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La chlamyde. — C'est par le pallium qu'il faudrait logiquement commencer l'étude des draperies, puisqu'il se suffit à lui-même et ne demande pas l'emploi de broches ou d'agrafes. Mais, comme la chlu-myde est le vêtement le plus simple, et celui qui comporte le moins de variété dans la manière de le porter, nous en parlerons en premier. La chlamijde consistait en une étoffe carrée ou rectangulaire, que l'on posait sur les épaules en la fixant autour du cou à l'aide d'une broche ou d'une agrafe et qu'i retombait ensuite librement sur le corps.

La figure 323, d'après une peinture de vase, représente un jeune homme qui va partir pour la guerre et auquel on offre un breuvage. Ce jeune homme porte la chlamyde ; elle est fixée à son cou par une broche placée en haut de la poitrine et pend sur les deux côtés du corps en enfermant le dos et en laissant la poitrine découverte. Cette manière de porter la chlamyde implique dans la draperie une forme rectangulaire : la partie longue du rectangle étant placée horizontalement, et non de haut en bas, _la broche placée sur le cou ne II. 33

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LE VÊTEMENT.

réunit pas les coins de la draperie, qui pendent tous les quatre en pointes, dont deux descendent à mi-corps et deux tombent jusqu'en

Fig. 323. — La chlamyde de forme rectangulaire (d'après un vase peint).

bas. Cette manière d'ajuster la draperie est extrêmement gracieuse et on la voit assez fréquemment représentée sur les peintures des vases.

Dans les statues, la chlamyde présente un aspect assez différent qui tient à la forme même de la draperie, et à la manière dout elle est agrafée pour se maintenir sur le corps. En effet, si, au lieu d'être fixée sur le bord de la draperie, la broche en réunissait les deux coins, comme on le voit sur la figure 324, il ny aurait plus que deux angles pendants, les deux autres se trouvant fixés sur l'épaule, autre manière de porter la chlamyde. Seulement cette seconde manière d'employer la chlamyde ne peut être employée que si la draperie est de forme carrée au lieu d'être rectangulaire, et elle doit également être de dimension plus restreinte.

Il y avait naturellement des draperies de toutes les grandeurs, et la chlamyde changeait d'apparence suivant l'endroit où la broche était placée sur l'étoffe. Cette broche apparaît indifféremment sur le cou ou sur l'épaule droite, de sorte quec'est tantôt le devant, tantôt le côté droit du corps qui se trouve à découvert, mais ce n'est jamais le côté gauche.

Il faut encore observer que la broche qui fixe la chlamyde n'est jamais placée par derrière, car la draperie retombant alors par devant aurait gêné la marche,

On rencontre clans nos musées des figures dont l'unique vêtement est une petite draperie fixée sur l'épaule et qui est ensuite rejetée en arrière, en laissant le corps absolument nu.

Fig. 3-24. — La chlamyde de forme carrée (d'après une statue antique).

La figure 325, qui représente Ganymède ou Paris, nous en offre un exemple. Le jeune berger s'appuie contre un arbre, et pour jouir davantage de la fraîcheur, il s'est débarrassé de sa chlamyde et l'a rejetée en arrière, sans pourtant déranger l'agrafe qui la fixait à l'épaule.

Nous avons vu que la chlamyde pouvait être une simple pièce d'étoffe carrée ou rectangulaire fixée sur l'épaule à l'aide d'une agrafe. Elle pouvait aussi être formée d'un rectangle de chaque côté duquel on ajoutait une bande d'étoffe de forme triangulaire, comme on le voit sur les figures 326 et 327. Suivant quelques antiquaires, celte addition était même nécessaire pour motiver les plis tombant en pointe que nous voyons si fréquemment sur les figures de vases. Il est même très probable qu'on en portait indifféremment de l'une ou l'autre façon,

mais, avec ou sans coutures, la chlamyde se plaçait toujours do la façon que nous avons indiquée.

Fig, 325. — La chlamydû rejetée par derrière (d'après une statue antique).

La chlamyde est un vêtement originaire de Tliepsalie, le pays de la Grèce où il y avait le plus de cavaliers. 11 fut promptement adopté par plusieurs peules grecs, et nous aurons occasion d'en reparler à propos de la cavalerie. Mais la véritable chlamyde thessalienne est extrêmement petite, et lorsque les cavaliers la portaient, elle flottait au vent comme nous le voyons dans la grande cavalcade du Parthénon. Le nom de chlamyde s'est étendu par extension à toutes les draperies

LA DRAPERIE.

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qui se fixaient par une agrafe, mais les vêtements du môme genre portent différents noms chez les auteurs anciens; la chloeiié, Vami-

Fig. 326.

Flg. 327.

La chlamyde thessalienne.

cultnn, etc., sont des manteaux qui, s'ils ne sont pas identiques à la chlamyde, partent pourtant du même principe, et se fixent à l'épaule de la même manière. Ainsi le paludamentum que portaient les empereurs romains est un vêtement de ce genre. ,

Le pallium. — Nous avons dit que le pallium était une draperie rectangulaire dont on s'enveloppait le corps sans avoir besoin de le fixer par aucune agrafe. La figure 328, tirée d'un des bas-reliefs de la cella du Parthénon, nous en offre un exemple. Voici maintenant comment ce personnage s'y est pris pour ajuster en vêtement la draperie que nous lui voyons. Comme elle est aussi haute que lui, elle traînerait par terre, s'il ne commençait par plier le haut du rectangle, afin d'en diminuer la longueur. C'est pour cela que sur la figure nous voyons que la draperie est double jusqu'à la hanche, tandis qu'elle est simple de la hanche aux pieds. 11 prend ensuite un coin de la draperie qu'il pose sur l'épaule gauche, ramène le tout par devant, fait passer l'étoffe par derrière et la ramène par-dessus fépaule gauche, de façon que le pan retombe en avant tout le long du corps. Tout le poids de la draperie se trouve ainsi du côté gauche, tandis que l'épaule droite reste nue et absolument libre.

Si au lieu de poser d'abord la draperie sur l'épaule, il la plaçait simplement sur l'avant-bras gauche, en faisant pour tout le reste le même mouvement, il obtiendrait la figure 329, qui présente d'ailleurs de grands rapports avec la précédente. On peut même supposer que cette draperie a été posée tout à fait de la même manière que l'autre,

LE VETEMENT.

mais que le coin, primiiivement posé sur l'épaule, aura glissé sur l'avant-bras.

Dans la figure 323, que nous avons vue plus haut, il y a un vieillard qui est probablement le père du jeune homme portant la chlamyde. Il

Flg. 3iS.

Fjg. a^y.

Le pallium {d'après deus figures du Parlhénon).

est vêtu exactement comme les deux personnages de la frise du Par-thénon que nous venons d'examiner et porte le pallium de la même manière ; mais, en s'appuyant sur sa longue canne, son manteau a glissé, en sorte que Ion voit plus de parties nues que dans les figures précédentes. Au reste il y a, dans la frise du Parthénon, un personnage vieux également, et dont le pallium ne paraît soutenu que par la poignée de la canne qui vient s'appliquer sous l'aisselle.

Si quelques monuments montrent des hommes portant le pallium directement sur la peau, il y en a beaucoup d'autres dans lesquels ce

LA DRAPERIE.

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\ôtement de dessus est chargé de recouvrir lo chiton ou vêtement de dessous : c'était même la manière la plus ordinaire de le porter.