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,(( La colle ordinaire se fait avec la fleur de farine, de l'eau bouillante et quelques gouttes de vinaigre ; la colle de menuisier et la gomme rendent le papier cassant. Un meilleur procédé, c'est de faire bouillir de la mie de pain lavé dans de l'eau et de la passer; c'est de cette façon qu'on a le moins de colle interposée, et le papier est plus doux que la toile de lin même. La colle ne doit avoir ni plus ni moins d'un jour.

L'HABITATION.

Puis on amincit le papier avec le maillet, on met une nouvelle couche de colle ; on efface les plis qui se sont formés, et on le bat de nouveau avec le maillet. »

Le papier dont Pline vient de nous faire la description était de beaucoup la matière dont on se servait le plus souvent pour écrire (fig. 742 et 743), mais on employait aussi du parchemin. D'après les auteurs anciens, le parchemin aurait été découvert à Pergame dans des circonstances particulières. A l'époque oii les Ptolémées établissaient la fameuse bibliothèque d'Alexandrie, les rois de Pergame, voulant fonder dans leur capitale un établissement analogue, faisaient rechercher partout les

Fig. ^-12. — Papier et tablettes pour écrire. (D'après une peinture de Pompéi.)

manuscrits des auteurs célèbres, et faisaient recopier îi grands frais ceux dont ils ne pouvaient pas se procurer les originaux. Jaloux de cette concurrence, et voulant réserverpour Alexandrie les avantages qui résultent d'une aussi grande collection de livres, les Ptolémées interdirent l'exportation du papyrus d'Égyple, et ce fut alors que les habitants de Pergame imaginèrent de faire avec la peau des brebis une nouvelle espèce de papier qui prit le nom de Pergamin, ou parchemin, de la ville oi^i il avait été découvert. Le parchemin avait d'abord le mérite de la solidité et, de plus, il avait cet avantage qu'on pouvait aisément enlever avec une éponge l'encre qui le couvrait.

On donne le nom de palimpseste à un parchemin qui a été gratté ou lavé pour faire disparaître l'écriture dont il était couvert et pouvoir ainsi l'employer une seconde fois. Les libraires, qui répondaient à ceux que nous nommons aujourd'hui des bouquinistes, achetaient à vil prix des vieux parchemins qu'ils nettoyaient le mieux possible pour pouvoir les utiliser ensuite, en y transcrivant des manuscrits nouveaux. Cet usage s'est perpétué jusque dans le moyen âge et les moines recou-

LES PAPIERS ET LES LIVRES.

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vraient ainsi avec des dissertations théologiques des parchemins qui avaient primitivement servi à des ouvrages classiques extrêmement précieux.. Comme la première écriture n'avait pas toujours été enlevée avec suffisamment de soins, on est quelquefois parvenu à la déchiffrer, malgré celle qui la recouvrait, et à reconstituer de la sorte des fragments perdus d'auteurs anciens. C'est ainsi que la République de Cicé-ron a été découverte et déchiffrée par Angelo Mai, sous un commentaire de saint Augustin sur les Psaumes.

Il y avait naturellement une très-grande économie à écrire sur ces vieux parchemins plus ou moins bien nettoyés, et les jeunes auteurs

Kig. "43. — Papier et JDstruments de récriture.

peu favorisés de la fortune s'en servaient assee volontiers, mais les enrichis qui s'amusaient à faire des vers n'auraient pas voulu en faire usage.

H Varrus, dit Catulle, ce Suffénus que tu connais est un homme élégant, spirituel et poli; il fait énormément de vers : il en a, je crois, dix mille et plus d'écrits, et non pas, comme c'est l'usage, sur l'humble palimpseste, mais sur papier royal, avec couvertures neuves, charnières neuves, aiguillettes rouges, texte soigneusement aligné, et le tout poncé à ravir. Lisez-vous dans ces jolis livres, vous prendrez ce beau et élégant Suffénus pour un bouvier ou un manœuvre, tant il est différent de lui-même... »

L'encre et les plumes. — L'encre dont se servaient les anciens était une liqueur composée d'eau gommée qu'on teintait soit avec de la suie de résine ou de la poix brûlée, soit avec de la lie de vin desséchée; il parait que l'alun entrait aussi dans sa composition.

L'encre s'effarait avec une éponge. C'est pour cela que Martial, en-

L'HABITATION.

Fig. 744. — Un encrier.

voyant un livre à son ami Faustinus, écrit : « Tandis que mon livre est neuf et non rogné, et que ses pages encore fraîches craignent d'être effacées, esclave, va porter ce léger hommage à un ami bien cher, qui mérite d'avoir les prémices de ces bagatelles. Cours, mais non sans t'être muni du nécesaire : prends uue éponge de Carthage, elle convient au présent que je fais. Mille ratures, de ma main, ne peuvent,

Faustinus, corriger ce badinage; une seule, de la tienne, sera plus efîicace. »

L'encre se mettait, comme aujourd'hui, dans des petits récipients dont on peut voir la forme habituelle sur les figures Ikk et 7/t5, tirées de peintures de Pompéi. Ces encriers, qui sont pourvus d'un couvercle, sont formés par un double récipient, ce qui semblerait indiquer qu'on employait plusieurs espèces d'encre, soit qu'elles fussent différemment teintées, soit qu'il y en eût simplement de plus ou moins épaisse. Au reste, quand on voulait les éclaircir, on y ajoutait simplement un peu d'eau. C'est ce que nous voyons dans une satire de Perse, où il dit, en parlant d'un écolier paresseux : « Le voilà avec son livre en main, avec la membrane lisse de deux cou-

leurs, des cahiers et le roseau noueux. Il se plaint de ce que l'encre épaisse reste adhérente à la plume. On y verse de l'eau; trop claire, elle ne marque pas ; trop délayée, elle s'épanche à double trait. Malheureux enfant,

45. — Encrier, plume et laMeltes.

et chaque jour plus malheureux!...» Sur la figure 7/i5, on a vu, à côté de l'encrier, une plume en roseau, taillée en pointe et fendue par le bout. On faisait aussi des plumes en bois dont on se servait quand on voulait écrire sur des matières plus dures que le papyrus, et dont on voit une représentation figure 7/i6. Mais celles-ci étaient d'un usage beaucoup moins fréquent que les plumes de roseau. Ces plumes étaient de grosseurs naturellement très-inégales, et il y en avait d'une extrême ténuité. Il fallait aussi que l'on sût faire du papier bien mince, s'il est vrai, comme Pline le raconte, que

LES PAPIERS ET LES LIVRES.

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Vliiade et l'Odyssée aient pu ti'ouvcr place dans une coquille de nuix. Les plumes se taillaient avec un canif, mais on les affinait en les frottant légèrement contre une pierre poreuse. C'est du moins ce qui résulte du passage sui-

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vant, extrait de l'Anthologie grecque : « Le plomb qui trace des li fij. -4f>. — piumo ou bois.

gnes droites, et la règle

qui lui sert de guide, la pierre poreuse qui aiguise le bec émoussé des roseaux, l'encre et les roseaux qui révèlent les mystères de la pensée, la lame tranchante d'un canif, telles sont les offrandes que consacre à Mercure le vieux Philodème. dont la vue et la main, affaiblies par l'âge, se trouvent affranchies des travaux de copiste. » Le crayon et la règle sont désignés ici parmi les outils professionnels du copiste.

Fig. ■747. Fig. "48.

Scribes. (Peintures de Thôbes.)