Fig. lO'J. — Cjuibiom. tCuupe en bruiizù Iruuvee a i'ompei.J
La figure 169 montre une coupe extrêmement élégante, et ses anses présentent une disposition charmante. On donne à ce genre de coupe le nom de cymbium, à cause de la ressemblance qu'on a trouvée dans sa forme avec certaines barques nommées cymbia.
Les coupes profondes sont souvent dépourvues d'anses, ou bien, si elles -en ont, c'est à titre d'ornement; comme elles sont toujours adaptées à un pied assez long pour être facilement saisi avec la main, les anses n'auraient pas d'ailleurs une bien grande utilité. La figure 170 nous montre un joli spécimen de ce genre de coupe sur pied.
« Il y avait, dit Athénée, différentes manières de boire dans diverses villes, comme le montre Critias. Voici ce qu'il dit en parlant de la république de Lacé-
(JuupQ iiioiiiej sur sun pied.
lOi CO-NSTITUTIOiN DE LA FAMILLE.
démone : « L'iiabitant de Thiase et celui de Chio boivent le vin dans de grandes coupes, en passant le vase à droite : celui de l'Attique le présente de même, mais on y boit dans de petites coupes. Quant à celui de la Thessalie, il porte la santé dans de grands vases, à qui il lui plaît; mais, chez les Lacédémoniens, chacun boit du vase qui est à côté de lui, et c'est un esclave qui lui verse à boire autant qu'il en veut (liv. XI, 10). »
Les Grecs étaient fort adonnés à la boisson ; cependant les sages ne permetlaient de vider que trois coupes dans un repas, une pour la santé, la seconde pour se mettre en belle humeur et la iroisième pour se disposer au sommeil. Mais ces belles maximes étaient rarement suivies dans les festins où les occasions de boire ne manquaient jamais. D'abord il y avait la coupe en Ihonneur de Bacchus, l'inventeur du vin, qu'on invoquait toujours, pour que ce dieu empêchât le repas d'être troublé par quelque excès.
Le vin que buvaient les Grecs étail presque toujours coupé d'eau : les nourricL'S de Bacchus étaient les Naïades, allusion facile à comprendre et qui prouve que les anciens prenaient rarement du vin pur. Les proportions de ce mélange étaient très-variables; la fabrication des vins différait beaucoup de la nôtre et, en outre, les vins grecs étaient généralement cuits. Il est donc impossible de faire une comparaison quelconque entre nos usages et ceux des anciens, pour ce qui concerne le vin.
C'était généralement vers la fin du repas que les coupes circulaient et qu'on portait les santés. Xénophane de Culophon, cité par Athénée, décrit ainsi le moment où on apporte les vins: «Déjà l'ensemble de la table est propre,chacun a les mains bien nettes, les coupes sont rincées: tous les convives ont leurs couronnes sur la tète. L'un présente dans une coupe un parfum d'une odeur exquise : le cratère est là rempli de la source de la joie. Un autre tient le vin tout prêt et dit qu'il ne le quittera pas sans y faire raison; c'est un vin délicat qui parfume par son bouquet tous les pots. Au milieu de tout ceci, l'encens flatte l'odorat par les émissions d'une saveur agréable et pure; des pains d'une couleur dorée sont sous la main; la table riante est chargée de fromage et de miel : l'autel qui est au milieu même de la salle est paré de fleurs de tous côtés. La musique et les chants retentissent dans toute la maison; mais il faut que des gens sages commencent par célébrer les louanges de la divinité, et ne fassent entendre que des paroles saintes et de bon augure Ils doivent demander en faisant des libations de pouvoir toujours se maintenir dans les termes delà justice (liv. XI, 7). »
EMPLOI DES VASES GRECS.
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Les canthares. — Athénée nous apprend qu'on employait le terme de canthare pour désigner un vaisseau sur lequel on navigue. Mais il s'agit ici d'une coupe à deux anses d'une forme particulière, comme celle que nous montre la figure 171. Les anses remontent généralement plus haut que l'orifice du vase et le pied des canthares est assez élevé. C'est un vase d'une forme extrêmement gracieuse, mais dont la dimension était assez variée. C'est ainsi que dans un fragment cité par Athénée un personnage se plaint de l'e.xiguïté du canthare qu'on lui apporte : « Ha! malheureux que je suis! Les potiers ne font plus de ces grands canthares; ce ne sont plus que des petits vases, bien polis, il est vrai, mais qui semblent faits pour être avalés plutôt que le vin. )>
Le canthare est un vase d'invention grecque et ordinairement consacré à Bacchus, ce qui n'est d'ailleurs pas bien étonnant, puisqu'on n'y buvait que du vin.
Fig. m. — Canlliare.
L'oBBA.— On se servait également d'une espèce de coupe nommée
obba.EUe était généralement en terre et avait cela de caractéristique qu'elle se terminait en pointe parle bas, de manière à ne pouvoir être posée. C'était par conséquent une coupe qu'il était nécessaire de vider d'un seul trait (fig. 172). Il y avait un certain nombre de coupes qui devaient comme celle-ci être vidées sans se reprendre. Athénée en cite une à laquelle il donne le nom d'amystis : « Amystis désigne proprement la boisson que l'on boit tout d'un trait et sans détacher les lèvres, comme on le voit dans Platon le comique : « Débouchant
II. 14
Fig. 172. — Obba.
CONSTITUTION DE LA FAMILLE.
(1 une urne brillante de liqueur parfumée, il en versa sur-le-champ dans « le ventre creux d'une coupe; ensuite il l'agita et la but pure, sans « même reprendre haleine.» — L'amystis devait se boire tandis qu'un autre chantait quelques vers dans un intervalle déterminé, ce qui ne laissait que très-peu de temps. On lit dans Ameipsias : » Joue-moi un air de flûte et toi chante; moi, je vais boire pendant que tu joueras de la flûte.— Çà donc, prends l'amystis. »
Les nnYTOxs. — Le rhyton est un vase rappelant des cornes de bœuf dans lesquelles buvaient les bergers de la Thrace. Les Grecs ont imité la forme de ces cornes dans des terres cuites, dont nos musées et nos collections d'amateurs possèdent de rhytons s'est souvent modiûée et il
Fig. n3. — Rhyton à tête de sanglier.
nombreux exemplaires. La forme des yen aune très-grande variété. La plus grande partie néanmoins affecte la forme d'une tête d'animal dans le cou duquel s'emmanche le récipient. Ainsi la figure 173 nous montre une tête de sanglier et la figure 174 une tête de lévrier. Le col des rhytons est souvent orné de peintures remarquables : le musée du Louvre et la Bibliothèque nationale en possèdent de superbes échantillons.
Le rhyton ordinaire était percé par le petit bout et on le tenait à une certaine distance
Fig. n4. — Rhyton à tête do lévritr.
de la figure, de façon que le jet
EMPLOI DES VASES GRECS.
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pût arriver directement dans la bouche. C'est ce que nous montre la figure 175, qui représente un jeune homme couché sur un lit et buvant avec un rhyton de forme primitive, c'est-à-dire ressemblant à une corne. Une femme est assise sur le pied du lit, devant
Fig. 175. — Manière de se servir du rhyton. {D'après une peinture de Pompei.j
lequel est une petite table servie. Au fond, une servante apporte la boîte à parfums.
11 est bon de remarquer que la grande ouverture du rhyton se trouve à peu près horizontale, pendant qu'on boit, car sans cela le liquide se renverserait par en haut au lieu de s'échapper en jet par le petit trou percé au bas.
11 y a cependant une autre espèce de rhytons : ceux-ci ne sont pas percés et on y boit comme dans une coupe ordinaire. Seulement on a soin qu'il ne soit pas possible de le poser quand on y a vers'' le liquide, car il fallait le vider d'un seul trait. Les figures 176 et 177
CONSTITCTION DE LA FAMILLE.