luisant, mais ne prend pas l'encre aussi bien. Souvent l'eau du Nil, donnée d'abord avec peu de soin, rend le papier rebelle à l'écriture ; cela se reconnaît par le maUlet, ou même par l'odorat, quand le défaut est trop considérable. Les taches se reconnaissent à l'œil. Mais les petites bandes insérées au milieu des feuilles collées rendent le papier fongueux et, le faisant boire, ne se découvrent guère que lorsque, écrivant, les lettres s'étalent, tant il y a de fraude. Il faut donc avoir recours à une autre pn'paration.