ttg. ïoO. iM^. 231.
Cuillères à confitures. (Pompéi.]
Fig. 25-2.
pourvues d'un long manche et dont l'orifice, àpeine creusé, ressemblait assez aux patères dont on usait pour les libations. Ces petits ustensiles do table sont représentés dans les figures 250, 251, 252.
REPAS DES ROMAINS
Repas des Étrusqces. — Le souper des Romains.
Le service des convives. — Le contenant et le comtend.
Les amis a table.
Les civilités. — Les parasites. — Les comestibles.
Les festins.
Repas des Étrusques. —^^Un repas étrusque est figuré surlesparois d'un tombeau à Corneto. La disposition est exactement conforme a celle que nous avons vue en Grèce; mais, comme les tables sont servies etque les formes sont plus accentuées, elle est plus facile à comprendre. On observera pourtant quelques différences dans les usages : chez les Étrusques, les femmes sont couchées à côté des hommes, ce ijui n'arrive pas en Grèce. La petite table chargée de mets qu'on trouve devant les lits paraît
Fig. 2Ô3. — Repas, d'après une peinture étrusque. {Corneto.)
être de forme arrondie au lieu d'être rectangulaire, comme nous l'avons vue sur les vases grecs. Des chiens se voient souvent sous les lits de table; on y trouve aussi des chats tigrés (fig. 253) et très-souvent des poules. Ces animaux étaient les convives indispensables de tous les banquets de l'âge héroïque, et on les trouve sur les vases grecs, aussi
CONSTITUTION DE LA FAMILLE.
bien que sur les peintures étrusques. Ils étaient fort utiles pour faire disparaître les os, les fragments de peau et tous les débris qu'on jetait sur Taire battue des palais. Sur plusieurs monuments, les chiens sont attachés, de manière qu'au lieu de circuler librement dans la salle, chacun d'eux demeurait affecté à une place spéciale.
On a pu remarquer dans la figure précédente que la musique plaisait aux Étrusques aussi bien qu'aux Grecs, puisqu'un joueur de double flCite est occupé à réjouir les convives avec son instrument. Nous retrouvons les mêmes conformités de goût pour ce qui concerne la danse; et si le banquet que nous avons vu avait pour but de charmer le défunt par le souvenir des occupations qu'il avait aimées dans sa vie, c'est dans une intention analogue que la danse représentée figure 25/i a été peinte
Fig. 254. — Danse étrusque. (Corneto.;
dans la décoration d'un tombeau. Les Étrusques avaient un goût très-décidé pour la table et pour tous les plaisirs qui, dans la société antique, étaient regardés comme l'accompagnement indispensable d'un repas.
Le souper des Rom.mns. — Les Romains faisaient en général trois repas par jour. Le premier, le déjeuner du malin (Jentacidum) était très-modeste : il se composait généralement de fromage et de fruits avec un peu de vin. Vers le milieu du jour, on faisait une collation; mais le véritable repas, c'est^le souper [cxna] qui se prend vers la tombée du jour, quand les tribunaux sont fermés, que les affaires sont terminées, qu'il n'y a plus personne au forum. C'est à souper qu'on se réunit, qu'on invite ses amis, qu'on parle d'affaires et de politique. Un souper en règle devait avoir trois services : le premier comprenait des œufs durs, des laitues, des olives, des figues et tout ce qui, aux yeux des Romains, était de nature à provoquer l'appétit. Le deuxième
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service constituait la partie substaiiticile du repas, les viandes bouillies ou rôties, et le troisième se composait des desserts, consistant en pâtisseries ou fruits, etc.
Les Romains avaient, comme les Grecs et les Étrusques, Thabitudede se coucher sur des lits. Nous avons déjà, en parlant des Grecs, expliqué cette disposition.
11 y avait ordinairement trois lits pour chaque table : c'est ce qu'on appelait le triclinium. Le tricliniura régulier était disposé pour neuf personnes. Il arrivait souvent que les lits, disposés pour trois personnes, n'en avaient qu'une ou deux chacun, mais il eût été malséant d'en mettre plus de trois. Cependant cela se faisait quelquefois quand il s'agissait de'clients peu considérés, que les riches Romains voulaient bien recevoir à leur table, mais qu'ils avaient toujours soin d'humilier un peu, pour leur faire sentir leur infériorité.
1. — Le maître de la maison.
2. — Sa femme.
.3. — Le convive préféré.
•i3^. — Plan d'un tricliu
•i. — Place consulaire. .0- — Convive. 6. — Convive.
7. — Convive.
8. — Convive.
9. — Convive.
Il y avait en effet un ordre déterminé pour le placement des convives: la place dite consulaire était considérée comme la plus honorable, mais on n'est pas absolument d'accord sur l'endroit qu'elle occupait par rapport à la table. La figure 255 montre la disposition des convives telle qu'elle est admise le plus généralement: les lits étaient placés sur trois des côtés de la table, et le quatrième était réservé pour les besoins du service.
Une peinture de Pompéi (rig.256), qui représente des petits génies attablés, fera bien comprendre la manière dont les lits étaient placés sur les trois côtés de la table.
Quoique les tables fussent presque toujours de forme circulaire, on
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CONSTITUTION DE LA FAMILLE.
en voyait aussi qui étaient ovales, longues, carrées ou même en forme de fer à cheval. Ces dernières tables étaient très à la mode au temps de Théodose ou d'Arcadius. Elles étaient entourées d'un lit plus ou moins grand, fait de même en demi-cercle selon le diamètre de la table, et c'était par le vide du demi-cercle que le service se faisait. Les monuments qui reproduisent des tables de ce genre appartiennent tous à une basse époque, mais, malgré la grossièreté de l'exécution, le document subsiste en entier et peut être facilement compris.
Fig. 2jG. — Un repas, d'après une peinture de Pompéi.
Dans le même temps, on voit que les gens du peuple se servaient de tables longues, assez analogues à celles qu'on trouve aujourd'hui dans nos auberges de campagne. On peut présumer du reste que ce genre de table a toujours existé dans les fermes, et que les tables d'apparlc-
REPAS DES ROMAINS.
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ment dont nous avons parlé étaient l'apanage à peu près exclusif des classes aisées.
■ Table do Circc.
La figure 257, tirée du Virgile du Vatican, représente les compagnons d'Ulysse changés en bêtes. La table dressée devant eux répond à celle dont nous venons de parler.
« Rien de plus délicieux, dit Âulu-Gelle, que le livre de Marcus Varron ayant pour titre : Tu ignores ce que le soir te prépare. Il y traite de l'ordonnance d'un festin, du nombre des convives qu'on doit y admettre. 11 dit que ce nombre doit commencer à celui des Grâces et finir à celui des Muses, c'est-à-dire commencer à troiset s'arrêter àneuf; ainsi il faut être au moins trois, mais jamais plus de neuf : « 11 ne faut pas, dit-il, être nombreux: la foule est d'ordinaire bruyante; à Rome, il est vrai, les convives restent immobiles; mais, à Athènes, jamais ils ne se couchent. Quant au festin même, sa perfection dépend de quatre qualités : il sera parfait si les convives sont des hommes aimables et bien élevés, si le lieu est convenable, si le temps est bien choisi, et si le repas a été préparé avec soin. On doit choisir les convives qui ne soient ni bavards ni muets. L'éloquence convient sans doute au forum et au sénat, mais le silence serait déplacé dans une salle de festin, il ne convient que dans le cabinet. » Il pense que l'on doit choisir pour le tempsdu festin des sujets de conversation non embrouillés et propres à inquiéter, mais agréables, attachants, pleins de charme et délicieusement utiles; en un mot des conversations qui ornent notre esprit et lui donnent plus de grâce. « Pour obtenir ce résultat, dit-il, notre conversation devra rouler sur des sujets appartenant au commerce de la vie ordinaire, et