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En Grèce, on était généralement deux personnes sur chaque lit, rarement trois. Hérodote dit en parlant du banquet offert à Mardouius par Attaginus de Thèbes : « Il y avait cinquante convives ]thébains, et nul n'avait un lit pour lui seul , mais sur chaque lit étaient placés un Perse et un Béotien. » Quant à la disposition des lits dans une même salle, il est assez difficile d'en juger d'après les vases peints : on y voit presque toujours les lits rangés à côté les uns des autres, mais cet aspect peut bien venir tout simplement de l'absence de perspective (fig. 186).

Fis-* 186. — Repas (d'après un vase pemt).

Le luxe déployé dans les festins alla toujours en croissant durant la période macédonienne, et les coutumes des Grecs se confondirent complètement avec celles des Romains sous l'époque impériale. Apulée nous donne la description d'un banquet : « Je me rendis à ce festin, où je trouvai une grande quantité de convives qui composaient l'élite de la ville. Les lits, d'une magnificence extrême, étaient en bois de citron-

nier incrusté d'ivoire; et lescoiivertures étaient des étoffes brodées d"or. 11 y avait de grands vases à boire, aussi variés par leurs formes élégantes qu'uniques par leur prix : ici, le verre se découpait avec les plus savantes ciselures; là, le cristal étincelait de mille et mille facettes; ailleurs, c'était l'argent à l'éclat si pur, l'or aux feux étincelants; on y voyait jusqu'à des coupes particulières merveilleusement taillées dans l'ambre pour l'usage des festins. Ce qu'on ne saurait s'imaginer s'y trouvait réuni. 11 y avait plusieurs écuyers tranchants, magnifitiuement vêtus. Les mets sans nombre étaient servis de la manière la plus gracieuse par des jeunes filles; de jeunes garçons, aux cheveux bouclés et au costume élégant, présentaient à chaque instant du vin vieux dans des vases faits de pierres précieuses. Quand les flambeaux eurent été apportés, les propos de table s'animèrent; ce fut un feu croisé de rires, de bonnes plaisanteries et d'épigrammes. »

X

COUTUMES DES GRECS.

Les salutations. — La promenade. — Les do.ns mots. La MCjsiguE et la danse. — Les jeux.

Les salutations. — Quand les Grecs se rencontraient, ils se saluaient avec un geste de la main et non en se découvrant la tête comme les peuples modernes. L'usage des poignées de main existait dès les temps héroïques (fig. 187). En s'abordant, on se disait quelque formule de politesse ; la plus usitée était : Travaille et prospère, ou bien : Occupe-toi avec succès. On avait dos formules différentes pour les salutations du matin et pour celles qui avaient lieu dans l'après-midi et certaines idées superstitieuses étaient attachées à l'emploi qu'on en faisait. C'est du moins ce qui résulte d'un passage de Lucien, qui, du reste, ne peut se rapporter qu'à la période romaine. « Il est diflicile, quand on est homme, d'échapper à l'influence de quelque divinité; mais il est plus difficile encore de se justifier d'une faute commise par inadvertance et sous l'inspiration d'un dieu. J'ai éprouvé l'un et l'autre, lorsque, venant te saluer le matin et devant employer la formule accoutumée : Réjouis-loi, je me suis oublié et je t'ai dit : Sois en bonne santé. Ce der-

COUTUMES DES GRECS.

12.1

nier souhait n'est pas d'un mauvais augure, mais il était hors de propos et ne convenait pas au matin. Aussi à peuio fut-il lâché, que le rouge

Fig. lisl. — Une pûigDée de main (d'après ua vase grecj.

me monta au visage et que je me sentis dans la plus grande confusion. Les assistants s'imaginèrent tout naturellement, les uns que j'étais fou, les autres que l'âge me faisait radoter; quelquesunscrurent que j'avais encore le cerveau troublé par le vin de la veille. » (Lucien, Sur une faute commise en saluant, § 1.)

L* PROMENADE. — Lps Grocs se promenaient en char ou en palan-

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Fig. t8S. — Char aiitiquo.

quin. Les chars qu'on voit représentés sur les monuments, presque

CONSTITUTION DE L.V FAMILLE.

toujours dans des sujets mythologiques, sont généralement à deux roues et d'une construction extrêmement légère. Ils sont ouverts par derrière comme les chars égyptiens; on peut en voir la forme sur la figure 188 qui représente l'enlèvement d'Hélène par Paris. Ce char est à trois chevaux, mais les petits chars dans le genre de celui-ci n'en avaient ordinairement que deux. Ces chars qui pouvaient contenir une ou deux personnes au plus, devaient être extrêmement incommodes, et il n'est pas étonnant que les Grecs aient en général préféré l'usage de chaises à porteurs,quand ils allaient à la promenade. Seulement comme les représentations que nous connaissons se rattachent presque toujours à des personnages de l'âge héroïque, l'artiste ne manque jamais de montrer un tout petit char avec des chevaux qui partent comme lèvent. Les promeneurs qui circulaient à pied sous les portiques ou dans les places publiques de la ville avaient une canne à la main. Les femmes de la classe aisée ne sortaient jamais seules, mais elles marchaient accompagnées d'une suivante qui tenait un parasol au-dessus de leur tête. Les parasols représentés sur les peintures de vases offrent entre eux peu de différence, et leur forme typique se rapproche toujours plus ou

Fig. 189. — Parasol.

moins de celui qui est représenté sur la ligure 189.

Les bons mots. — Parmi les divertissements en usage pendant les repas, il y en avait un qui consistait à se poser des questions embarrassantes; on imposait à celui qui n'avait pas su y répondre une pénitence, consistant ordinairement à boire un verre de vin salé. 11 y avait aussi des récompenses pour celui qui avait bien répondu. On trouve dans VAiUhologie grecque un assez grand nombre de ces questions qui

COL'TLMES DES GRECS. l'27

prennent généralement la forme d'énigmes. En voici quelques-unes qui donneront l'idée des autres.

— Le père de mon époux a tué mon mari; mon mari a tué mon beau père; mon beau-frère a tué mon beau-père et mon beau-père mon père. — {Andromaque,dont le premier mari Hector est tué par Achille, père de son second mari Pyrrhus qui tue son premier beau-père Priam; son beau-frère Paris a tué son second beau-père Achille, qui est le meurtrier d'Aétion, père d'Androma'que).

— Ne parle pas et tu exprimeras mon nom; mais si tu me nommes, en disant mon nom, ô prodige! tu ne m'exprimeras pas.— (Silence).

— Je suis l'enfant noir d'un père lumineux; oiseau sans ailes, je m'élève jusqu'aux nuages. A peine suis-je né que je me dissipe dans l'air. — (Fumée).

— J'étais d'abord de couleur bise; mais après avoir été battu je suis devenu plus blanc que la neige; j'aime la pêche et je me trouve lo premier à la réunion des convives. — {Le lin qui est battu avant d'être blanchi et dont on fait les filets et les serviettes de table).

— Quand tu me regardes, je te regarde aussi, mais sans te voir, car je n'ai pas d'yeux; quand tu parles en me regardant, j'ouvre la bouche et je remue les lèvres, ^mais sans parler, car je n'ai pas de voix. — {Miroir).

— Je naquis sur les montagnes; un arbre'est ma mère; le feu est mon père; je suis une masse compacte et noirâtre; mais si mon père me fait fondre dans un vase de terre, je guéris les profondes blessures des vaisseaux. — [Goudron.)

11 était aussi d'usage, pour égayer la société, d'inviter des bouffons qui affectaient généralement de répondre tout de travers, afin de se faire infliger des pénitences qui les rendaient ridicules. Souvent aussi les bouffons avaient leur franc parler et se permettaient mille plaisanteries qu'on n'aurait pas tolérées chez un autre. Lucien, dans le Banquet, décrit ainsi l'arrivée d'un bouffon : « Ceux qui apportaient les plats ayant, suivant l'usage, interrompu quelques instants le service, Aristé-nète, qui avait pris ses mesures pour que cet intervalle ne fût pas vide et sans agréments, introauit un bouffon, avec ordre de dire ou de faire tout ce qu'il croirait capable d'exciter l'hilarité des convives. On voit donc paraître un petit homme fort laid, la tête rase, sauf quelques poils qui se hérissent sur le sommet; il danse en se disloquant et en se tortillant de manière à paraître plus ridicule, récite avec l'accent égyptien des vers en battant la mesure, et finit par railler les