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Il ne s'agit ici que de l'époque impériale, car il est très-possible que, sous la république, la toge ait été un vêtement habituel. C'est même une chose assez probable, si l'on considère l'orgueil des Rumains et

l'importance qu'ils attachaient au costume national. Mais, sous la république, la loge n était pas telle que nous la montrent les statues, qui datent presque toutes de l'époque impériale. Nous avons vu que, dans l'origine, la toge était un vêtement d'une dimension assez restreinte : elle s'est agrandie peu à peu sans qu'on puisse préciser comment et quand elle a subi ses principales transformations, puisque les monuments font défaut. Aussi, quoique tout le monde connaisse l'effet que produit la toge sur les statues et la manière dont on l'ajustait, on n'est pas du tout d'accord sur sa coupe et sur la forme qu'elle prenait étant ■déployée. Les uns y voient un demi-cercle, qui reproduisait à peu prés la toge étrusque sur une éclielle beaucoup plus grande ; les autres veulent que la toge, étendue à terre, ait eu la forme d'un cercle complet, et, à l'exception [de la forme carrée, que personne ne peut admettre, on ne s'entend aucunement sur le plan qu'il convient de donner à la toge. Les érudits invoquent, à l'appui de leur opinion, des textes qui paraissent souvent spécieux ; mais les artistes dramatiques, qui ont bien aussi une certaine compétence dans la question, puisqu'ils sont obligés de mettre eux-mêmes la toge, sont souvent en désaccord avec eux. Taluia avait sur ce sujet des idées tout à fait personnelles.

Quant à la manière de porter la toge et de lui faire produire les magnifiques etïcts que nous voyons dans la statuaire, il est bien certain ([u'elle présentait quelques complications, puisque les élégants de Rome mettaient un temps infini à en ajuster les plis. Il fallait, en effet, commencer par poser un pan de la toge sur l'épaule gauche, de manière qu'un tiers environ de la longueur totale retombât par devant jusqu'aux pieds et couvrît entièrement le côté gauche. Le reste de la draperie; était ensuite passé derrière le dos et sous le bras droit ; alors, en la pliant en deux par le milieu, on couvrait tout le devant du corps et on rejetait le reste par-dessus l'épaule gauche (fig. 368), do manière que le pan de la toge retombât par derrière jusqu'aux talons. Cette longueur démesurée des pans de la toge était quelquefois embarrassante et exposait même à des chutes, comme on le voit dans cette phrase de Suétone : « Caïus sortit si brusquement de l'assemblée, qu'en marchant sur un pan de sa robe, il tomba du haut des dégrés. » {Caligula, XXXV.) Aussi il était d'usage de relever la toge avec le bras.

La toge devait être d'un grand effet à la tribune, et les orateurs mettaient le plus grand soin à la porter convenablement ; les.plis qu'elle faisait n'étaient pas indifférents, et Quintilien, dans son Institu-

LE VÊTEMENT.

tion de l'orateur, appelle sur ce point l'attention de ceux qui veulent parler en public. « A l'égard de la robe, dit-il, je veux qu'elle soit bien

taillée et bien arrondie, autrement elle grimacera de tous côiés. Elle doit descendre par devant jusqu'au bas de la jambe. Un grand pli dans le milieu aura fort bonne grâce, pourvu qu'il coinmence un peu au-dessus de l'extrémité de la robe ; du moins il ne doit jamais descendre plus bas. Cet autre pli, qui prend par-dessous l'épaule droite, va gagner la gauche et qui traverse la poitrine en manière de baudrier, ne doit être ni assez !-erré pour brider le corps ni assez lâche pour s'échapper. Le pan de robe qui se met ensuite sur le bras gauche doit être immédiatement au-dessous du pli. 11 en aura plus de grâce et tiendra mieux. »

11 y avait plusieurs espèces de toges : la toge prétexte, qui était portée par les enfants libres, ainsi que par les principaux magistrats. Cette toge ne diffère de la toge ordinaire que par une bordure de pourpre que ne représentent pas les statues. Enfin il y avait une toge ornée do broderies que portaient les consuls dans le triomphe, et qu'on voit apparaître dans les diptyques consulaires de la fin de l'empire. Nous l'avons donnée dans le tome I", figure /i71.

Enfin, les empereurs portaient une toge de pourpre nommée trabée. ^.

Fig. 368. — La toge romaine.

La tunique. — La tunique des Romains est un vêtement de dessous qui était porté directement sur le corps et que les femmes mettaient aussi bien que les hommes. Primitivement, la tunique était sans manches, comme le chiton des Grecs ; on y mit ensuite des manches courtes qui ne descendaient pas jusqu'aux coudes.

Dans la figure 369, où nous voyons des boulangers qui pétrissent le pain, celui qui est près de l'âne porte la tunique à manches courtes

LE COSTUME nOMAlX.

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dont nous parlons. Ce costume, qui était celui des artisans, napparait pas fréquemment sur les monuments. Les classes supérieures portaient aussi cette tunique, mais seulement comme vêtement de dessons. Plus tard, on porta la tunique à manches longues ; mais ce vêtement, qui finit par devenir assez fréquent sous l'empire, fut longtemps remarqué comme une marque de mollesse-

|l|!ll!lli|l!Mll.Hn!lil.

Fi;j. .369. — Boulangers romains.

La tunique primitive ne devait pas descendre plus basque le genou; mais lorsqu'on y adapta des manches longues, on la fit descendre jusqu'au milieu de la jambe.

(( Autrefois, dit Aulu-Gelle, à Rome et dans tout le Latium, il eût été honteux pour un homme de se servir de ces tuniques dont les manches, descendant jusqu'aux bras, couvrent la main jusqu'aux doigts. Les femmes seules portaient par décence les vêtements longs et amples, pour dérober aux regards leurs bras et leurs jambes. Les hommes ne portaient d'abord qu'une simple toge sans tunique; ensuite, ils firent usage de ces tuniques serrées et courtes qui ne dépassaient pas les épaules. Plein de respect pour cette simplicité antique, P. Scipion l'Africain , fils de Paul-Émile, homme doué de tous les talents honorables et de toutes les vertus, reprenait un jour P. Sulpicius Gallus pour ses mœurs efféminées, et il lui reprochait entre autres choses de porter des tuniques dont les manches descendaient sur les mains. Voici ses propres paroles ; « Que dire de celui qui, tous les jours, se <( couvre de parfums, s'occupe de sa toilette devant un miroir, qui (1 s'arrache la barbe, s'épile les jambes et porte pour vêtement une u robe à longues manches. Douterez-vous qu'il n'ait fait ce que font « d'ordinaire les plus infâmes débauchés. » Virgile blâme aussi les tuniques de cette espèce comme no convenant qu'aux femmes et indignes d'un homme : « Vos tuniques ont des manches longues et vos mitres

« sont attachées sous le menton par des bandelettes. Enfin, lorsque « Quintus Ennius appelle les jeunes Carthaginois une jeunesse en « tuni'giie, ce n'est pas sans rintention de les flétrir. »