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Fig. 355. — Vêtement à manches courtes.

Ces robes à grands dessins et qui, dans les monuments, paraissent toujours dépourvues de plis, apparaissent fréquemment sur les vases grecs, mais nous sommes portés à croire que c'est un costume originaire d'Orient. Nous manquons malheureusement de renseignements sur le costume des femmes en Assyrie et en Perse, mais nous avons donné déjà à propos de TÉgypte des robes tout à fait analogues à celles que présente la figure 356.

Une autre particularité de cette figure, c'est le capuchon, dont la forme apparaît rarement sur les monuments antiques; mais il faut

surlout signaler ces deux longs appendices qui descendent de l'épaule en guise de manche et dont la destination pratique est assez difficile à expliquer.

Fig. 356. — Vêtement à dessins.

Les vftTEMENTS TRANSPARENTS—. Lcs monumcHts nous montrent quelquefois des femmes dont le vêtement est tellement léger, tellement transparent, qu'on voit les formes du corps absolument comme si elles étaient nues; ces femmes sont presque toujours représentées lorsqu'elles se livrent à l'exercice de la danse (fig. 357). Ce sont les femmes d'ionie, les courtisanes qu'on faisait venir dans les repas pour égayer les convives.Telles sont les danseuses du vase Borghèse ; celles d'Herciilanum et bien d'autres figures du même genre, qu'on voit sur les murailles des appartements pompéiens. Elles font également partie du joyeux cortège de Bacchus, et les sculpteurs aiment à les représenter jouant du tambourin ou des castagnettes. Les voiles transparents et légers dont elles sont vêtues se fabriquaient dans l'Asie Mineure et principalement dans l'île de Cos, dont les habitants se livraient presque tous à cette industrie.

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LE VÊTEMENT.

Costumes divers. — Nous avons déjà montré, en parlant des robes à dessins, des vêtements qui diffèrent complètement par

leur allure de ceux qu'on rencontre sur les monuments réputés classiques. Ces costumes, de même que ceux dont nous allons nous occuper, se trouvent exclusivement sur les peintures de vase; et, comme on ne les voit jamais sur les statues, les peintres qui traitent des sujets tirés de l'histoire ancienne, et qui, la plupart du temps, ne connaissent de l'antiquité que les modèles dont on dessine les moulages aux écoles, n'ont jamais songé à en donner la représentation dans leurs tableaux. Il faut dire que l'étran-geté, je pourrais même dire la bizarrerie, de quelques-uns des costumes dontje parle, pourrait, au premier abord, effaroucher ceux qui, dans leurs ouvrages, cherchent avant tout la grande allure des œuvres classiques. Cependant la représentation de scènes antiques sous une forme qui, jusqu'à présent, est restée Tapanage à peu près.exclusif des érudils, pourrait se prêter à certaines interprétations pittoresques, et elle aurait tout au moins l'avantage de nous montrer, en dehors de l'an-'tiquité officielle, une autre antiquité toute différente, mais qui n'est pas moins exacte.

11 y a, en effet, deux manières d'étudier le vêtement des Grecs : sur les statues et les bas-reliefs, ou bien sur les vases peints. Le vêtement qu'on voit sur les statues se trouve également sur les vases, mais ceux-ci présentent en outre une foule de costumes que la sculpture n'a jamais figurées. Cette différence est facile à expliquer: nous élevons comme les anciens des statues à nos hommes illustres; et, si on réunissait dans une vaste galerie toutes les statues qu'on a sculptées

Fig. 357. ■— Robe transparente. {Danseuse du vase Borghèse.)

COSTUMES DE LA GIIÉCE.

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dans !e siècle présent, d'après des contemporains, nous y trouverions le vêtement des hommes d"état, des savants, des jurisconsultes, mais nous n'aurions aucun renseignement sur les costumes qui se portent à la campagne et surtout dans les provinces éloignées des grands centres. Si vous voulez voir le bonnet des Alsaciennes, la culotte des Bretons, le béret des Basques, les guêtres du montagnard, c'est dans les tableaux de genre qu'il faut les chercher et non dans les statues. Or les statues des anciens répondent exactement aux nôtres, tandis que les représentations des vases répondent à nos tableaux de chevalet ; elles sont même les seuls documents que nous puissions consulter, puisqu'il n'est resté aucune peinture antique d'un caractère intime, celles qu'on a retrouvéesàPompéi appartenant presque toutes h un art purement décoratif.

Dans tous les cas, les costumes représentés sur les vases montrent une forme du vêtement beaucoup plus ancienne que celle qui est figurée sur les statues, par la raison que la fabrication des vases remonte à une époque antérieure à celle où ont été faites la plupart des statues que nous connaissons. La figure 358 montre des personnages

Fig. 358. — Personnages étrusques.

vêtues de peaux de bêtes ou tout au moins de vêtements qui imitent les peaux d'animaux dont les hommes se couvraient primitivement.

Les figures 359 et 3G0 qui représentcut, l'une un joueur de ciiliarc, l'autre un joiieiu- de lli'ite, sont remarquables par la physio-

nomie tout asiatique des personnages. L'étoffe épaisse et dépourvue de plis dont leur vêtement est formé, les franges du bas, les grandes bandes semées de rosaces qui rayent transversalement la robe, sont des caractères qui rappellent les monuments assyriens. Ce vêtement

Joueur de citbare et joueur de llùte.

a-t-ll été porté par la population grecque à une certaine époque? Appartenait-il en propre à des corporations de musiciens venus d'Asie? C'est ce qu'il serait sans doute difficile d'établir d'une manière positive, mais remarquons en passant que le vêtement de ces deux personnages offre de grandes analogies dans l'apparence extérieure, mais qu'ils ne le portent pas de la même manière. Le joueur de flûte a le liras droit complètement dégagé de son manteau qui repasse par-dessous, tandis que, dans le joueur de cith;ire, le vêtement couvre tout le corps en venant s'attacher autour du cou, et laisse voir sur le côté une ouverture par laquelle le bras est passé, ce qui est tout à fait contraire aux habitudes des Grecs.

Il faut croire toutefois que les musiciens échappaient souvent aux

habitudes reçues, car voici encore une joueuse de flûte (fig. 361) qui, par-dessus sa longue tunique descendant jusqu'aux pieds, porte un pardessus à carreaux avec une ouverture sans manclios, mais garnie de lisérés, pour laisser passer les bras.

Fig. 361. — Joueuse de flûte. Fig- 302. — Femme purunl uue corbeille

La figure 362 montre une femme qui porte sur la tète une corbeille de fruits et de fleurs, tandis que, dans ses mains, elle tient un vase et une couronne. Ce qu'elle offre de particulier dans son vêtement, dont rcnsemblc ne diffère pas essentiellement de ceux que nous avons vus précédemment, ce sont des espèces de bretelles qui partent des épaules et vont se fixer à la ceinture en se croisant sur la poitrine. Ces bretelles, d'ailleurs, figurent ici comme un simple ornement, et il ne semble pas qu'elles aient pour mission de fixer une partie quelconque du vêtement.

Ce qui frappe aussi quelquefois dans les costumes qu'on voit sur les vases, c'est le rapport qu'ils présentent souvent avec ceux qu'on portait au moyen âge. Voici, par exemple (fig. 363), une casquette qui n'aurait étonné personne au temps de Louis XI. Ce personnage est un Mercure, portant le caducée qui, dans les temps héroïques, était l'emblème des ambassadeurs, et qui est devenu celui du messager des dieux. Son