Les jeux. — Il serait extrêmement difficile, sinon absolument impossible d'établir une distinction entre les jeux des Grecs et ceux des Romains. Nous nous contenterons donc d'indiquer quelques amusements communs aux deux nations, en commençant par ceux des enfants.
Pollux, à qui nous devons le récit de plusieurs jeux usités parmi les
i-'ig. 193. — Jeux d'eufants (.d'après uuo peiuture de Pompéi).
enfants dans Tanliquité, décrit ainsi le jeu de cache-cache. « Quelqu'un est assis dans le milieu, tenant les yeux fermés, ou, ce qui revient au même, un autre les lui ferme; les autres vont se cacher; il se lève, va les chercher et doit trouver chacun dans sa cachette. » Une scène de ce genre est figurée sur une peinture antique de Pompéi que nous repro-. duisons figure 193.
Il y avait plusieurs espèces de jeux de ce genre, entre autres celui qu'on appelait la mouche de bronze et que le même auteur explique de la façon suivante : « A /a mouche de bronze, les enfants bandent les yeux à un de la troupe, et celui-ci crie : Je chasserai la mouche de bronze. Les autres répondent : Tu la chasseras, mais tu ne la prendras pas. Et ils l'agacent ainsi jusqu'à ce que l'un d'eux ait été pris. »
COUTUMES DES GRECS.
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Le jeu nommé la Muinda offre beaucoup de ressemblance avec notre Colin-Maillard. Voici ce qu'en dit Pollux : « La Muinda se fait lorsque quelqu'un, les yeux fermés, crie : Gare! Et s"il parvient à prendre quelqu'un de la troupe qui se sauve, il lui fait fermer les yeux à sa place; ou bien encore, celui qui a les yeux fermés doit chercher les autres qui se cachent, ou prendre celui qui le touche, ou deviner quel est celui d'entre tous ceux qui l'entourent qui le montre au doigt, n
Le Croquemitaine des anciens s'appelait Mormolycion. Saint Clément d'Alexandrie dit: «Beaucoup s'effrayaient de la philosophie des gentils, comme les enfants de Mormolycion. » Ce mot s'appliquait surtout à
Fig. 194. — Jeux d'enfants (d'après une peinture de Ponipéi).
certains masques tragiques ou comiques, dont la laideur horrible et grimaçante était un objet de terreur pour les enfants; la tète de Méduse faisait souvent cet office. C'est ainsi que nous pouvons expliquer le jeu d'enfants représenté sur la figure 194. Un enfant s'était caché derrière une porte en tenant un de ces masques, et il apparaît tout à coup devant deux autres enfants : l'un d'eux se rejette en arrière comme s'il était épouvanté, et l'autre semble dire au petit espiègle de cesser un jeu qui effraye son camarade.
La figure 195 montre un petit groupe en terre cuite provenant des fouilles de Tanagre, et représentant une jeune fille qui en porte une autre. De petits groupes de ce genre se trouvent en assez grand
LOiNSTITUTION DE LA FAMILLE.
nombre dans les tombeaux et on a essayé de leur donner une explication symbolique. D'autres archéologues y voient la représentation d'un jeu de jeunes filles, qui consistait à courir ensemble vers un but déterminé. Celle qui était arrivée la première se faisait ramener au point de départ par sa rivale vaincue, qui devait la porter. La manière dont cette jeune fille porte sa camarade est d'ailleurs assez singulière et ne semble pas du tout commode. Mais cela n'enlève rien à la grâce du petit groupe qui est exquis de tous points.
Indépendamment des jeux proprement dits, les monuments nous représentent de petites scènes intimes, qui n'appartiennent à aucune époque déterminée, mais qui reproduisent les amusements de la jeunesse. Ainsi une peinture de vases (fig. 196) montre un jeune garçon qui a attaché une tortue par la patte et qui la présente à un petit chien jappant et aboyant après la pauvre bête.
11 est à peine utile de répéter, après nos écrivains classiques, que le jeu de l'oie est renouvelé des Grecs. On pourrait en dire autant des dés dont l'usage était fréquent en Grèce et plus encore dans la société romaine. On s'en servait en plaçant dans un cornet trois dés qu'on jetait ensuite sur la table. Si les trois dés présentaient le même nombre sur la face supérieure, le coup était mauvais, tandis qu'il était réputé excellent si chacun des trois dés amenait sur la même face un nombre différent. C'est ce qu'on appelait le coup de Vénus. Une table à jeter les dés a été découverte en Italie et se trouve niain-
Fig. 195. — Groupe en terre cuite.
19G. — Enfant jouant avec un elnen (d'après une peinture de vase).
tenant au musée du Vatican. On nV voit ni marques, ni divisions qui ait pu la rendre propre à un jeu de calcul, mais elle porte des inscriptions dont le sens est : « Retire-toi, si tu es battu; — tu ne sais pas le jeu; — cède la place à qui le sait. »
Les gamins de Rome avaient un jeu qui répond à peu près à notre jeu de billes, bien qu'il fût un peu différent quant à la manière de s'en servir. C'étaient des noix qui servaient de billes, ce qui rendait le jeu très-économique. On disposait à terre un certain nombre de noix à des distances déterminées. On prenait ensuite une planche qu'on posait sur un plan incliné, et sur cette planche le joueur laissait glisser une de ses noix, qui devait, après avoir glissé, caler une des noix placées par terre. Ce jeu si simple était extrêmement populaire, et les ■auteurs y font fréquemment allusion.
Fig. 197. — Joueuse d'osselets.
Le jeu d'osselets était surtout usité chez les jeunes filles. La célèbre joueuse d'osselets du musée de Berlin (fig. 197) représente une petite fille mollement assise à terre, appuyée sur sa main gauche et poussant de la droite deux osselets. Elle est vêtue d'une robe légère qui laisse l'épaule et le sein gauche découverts et se boutonne sur le haut du bras droit. Plusieurs statues représentent de très-jeunes filles se livrant au même exercice.
Primitivement, le jeu d'osselets se composait de cinq petites pierres (ju'on lan(;ait en l'air avec la paume de la main, pour les recevoir
CONSTITUTION DE LA FAMILLE.
ensuite sur le revers, sauf à prendre encore d'une manière plus ou moins compliquée celles qu'on avait laissées tomber à terre. Plus tard les petits cailloux furent remplacés par des osselets.
Une peinture monochrome, exécutée sur marbre et découverte à Pompéi en 17S6, nous montre des joueuses d'osselets. C'est une des rares peintures antiques qui soient signées; on y lit : Alexandre Alhénien peignait. Le nom des héro'ines, Latone, Niobé, etc., se rattache à la mythologie; mais la scène représentée n'a qu'un rapport fort indirect avec la Fable. Cette peinture nous montre comment les Grecs jouaient aux osselets.
Parmi les jeux les plus usités, on peut encore citer le tourbillon [turbo), petit cône en bois que l'on fait sauter à l'aide d'une lanière et qui répond à notre toupie ou à notre sabot, et les rico:hets, jeu qui consiste à faire voler sur la surface de l'eau des petits cailloux plats. La balle et le ballon étaient déjà en usage dans l'époque homérique. Enfin la balançoire était un jeu très en faveur parmi les jeunes filles en Grèce et à Rome (fîg. 198). Nous n'avons pas besoin d'entrer dans de longues explications sur ce jeu que tout le monde connaît.
F If 198. — La balançoire (d'après une peinture de vasei.
USAGES FUNÈBRES DES GRECS.
Les derniers moments. — L'ensevelissement — Les lamentations.
L'expo s ition du corps. — Les présents au mort.
La marche funèbre. — Le dlcher funèbre. — Le repas funèbre.
Funérailles Spartiates. — Convoi d'Alexandre.
Les derniers moments. — Quand un malade était en danger do mourir, on plantait devant sa porte deux rameaux, l'un d'olivier, pour implorer Minerve, l'autre de laurier pour se rendre Apollon favorable. Si la mort était imminente, on coupait au malade une mèche de ses -cheveux pour la consacrer aux dieux infernaux. Un usage analogue so