Voici encore (figure 3/i7-3/(8) une figure vêtue de la tunique spar- ■ tiate; c'est la belle statue du Louvre connue sous le nom de Diane de Gables. Le chiton qu'elle porte est quelquefois appelé xystis : c'est un vêtement qu'on voit quelquefois à Diane et assez fréquemment aux Amazones. 11 est toujours relevé au-dessus du genou. Par-dessus ce vêtement, la déesse est en train d'ajuster son manteau en chlamyde; ce petit manteau court était particulièrement convenable pour la chasse.
A l'exception des femmes Spartiates, la tunique courte était un costume qu'on employait rarement seul, c'est-à-dire qu'elle était recouverte par une autre tunique beaucoup plus longue, sur laquelle on mettait le manteau. Le costume habituel des femmes grecques comprend donc en réalité trois vêtements, le chiton court qui se porte sur la peau comme nos chemises, la tunique longue, ou tunique qui se
COSTUMES DE LA GRECE.
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place par-dessus comme nos robes, et ïe manteau qui fait l'ofTicc de nos châles ou des vêtements du même genre. Mais l'usage des jupons
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eig. -ai. Fig. 348.
La tunique sparliate. (Diane de Gabics, musée du Louvre).
ne couvrant que le bas du corps et n'adhérant pas à la partie supérieure du vêtement était inconnu aux femmes grecques.
La tunique !on;:;ue s'emploie habituellement comme sur-tunique, mais souvent aussi elle adhère directement au corps ; c'est ce que montre la figure 3^9 qui représente la muse Euterpe.
Dans la plupart des monuments, on voit que le vêtement de dessous est d'un tissu plus fin que celui de dessus, et les plis de ces deux vêtements présentent toujours un caractère très-différent. Le groupe de Cérès et Proserpine (figure 350) dans le fronton du Parthénon offre un exemple très-remarquable de cette différence. Dans les deux figures, le vêtement de dessous forme une multitude de petits plis irès-serrés et qui accusent tous une forme serpentine bien caractérisée. Cela tenait à l'habitude où étaient les ménagères de tordre le tissu qu'elles
avaient lavé sans ,1c repasser; l'étoffe, qui était très-fin^, se plissait
Fig. 3iy. — Ealerpe.
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Fig. 330. — Cèrès et Proscrpino (.Parlhéiion).
COSTUMES DE LA GRÈCE.
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ainsi en séchant. Nous voyons au contraire le pallium qui enveloppe ici la partie inférieure du corps dessiner de grands plis dont la direction est impérieusement indiquée par le mouvement des membres.
La figure 351 nous montre un costume tout particulier dont on
fig. 331. — Flurc,
retrouverait assez difficilement l'analogue. Par-dessus la tunique dont elle est revêtue, on voit une seconde tunique et celle-ci n'est pas retenue par une ceinture. Le nom de Flore, qui est ordinairement donné à cette statue, a été contesté, car la couronne qu'elle porte sur la tête, et qui n'est point une restauration, peut aussi bien s'appliquer aux Muses, aux Heures, etc., et la singularité de son costume est telle qu'il ne peut décider en faveur d'aucune des conjectures qui ont été faites; aussi est-ce à titre d'exception que nous l'avons fait reproduire ici.
Les robes a dessins. — Les Grecs étaient généralement peu prodigues d'ornements sur leur vêtement. La plupart du temps, les vêtements de dessus sont complètement unis, ou bien relevés simplement par une petite bordure comme le montre la figure 352.
LE VETEMENT.
Fig. 352. — Vêtement borde d'uae bande.
Cette bande qui borde les vêtements était généralement couleur
de pourpre, mais on ne peut rien dire de positif à cet égard, car les couleurs étant choisies par les personnes qui portaient le vêtement, diivaient naturellement être assez variées. Mais l'habitude qu'avaient les courtisanes, presque toutes originaires d'Asie Mineure, de porter des vêtements bariolés, et souvent couverts de dorures, faisait que, à Sparte particulièrement, une citoyenne aurait cru se compro-metire en portant un vêtement qui ne fût pas rigide d'aspect et dépourvu de couleurs éclatantes. Les mœurs athéniennes étaient à cet égard plus conciliantes et la fréquentation des
Ioniens d'Asie, bi^aucoup plus somptueux dans leurs vêtements que
les habitants de la Grèce propre, a amené
dans le costume moins de rigidité et plus
de richesses apparentes. C'est à cette influence
qu'il faut attribuer l'usage des étoffes légères
et ornées de dessins que les monuments nous
montrent assez souvent et dont la figure 353
nous offre un exi^mple.
11 y avait aussi certaines fêtes, notamment
celles qui étaient consacrées à Dionysos (Bac-
chus), dans lesquelles chacun mettait de côté
les usages ordinaires de la vie pour s'accoutrer
d'une manière souvent bizarre, mais toujours
éclatante. Ce n'était pas, comme notre carnaval,
des travestissements baroques ou ridicules,
c'était simplement l'abandon que la population
faisait, pendant quelques jours, de ses habitudes ordinaires, et tout le monde mettait à cette occasion des vêtements qui sortaient de la rigidité ordinaire, et dans lesquels on recher-
Fig. 3J3. — Etulls légère.
COSTUMIiS DE LA GRÈCE.
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chait plus particulièrement le visible et l'éclatant. Les peintures de vase nous montrent assez souvent des costumes dont l'allure diffère singulièrement de ce que nous sommes habitués à voir sur les statues. Ces peintures, il est vrai, représentent presque toujours des scènes mythologiques, mais il est permis de supposer que les vêtements qui y sont représentés sont à peu près analogues à ceux qu'on devait porter, quand on assistait à une fête destniée à consacrer an souvenir
Fjb'. 35-1. — Homme à cheval ^d'après un vase peiut).
mythologique. 11 faut dire aussi que la période où ont été fabriqués les vases peints est antérieure à celle où ont été sculptées les statues, de sorte qu'en général, les documents qu'on y peut puiser n'ont de valeur que pour les temps antérieurs aux guerres médiques.
La figure 35i, bien qu'elle représente une divinité, nous montre le vêtement d'un simple artisan, mais d'un artisan endimanché, s'il est permis d'employer un terme pareil quand on parle d'antiquité. 11 porte la tunique courte des travailleurs, mais c'est une tunique bariolée et couverte de dessins, qui n'a jamais dû servir pour le travail.
On voit également sur les vases des femmes dont le vêtement est
LE VÊTEMENT
fait d'un tissu très épais et presque toujours décoré de fleurs oti de dessins à grands ramages. On faisait ainsi de grandes robes avec des manches ouvertes extrêmement larges et ne descendant pas tout à fait jusqu'au coude, de façon que le bras parût en entier. Par-dessus cette robe, qui généralement ne dessine aucun pli et ne laisse voir aucune forme, les femmes jetaient une sorte d echarpe extrêmement légère et dont les coins ornés d'un petit gland retombaient en pointe, comme on peut le voir dans la figure 355, tirée d'un vase grec.