LE VETEMENT
LE COSTUME EN ORIENT
Le costume égyptien. — Le costume hébreu.
Le costcme phénicien. — Le costume assydien. — Le costume des Mèdes
ET DES Perses. — Le costume phrygien. — Le costume lïdien.
Le costume égyptien. — Les rares statues de l'ancien empire qui sont parvenues jusqu'à nous montrent un costume très-simple. On se rappelle la statue en bois qui figurait à l'Exposition universelle de 1867, et dont M. Mariette donne la description suivante : « Un personnage est debout, tenant en main le bâton du commandement. Sa chevelure estcourte, ses hanches sont couvertes d'une sorte de jupe assez longue qui est ramenée par devant en plis bouffants: tout le reste du corps est nu. liien de plus frappant que cette image en quelque sorte vivante d'un personnage mort il y a six mille ans. La tête surtout est saisissante de vérité. De son côté, le corps tout entier a été traité avec un sentiment profond de la nature. Nous ne possédons certes pas de portrait plus authentique et plus parlant. Dans son état primitif, la statue était recouverte d"un stuc léger, peint en rouge et en blanc. Les yeux sont rapportés. Une enveloppe de bronze, qui tient lieu des paupières, enchâsse Toeil proprement dit formé d'un morceau de quartz blanc statue éuypuunne <iù lancien
empire.
opaque, au centre duquel un autre morceau
de cristal de roche sert do prunelle. Au centre et au fond du cristal, un clou brillant est fixé et donne à l'œil ainsi fabriqué quelque chose du regard de la vie. » (Fig. 284)
LE VETEMENT.
Les étoffes communes sont unies ou bien rayées alternativement de blanc et d'un rouge très-léger. Souvent aussi les hommes ont pour vêtement de travail un simple linge roulé qui passe entre les jambes et est noué par devant, comme on en voit encore aujourd'hui aux Égyptiens quand ils tirent de l'eau.
Les ouvriers de la campagne ne présentent pas, quant au vêtement, des différences bien notables avec ceux des villes, et, bien que les
peintures découvertes dans les tombeaux de l'ancienne Egypte remontent à des époques souvent éloignées les unes des autres, on ne voit pas qu'il ait subi en aucun temps des modifications bien sensibles. Le vêtement des hommes consiste la plupart du temps en une seule pièce de toile blanche faisant le tour du corps et descendant au-dessus du genou. Cette espèce de tablier ou caleçon se nouait autour des reins et une partie pendait en avant. On voit aussi quelquefois, mais plus rarement, des pantalons courts qui ne tombent pas plus bas que le genou. Les bras, les jambes et la poitrtne sont nus(Gg. 285); la chevelure est noire et frisée sans être crépue comme celle des nègres.
Dans les hautes classes, le tablier était retenu par une ceinture qu'un nœud fixe par devant, et il s'avance en avant de manière à décrire dans sa partie inférieure un angle aigu quelquefois très-accentué (fig. 286). Chez les pharaons, cette projection en avant
semble maintenue par une sorte de panier comme on en portait au xvui^ siècle de notre ère, ou par des lames de métal analogues à
Fig, 285. — Vêtement dos ouvriers
Fig. -286. — Tablier égyptien.
LE COSTUME EN' ORIENT.
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celles de nos crinolines. Nous avons déjà montré plusieurs exemples de ce curieux vêtement, notamment dans notre figure qui représento un pharaon dans son grand costume sacerdotal.
La tunique, c'est-à-dire le vêtement qui adhère immédiatement à la poitrine, fait également partie du costume égyptien; elle a été d'ailleurs portée par tous les peuples de l'antiquité. IlabilucUemcnt, la tunique se composait de deux pièces présentant à peu près la forme d'un carré long, et réunissant les deux angles supérieurs sur les épaules : une ouverture était laissée au milieu pour qu'on put passer la tête, et les deux pièces composant ce vêtement se rapprochaient sous les aisselles, mais allaient en s'élargissant plus bas. 11 y a différentes espèces de tuniques; les unes ont des manches courtes, les autres en sont totalement dépourvues.
Hérodote nous a laissé quelques détails sur les vêtements à franges.«LesÉgyptiens, dit-il, sont vêtus de tuniques de lin avec des franges autour des jambes; ils donnent à ces franges le nom de calasiris, et pardessus la tunique, ils portent des manteaux de laine blanche. Toutefois on n'entre ' point dans les temples avec de la laine; on n'en laisse pas à ceux qu'on ensevelit, ce serait une impiété. A cet ''"™"" ^"^'p"™' ^°"^^'^' ""' p''"'"™ "' '"°"'°-' égard, ils sont d'accord avec les traditions orphiques qu'on appelle
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aussi bachiques, et qui sont observées par les Égyptiens et par les Pythagoriciens, car, chez ces derniers, c'est une impiété d'enscvcUr dans des tissus de laine celui qui est initié aux mystères. On donne à cet usage un motif religieux. » (Hérodote.)
Le costume des femmes égyptiennes consiste en une longue chemise ou robe flottante qui descend jusqu'à la cheville. Par-dessus celte robe, les femmes ont un jupon qu'une ceinture retient à la tuille, ou bien qui se rattache aux épaules au moyen de bretelles.
Dans les classes élevées, la robe qu'on passait par-dessus le jupon était du plus beau linge; les manches s'attachaient devant sur la poitrine (fig. 287), mais, pendant les cérémonies religieuses ou les processions funéraires, le bras droit sortait de la manche et restait dehors (fig. 288).
Le jupon était ordinairement d'une couleur très-vive et enrichi quelquefois d'une étonnante variété de dessins comme nos toiles perses. 11 était interdit aux esclaves et aux femmes de condition servile de porter un vêtement analogue à celui des dames, et il y avait aussi une notable différence dans la disposition de la coiffure. La robe s'ajustait au cou avec des manches courtes et ouvertes qui dépassaient rarement le coude; les jours de fête, elles mettaient par-dessus un long vêtement flottant. On voit aussi quelquefois des femmes dont les bras sont absolument nus ou simplement ornés de bracelets.
Fig. 288. Femme égyptieDce.
Le costume hébreu. — Malgré les recherches qui ont été faites et les livres qui ont été écrits sur le vêtement des Hébreux, l'absence complète de monuments nous laisse à cet égard dans une très-grande incertitude. Les artistes de la Renaissance et du xvu" siècle, lorsqu'ils ont traité des sujets bibliques, ont adopté pour leurs figures un costume de convention, qui participe du grec ou du romain sans être positivement l'un ou l'autre, et qui avait à leurs yeux l'avantage de présenter une draperie avec de beaux plis. Une réaction s'est faite de nos jours dans un sens archéologique, et, s'appuyant sur ce principe que le
costume n'a pas dû beaucoup varier en Palestine, parce qu'il est fondé sur une nécessité du climat, plusieurs peintres donnent aux personnages bibliques une allure qui les fait ressembler passablement à des Bédouins. Les Hébreux n'ayant laissé aucun monument qui puisse être consulté comme document, les artistes ne peuvent les représenter qu'à l'aide d'hypothèses plus ou moins ingénieuses.
Les textes sacrés renferment un assez grand nombre do mots qui désignent différentes sortes de vêtements; mais, comme iis ne disent rien sur leur forme et leur coupe, on ne peut y puiser que des renseignements très vagues. Les matières dont on se servait pour les tissus étaient la laine, le lin et ce mystérieux byssus, dans lequel quelques auteurs ont cru reconnaître le coton. Les gens riches avaient des vêtements teints en pourpre rouge ou violette, souvent enrichis de broderies. La tunique était pourvue de manches, probablement très-longue, et serrée par une ceinture. Elle était en lin et se plaçait ordinairement sur la peau comme notre chemise. Le manteau ou vêtement de dessus était le plus souvent carré : c'est du moins ce qui paraît résulter d'une loi de Moïse, ordonnant d'attacher aux quatre coins des houppes avec un fil violet, pour se distinguer des idolâtres. Mais les gens riches portaient des vêtements bigarrés dont la forme était probablement assez variée.