Des jeux funèbres, qui, chez les Étrusques, avaient toujours un caractère sanglant, s'exécutaient autour du bûcher. C'est de là qu'est venu lo combat des gladiateurs.
Les cendres et les ossements étaient ^ensuite recueillis avec une espèce de crochet, et on les déposait avec le plus grand soin dans des urnes en marbre, en terre cuite ou en verre, qu'on portait ensuite dans le monument funéraire de la famille.
Lorsque le corps, ou l'urne, avait été déposé dans le tombeau, le prêtre purifiait les assistants en les aspergeant avec de l'eau lustrale. 11 se servait pour cela d'une branche d'olivier ou de laurier. Ensuite on plaçait les inscriptions sur le monument funèbre, et on se retirait : le lieu où le corps était renfermé devenait sacré. Des cérémonies du même genre s'accomplissaient dans la maison mortuaire, qui devait être purifiée.
ISeuf jours après les funérailles, on offrait un sacrifice : le toml)eau était orné de fleurs, de guirlandes et de bandelettes sacrées, qui mettaient le mort sous la protection des dieux. On offrait aux morts un repas funèbre, composé de fruits, de laitues et d'œufs, placés sur le
tombeau et destinés aux mânes. La famille et les amis se réunissaient ensuite à des époques déierminées pour les banquets funèbres qui se donnaient en l'honneur du mort.
Le deuil était porté par les femmes, pour leur mari, leur père et leur mère, pendant un espace de temps qui était habituellement d'un an. Plutarque nous a laissé quelques renseignements sur la manière dont les Romains portaient le deuil.
« Pourquoi, dans le deuil, les femmes portent-elle? des robes blanches et des résilles blanches? Est-ce à cause de la couleur des linceuls dont le mort est enveloppé? Et, pour ce qui est du corps, l'ornc-t-on ainsi parce qu'on ne peut parer l'âme, et que celle-ci, 0:1 veut la congédier éclatante et pure, comme dégagée désormais d'une longue et multiple lutte? Ou bien, en pareille circonstance, ce qui est siiwple et uni convient-il mieux que tout, tandis que les étoffes teintes accusent, les unes de la somptuosité, les autres de la recherche? 11 n"y a, en effet, que le blanc qui soit pur, non mêlé, non sali, non imitable par la teinture; et, à ce titre, rien ne convient mieux que le blanc à ceux que l'on enterre. Un mort, en effet, est devenu chose simple, exempte de tout mélange, parfaitement pure; il n'a perdu, en se séparant de son corps, qu'une tache et une souillure que l'on peut effacer. » (Plutarque, Questions romaines.)
Funérailles patriciennes. — Nous devons à Polybe quelques détails sur les cérémonies observées dans les funérailles d'un personnage haut placé. « Quand il meurt à Rome, dit-il, quelque personnage de haut rang, on le porte avec pompe à la tribune aux harangues, sur le Forum ; là, dressé sur les pieds, rarement couché, il est exposé à la vue de tout le peuple. Ensuite son flls ou, en Fabscncc du fils, un proche parent loue en présence de tout le peuple les vertus du mort et rapporte ses principales actions. On l'ensevelit ensuite, et on lui rend les derniers devoirs ; on fait une statue qui représente son visage au naturel, tant pour les traits que pour les couleurs, et on la place dans l'endroit le plus apparent de la maison et sous une espèce de petit temple en bois. Les jours de fête, on découvre ces statues, et on les orne avec soin. Quand quelque autre de la même famille meurt, on les porte aux funérailles; et, pour les rendre semblables, même pour la taille, à ceux qu'elles représentent, on ajoute au buste le reste du corps. On le revêt aussi d'habits. Si le mort a été consul ou préteur, on pare la statue d'une prétexte; s'il a été censeur, d'une robe de pourpre; s'il
FUNÉRAILLES ROMAINES. ':i5
a eu l'honneur d'un triomphe ou fait quelques actions d'éclat, d'une tîtoffe d'or. On les porte sur des chars précédés de faisceaux, de haches et des autres marques des dignités dont ils ont été revêtus pendant leur vie. Quand on est arrivé à la tribune aux harangues, on les place sur des sièges d'ivoire, ce qui forme le spectacle le plus enivrant pour un jeune homme qui aurait quelque passion pour la gloire et pour la vertu. 1)
Voici maintenant comment Suétone raconte les funérailles do César: « Le jour des funérailles de César étant fixé, on lui éleva un bûcher dans le Champ de Mars, à côté du tombeau de Julie, et une chapelle dorée vis-à-vis de la tribune aux harangues, sur le modèle du temple de Vénus Génitrix. On y plaça un lit d'ivoire, couvert de pourpre et d'or. Au sommet était un trophée avec le vêtement que César portait quand il fut assassiné. La journée ne paraissait pas devoir suffire à la foule de ceux qui apportaient des offrandes; on publia que chacun, sans observer aucun ordre, pourrait les porter au Champ de Mars, en suivant la rue qu'il lui plairait. Au lieu d'éloge funèbre, le consul Antoine fit lire par un héraut le sénatus-consulte qui décernait à César tous les honneurs divins et huinains, et le serment par lequel tous s'étaient liés pour le salut d'un seul. Antoine y ajouta fort peu de mots. Ce furent des magistrats en fonctions ou sortis de charge qui portèrent le lit de César au Forum, devant la tribune aux harangues. Les uns voulaient qu'on brûlât le corps dans le sanctuaire de Jupiter, les autres <iue ce fût dans la salle de Pompée. Tout ci coup, dcu.x hommes, ayant un glaive à la ceinture et tenant chacun deux javelots, y mirent le feu avec des torches. Aussitôt la foule s'empresse d'y entasser du bois sec, des sièges et jusqu'au tribunal des juges, et tout ce qui se trouvait à sa portée. Ensuite des joueurs de flûte et des histrions y jetèrent les habits triomphaux dont ils s'étaient revêtus pour la cérémonie; des vétérans légionnaires, les armes dont ils s'étaient parés pour ces funérailles; les femmes, les bijoux qu'elles portaient et les robes prétextes de leurs <mfants. Dans ce grand deuil public, on remarqua une multitude d'étrangers qui, réunis en groupe, manifestaient leur douleur, chacun à la manière de son pays. Les Juifs veillèrent même plusieurs nuits auprès du bûcher. »
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LES BARBARES
Les Gaclois. — Les Germains. — Les Daces et les Sarmates. Les Scïthes.
Les Gaulois. — « Les Gaulois, dit Strabon, sont habillés de saies, ils laissent croître leurs cheveux et portent des anaxyrides ou braies larges et flottantes et, au lieu de tuniques, des blouses à manches qui leur descendent jusqu'au bas des reins. La laine dont ils se servent pour tisser ces épais sayons est rude, mais très-longue de poil... Presque tous les Gaulois, aujourd'hui encore, couchent sur la dure et prennent leurs repas assis sur de la paille. l's se nourrissent de lait, de viandes de diverses sortes, mais surtout de viandes d3 porc fraîche ou salée... Les maisons des Gaulois, bâties en planches et en claies d'osier, sont spacieuses et ont la forme de rotondes; une épaisse toiture de chaume les recouvre... A leur franchise, à leur fougue naturelle, les Gaulois joignent une grande légèreté et beaucoup de fanfaronnade, ainsi que la passion de la parure, car ils se couvrent de bijoux d"or, portent des colliers d'or autour du cou, des anneaux d"or autour des bras et des poignets, et leurs chefs s"ha-billent d'étoffes teintes de couleurs éclatantes et brochées d"or. »
Les fouilles exécutées dans un assez grand nombre
de tombeaux gaulois, confirment pleinement ce que disent
les auteurs anciens du goût qu'avaient nos ancêtres pour
la parure. On donne le nom de torques à des bijoux que
les Gaulois portaient comme bracelets ou comme colliers.
Les bracelets gaulois présentent quelquefois la forme
d'une série d'anneaux de différentes grandeurs emboîtés
les uns dans les autres. La figure 270 montre un de ces
Fig. 2-0. bracelets, qui a été découvert en Bretagne.