Fi g. ms.
Fi g- "87.
Flûtes recourbées.
Historiquement, on ne connaît pas l'origine de la flûte qu'on trouve chez tous les peuples de l'antiquité et depuis les temps les plus reculés de l'histoire. Le mot de flûte, nous l'avons dit, s'applique à différents instruments, parmi lesquels il faut distinguer la flûte simple et la flûte double. La flûte simple est de grandeur très-inégale ; chez les Égyptiens elle est démesurément longue, comme nous l'avons montré sur la figure 57, où l'on voit un joueur de flûte simple qui accompagne un chanteur. Chez les Grecs et les Romains elle est quelquefois très-courte (fig. 78?i), mais le plus souvent elle est de dimension moyenne (fig. 78.3 et 785). Les flûtes les plus anciennes étaient faites en
L'HABITATIOiX.
roseau, mais on en fit plus tard en buis, en corne, en ivoire ou en os.
Nous avons vu la llùte droite; on fit également des flûtes recourbées. Primitivement cet instrument se composait d'un tube de roseau adapté à une corne d'animal (fig. 786 et 787). Plus tard, on en fit d'un mécanisme plus savant. La llùte courbe a été très employée en Phrygie et dans toute l'Asie Mineure, et elle a passé de là aux Grecs et aux Romains qui d'ailleurs ne l'ont employée qu'assez rarement.
La véritable flûte antique, celle qu'on voit le plus souvent repré-
Fig. -88. Flùle double.
Fig. ISS. Eunuque assyrien jouant do la doubla flûte
sentée sur les monuments, c'est la flûte double (fig. 788). Cet instrument n'appartient à aucune nation en particulier, mais on le trouve chez tous les peuples de l'antiquité. Nous l'avons montré déjà chez les Égyptiens (fig. 58); la voici maintenant en Assyrie (fig. 789). C'est un eunuque qui en joue.
Les joueurs de flûte se mettaient autour de la tête et devant le visage une espèce de bandage formé d'une courroie de cuir percée d'une ouverture pour la bouche. Ce bandage servait à presser les lèvres et les joues; les auteurs comiques font souvent allusion à ce bandage. Les an-
LES INSTRUMENTS DE MUSIQLE.
55»
ciens croyaient qu'il reiulait le son plus ferme et plus égal. Néanmoins cet appareil n'était pas indispensable, et on voit une foule de monuments sur lesquels les joueurs de flûte sont représentés sans avoir cet accessoire disgracieux. La figure 790 montre une joueuse de flûte dans-l'attitude ordinaire de celles qu'on faisait venir pour charmer les convives dans un festin.
Il y avait deux espèces de flûtes doubles; dans la première les deux flûtes étaient dans le même ton, c'est-à-dire toutes les deux basses, ou
Fig. "90. — Joueuse de flûte.
bien toutes les deux hautes; c'était la plus commune.Mais il yen avait aussi qui avaient un ion différent, l'une étant basse et l'autre haute, quoique servant ensemble au même musicien. On voit même un certain nombre de monuments sur lesquels le musicien se sert à la fois de deux flûtes de grandeur très-inégale et qui devaient nécessairement [)roduire des sons différents. Il est en somme très-difficile de se rendre compte des sons qu'on obtenait avec ces instruments qui ravissaient les anciens, mais qui n'auraient peut-être pas le même charme pour nous. On donne le nom de syrinx, ou flûte de Pan, à un instrument champêtre formé de tiges creuses de roseau, de longueur inégale, disposées l'une à côté de l'autre, comme on le voit dans la figure
L'HABITATION.
791, qui représente un enfant jouant de la syrinx. Cet instrument, qui est encore employé aujourd'liui parmi les musiciens ambulants, est peut-être un des plus anciens que l'homme ait inventé ; il avait pour les peuples pasteurs l'avantage de ne pas demander un bien long ap-
Fig.'VSl.
Flûtes de Pan.
prentissage. Les Grecs en attribuaient l'invention à Pan, divinité pastorale des Arcadiens (fig. 792, 793 et 79/t).
La trompette était surtout employée à la guerre, où les sons éclatants qu'elle produit excitaient le courage des soldats dans la mêlée.
Fig. 193.
Fig. 194.
Flûtes de Pan.
On s'en servait aussi pour appeler les soldats dans les camps, pour les rallier en cas de détresse, ou pour leur faire exécuter certaines manœuvres. Les trompettes antiques étaient en bronze; il y en avait de deux espèces: la trompette droite et la trompette courbe. La trompette droite se trouve chez tous les peuples de l'antiquité. On la voit chez
LES INSTRUMENTS DE MLSIQUE.
553
les Égyptiens, chez les Assyriens, chez les Grecs et chez les Romains. Elle est formée d'im tube droit avec une embouchure en forme de cloche ou d'entonnoir. La trompette a son origine dans la corne d'un animal dnns laquelle on soiifTIait. Les Romains avaient des trompettes
Fig. "95.
Fig. TOe. Trompettes.
Fig. "91.
recourbées en bronze qui rendaient un son strident très-utile pour la vie des camps. Ces trompettes apparaissent souvent sur les monuments (fig. 795, 796 et 797).
Les instruments de percussion. — La cymbale est un instrument de musique composé de deux demi-globes creux en métal, que l'on frappe l'un contre l'autre avec les deux mains. La figure 798 montre deux cymbales du^genre de celles qu'on employait dans le culte de Bacchus ou ° de"^ Cybèle. Ces^cymbales sont pourvues extérieurement d'un anneau fixé sur la cymbale, ou bien elles sont percées d'un petit II. 70
L'HABITATIOX.
trou dans lequel on passait un cordon qui s'attachait aux doigts du cymbaliste.
11 existe une autre espèce de cymbales que nous trouvons sur les
Fig. 798. — Inslrumcnts de musique.
Fig. 799. — Cymbales à manche.
monuments assyriens, et dont la figure 799 nous offre un curieux e.\emple. Ces cynbales sont pourvues d'un manche, et on s'en servait
Fig. 800. Instrument de musique.
Fig. 801. Fig. 802.
Sonnettes assyriennes.
en les frappant horizontalement l'une contre l'autre, au lieu de les frapper verticalement comme on fait pour les cymbales ordinaires.
Un autre instrument, qu'on appelle quelquefois trigone, est formé d'un triangle en métal sur lequel on frappe avec une petite barre également en métal qui lui fait rendre un son aigu et prolongé. 11 est pro-
LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
555
bable que cet instrument servait seulement comme accompagnement, car il est incapable de rendre parlui-même des sons bien variés (fig. 800). On le voit quelquefois sur les monuments, principalement sur ceux qui représentent les cérémonies du culte de Cybèle ou de Bacchus, et il s'y trouve généralement en compagnie des cymbales et du tympanon.
Les sonnettes dont se servaient les anciens avaient les mêmes formes que les nôtres; elles consistaient en une cloche métallique pourvue à l'intérieur d'un battant qui la fait résonner quand on l'agite. On s'en servait pour une foule d'usages divers et dans tous les pays do l'antiquité. M. Layard a retrouvé, dans une chambre du palais de Nim-roud, environ quatre-vingts sonnettes en bronze avec un battant de fer. La'plus grande avait neuf centimètres de hauteur sur six de diamètre. Les figures 801 et 802 reproduisent'deux de ces sonnettes.