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Bijou gaulois. Les bijoux gaulois sont presque toujours de forme

circulaire, et ils se composent assez souvent d'un certain

nombre de fils d'or roulés en spirale. Le musée de Saint-Germain

possède de beaux échantillons de ces bijoux en spirale dont la

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figure 271 nous oITre un joli spécimen. Les émaux ont une assez grande importance dans la bijouterie gauloise, et nous aurons à parler plus loin des procédés employés pour leur fabrication. Mais on peut voir un exemple de leur emploi sur la figure 272, qui montre un torque gaulois découvert à Marsal en 1838. Les rosaces qui décorent ce bijou sont enrichies d'émaux avec une feuille d'or au milieu.

Nous n'avons pas à parler ici des armes, qui seront décrites dans un chapitre spécial. Jules César, qui en parle longuement dans sa Guerre des Gaules,

nous donne, en passant, quelques renseignements intéressants sur les mœurs des Gaulois. Voici ce qu'il dit sur les habitudes conju-

Fig. STl. — Torque gaulois.

Fig. 212. — Torque gaulois.

gales : « Autant les maris ont reçu d'argent de leurs épouses à titre

de dot, autant ils mettent de leurs propres biens, après estimation

faite, en communauté avec cette dot. On dresse conjointement un état de ce capital, et l'on en réserve les intérêts. Quelque époux qui survive, c'est à lui qu'appartient la part de l'un et de l'autre, avec les intérêts des années antérieures. Les hommes ont sur leurs femmes, comme sur leurs enfants, le droit de vie et de mort; lorsqu'un père de famille de haute naissance meurt, ses proches s'assemblent, et s'ils ont quelque soupçon sur sa mort, les femmes sont mises à la question des esclaves; si le crime est prouvé, on les fait périr par le feu et dans les plus horribles tourments. »

Le même auteur ajoute un peu plus loin, à propos des cérémonies funèbres : « Les funérailles, eu égard à la civilisation des Gaulois, sont magnifiques et somptueuses. Tout ce qu'on croit avoir été cher aa défunt pendant sa vie, on le jette dans le bûcher, même les animaux ; et, il y a peu de temps encore, on brûlait avec lui les esclaves et les clients qu'on savait qu'il avait aimés, pour complément des honneurs qu'on lui rendait. »

Selon plusieurs écrivains anciens, les Gaulois admettaient que l'homme pouvait, après sa mort, recommencer d'autres existences terrestres. « Les Gaulois, dit Diodore de Sicile, ont fait prévaloir chez eux l'opinion de Pythagore, d'après laquelle les âmes des hommes sont immortelles, et chacune d'elles, s'introduisant dans un autre corps, revit pendant un nombre déterminé d'années. C'est pourquoi, pendant les funérailles, ils jettent dans le bûcher des lettres adressées à leurs parents décédés, comme si elles devaient être lues par les morts. »

Les Germains. — ci Les Germains, dit Tacite, ne bâtissent point de villes, ils ne souffrent même pas d'habitations réunies; leurs demeures sont éparses, isolées, selon qu'une fontaine, un champ, un bocage ont déterminé leur choix. Leurs villages ne sont pas, comme les nôtres, formés d'édifices contigus : chacun laisse un espace vide autour de sa maison, soit pour prévenir le danger des incendies, Foit par ignorance dans l'art de bâtir. Ils n'emploient ni pierres ni tuiles, ils se servent uni-quemenfde bois brut, sans penser à la décoration ni à l'agrément (fig. 273). Toutefois ils enduisent certaines parties d'une terre fine et luisante dont les veines nuancées imitent la peinture. Ils se creusent aussi des souterrains qu'ils chargent en dessus d'une épaisse couche de fumier. C'est là qu'ils se retirent l'hiver et qu'ils déposent leurs grains. Ils y sentent moins la rigueur du froid, et si l'ennemi fait une incursion, il pille les Jieux découverts, tandis que cette proie cachée sous la terre reste igno-

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rée de lui ou le déroute par les recherches mêmes qu'il fait pour la trouver. Ils ont tous pour vêtements un sayon qu'ils attachent avec une agrafe ou, à défaut d'agrafe, avec une épine. A cela près, ils sont nus et passent les journées entières auprès de leur foyer. Les plus riches se distinguent par un habillement, non pas flottant comme

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Fig. 273. — Habitations des Gormaiui. (D'après la colunue Antûuine.)

chez les Sarmates et les Parthes, mais serré et qui marque toutes les formes (fig. 274). Us portent aussi des peaux de bêtes, plus grossières vers le Rhin, plus recherchées dans l'intérieur, où le commerce ne fournit pas d'autre parure. Là, on choisit les animaux, et pour embellir leur dépouille on la parsème de taches et on la bigarre avec la peau des monstres que nourrissent les plages inconnues du plus lointain Océan. L'habillement des femmes ne diffère pas de celui des hommes, excepté qu'elles se couvrent le plus ordinairement de tissus de lin relevés par un mélange de pourpre, et que la partie supérieure de leur vêtement ne s'étend point pour former des manches: elles ont les bras nus jusqu'à l'épaule, leur sein même est en partie découvert. ""

» Presque seuls entre les barbares, ils se contentent d'une femme, hormis un petit nombre de grands qui en prennent plusieurs, non par esprit de débauche, mais parce que plusieurs familles ambitionnent leur alliance. Ce n'est pas la femme, c'est le mari ijui apporte la dot. Le père et la mère, ainsi que les proches, assistent à l'entrevue et agréent les présents. Ces présents ne sont point de ces frivolités qui

CO-NSTITUTION Dli LA FAMILLE.

charment les femmes, ni rien dont puisse se parer la nouvelle épouse. Ce sont des bœufs, un cheval tout bridé, un bouclier avec la framée et le glaive. En présentant ces dons, on reçoit une épouse. Elle, de son côté, donne aussi à l'époux quelques armes... Très-peu d'adultères se commettent dans cette nation si nombreuse, et le châtiment, qui suit de près la faute, est al)andonné au mari. On rase la coupable, et, en

Fig. 2~4. — Barbares dans les ruseaus (colunne Anlonine).

présence des parents, le mari la chasse de sa maison et la poursuit à coups de verges par toute la bourgade... L'enfance se ressemble dans toutes les maisons, et c'est au milieu d'une sale nudité que grandissent ces corps et ces membres dont la vue nous étonne. Chaque mère allaite elle-même ses enfants, et ne s'en décharge point sur des servantes et des nourrices. Le maître n'est pas élevé plus délicatement que l'esclave ; ils vivent au milieu des mêmes troupeaux, couchent sur la même terre jusqu'à ce que l'âge mette l'homme libre à sa place et que la vertu reconnaisse les siens... Boire des journées et des nuits entières n'est une honte pour personne. L'ivresse produit des querelles fréquentes qui se bornent rarement aux injures, presque toujours elles finissent par des blessures et des meurtres.

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(( Nul faste dans leurs funérailles : seulement on observe de brûler avec un bois particulier le corps des hommes illustres. On n'entasse sur le bûcher ni étoffes ni parfums, on n'y met que les aunes du mort; quelquefois le cheval est brûlé avec son maître. On dresse pour tombeau un tertre de gazon; ces pompeux monuments, que l'orgueil élève à grands frais, leur sembleraient peser sur la cendre des morts. Ils donnent peu de temps aux lamentations et aux larmes, beaucoup à la douleur et aux regrets : ils croient que c'est aux femmes de pleurer, aux hommes de se souvenir. Voilà ce que j'ai appris sur les mœurs des Germains. » (Tacite, Mœurs des Germains.)

Les Daces et les Sarmates. — L°s Daces hal)ilaientles pays riverains du Danube et du Pruth; les Sarmates occupaient les contrées qu'anose la Vistule. Il est très-difiicile de distinguer entre eux ces

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Fig. 2';5.— Roi dace ou sarmate.