LA DRAPERIE.
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qui voulait s'en revêtir séparait les deux côtés, qui avaient été ramenés l'un contre l'autre en E G D, de manière à être exactement au milieu
Flï. 3-11. l'.tf-
Costume (d'après deux statues du musée de Naples).
du carré EDLI dans la figure 1, e rf LN dans la figure 2. Elle attachait alors l'un à l'autre le devant et le derrière de la palla par une broche, au-dessus de l'épaule gauche en N, passant le bras à ^travers l'ouverture marquée N I dans la figure 1 et N i dans la figure 2 (drapée). Une autre broche était ensuite attachée de la même manière sur l'épaule droite, en M comme est en train de le faire la figure 339 et 3/)0, de sorte que ia partie comprise entre M et N fournit une ouverture par le cou et celle entre M E de la figure 1 (M e de la figure 2) un passage
LE VÊTEMENT.
pour le bras droit, analogue à celui qui laissait de l'autre côté passer le bras gauche. Les coins E G et I K de la figure 1, e i de la figure 2, retomberont dans le sens qu'indiquent les lignes ponctuées, et occuperont les points E G 1 K de la figure 2 (drapée). La palla est donc une draperie flottante, que l'on ajuste sur soi en s'en enveloppant.
Les figures 3^1 et 342 montrent un vêtement analogue au précédent, mais la femme porte une ceinture qui se trouve marquée par la partie draperie rabattue en avant, et qu'on devine seulement par les plis qu'elle forme en dessous.
Les figures que nous venons de voir reproduisent des statuettes en bronze, découvertes à Portici au milieu du xvui" siècle. On les avait d'abord appelées canéphores, et depuis on leur a donné le nom de dameuses : quelle que soit l'appellation sous laquelle on les désigne, elles sont extrêmement intéressantes, au point de vue du vêtement, qu'elles montrent plus clairement que la plupart des autres statues antiques.
Le voile. — Les femmes en Grèce ne portaient pas do chapeaux, mais elles avaient souvent un voile nommé calyptra, qu'elles ramenaient sur leur visage quand elles ne voulaient pas être vues. Ce mouvement, qui est prtîsque toujours dirigé par un sentiment de pudeur, est très visible sur la fi^'ure 3Z|3 qui représente Pénélope. Ce voile était généralement d'un tissu transparent et extrêmement léger, lorsqu'il devait, comme d;ms le cas présent, recouvrir entièrement le visage. Mais le plus souvent les femmes, lorsqu'elles sortaient, mettaient simplmnent leiir voile au-dessus de la tète pour se garantir du vent ou du soleil. Nous avons vu déjà que les
femmes ramenaient quelquefois leur manteau sur leur tête. Le voile
s'employait aussi pour cet usage.
Fig. 3J3. — Pénélope (d'après une peinture antique).
III
COSTUMES DE LA GRÈCE
Les vêtements de dessous. Le chiton. — Les robes a dessins. — Les vêtements transparents.
Costumes divers.
Les vêtements de dessous. — Nous avons vu les draperies qui enveloppaient le corps et que la statuaire aimait tant à représenter, à cause des larges plis qu'elle savait en tirer. Ces draperies font partie du costume grec, mais elles forment exclusivement les vêtements de dessus. Ceux de dessous présentent une allure plus modeste, et sont souvent dissimulés en partie par l'ample draperie qui les recouvre. Outre le chiton qui répond à notre chemise, mais qui, dans les représentations a beaucoup plus d'importance, parce qu'il est beaucoup plus apparent, et constitue presque à lui seul le vêtement de l'artisan et du cultivateur, il faudra nous occuper de quelques costumes spéciaux, qu'on ne rencontre que sur les peintures de vases.
Le joli bas-relief que montre la figure 3kk représente une scène dont les antiquaires ont donné deux interprétations très-différentes. On y voit aujourd'hui Orphée se retournant pour voir Eurydice que Mercure amène des enfers; autrefois, on croyait y reconnaître Antiope entre Zéthus et Amphion. Quel que soit le nom qu'on veuille donner aux personnages, ce monument offre pour nous un intérêt tout à fait particulier, parce qu'on y voit les principales parties qui composent le costume des Grecs, tel qu'il est représenté sur la plupart des monuments de la sculpture. Les deux hommes portent le chiton à double ceinture, avec la chlamyde agrafée sur l'épaule droite. L'un des deux est coiffé d'un casque, l'autre porte le chapeau thessalien, rejeté derrière les épaules. La femme est vêtue de la longue robe ionienne, et sa tête est recouverte du voile. Chacune de ces pièces demande une étude particulière.
Le chiton. — Le chiton ou tunique, vêtement de dessous, porté par les deux sexes et par toutes les classes de la société, se compose
LE VÊTEMENT.
d'une piôce d'étoffe cousue sur un seul côté et fixée sur les épaules à l'aide d'agrafes. Son office est celui d'une [chemise qui tiendrait au
III II
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Fig. 34-1. — Antiope et ses fils (bas-reliei du Louvre).
corps par le moyen d'une ou deux ceintures. Mais pour les artisans et les laboureurs, c'était à peu près l'unique vêtement, tandis que dans la classe aisée on mettait toujours par-dessus une draperie flottante. 11 en est du chiton comme des vêtements que nous avons examinés déjà; bien qu'il soit très simple dans son principe, il y avait de
COSTUMES DE LA GRÈCE.
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grandes différences dans la manière de le porter, qui peuvent se résumer en trois types principaux, celui qui laisse à découvert les deux bras, les deux jambes et une partie de la poitrine, celui qui recouvre la poitrine et laisse seulement les membres nus, enfin celui qui est pourvu de manches et qui retombe jusqu'aux pieds.
La tunique saiis manche s'attachait sur Tépaule gauche, au moyen d'un nœud ou d'une agrafe; et laissait le bras droit découvert, ainsi que les pectoraux. Cette tunique était portée surtout par les laboureurs et les ouvriers. La jolie statue du Louvre quon désigne sous le nom d'Antinous (fig. 3/t5) présente la forme la plus habituelle de cette
fig. 3-lj.
l'ib'. 34ti.
Le chiton avec la ceinture.
tunique, qui est fixée à l'épaule gauche par un nœud et retenue au corps par une petite ceinture mince sur laquelle la partie supérieure est rabattue de manière à la masquer presque entièrement. "• 35 ■
Cette tunique au surplus ne se portait pas toujours de la même manière, et la statue, connue sous le noui de Thésée, nous montre un vêtement analogue avec un tout autre ajustement. La tunique, d'une étoffe plus fine, forme des plis plus nombreux et plus serrés. Elle laisse une moins grande étendue de la poitrine à découvert, et n'est_ pas rabattue sur la ceinture qui est au contraire parfaitement visible. Le sculpteur, comme s'il eût voulu faire voir que le personnage qu'il représentait n'était pas un ouvrier à son travail, a ey soin de lui jeter sur l'épaule une petite draperie qui jetombe sur fè bras, et pourrait, si elle était jetée autour de la poitrine, modifier complètement le vêtement du personnage (fig. 3/)6).
Cette manière de porter le chiton est particulière aux hommes, et dans aucune époque de l'histoire grecque, les femmes n'ont porté un vêtement laissant le sein découvert. On voit quelquefois un sein nu aux Amazones, mais ces femmes guerrières appartiennent à la mythologie, et d'ailleurs le pays où la fable place leur séjour est l'Asie et non la Grèce. Cependant le chitori des femmes Spartiates offre celte particularité qu'il laisse voir quelquefois non pas le sein, mais la cuisse. Ce vêtement serré est formé de deux pièces d'étoffes cousues seulement du côté gauche, en sorte qu'il laisse à droite une longue fente, qui va de haut en bas et se chan;,'erait en une large ouverture, si la ceinture ne l'enserrait complètement autour du corps. Cette fente avait pour but de laisser plus de liberté aux mouvements, ce qui n'était pas inutile à Sparte, oi!i les jeunes filles devaient, aussi bien que les garçons, se livrer à des exercices violents., ^.^