Выбрать главу

Fig. ■M'J.

Coiffure de Béréuice.

Pour porter ainsi sa chevelure, il fallait qu'elle fût très abondante. Aussi un grand nombre de femmes suppléaient à ce qui leur manquait à l'aide de cheveux artificiels.

La coiffure ordinaire des femmes athéniennes, antérieurement aux guerres médiques, consistait à relever les cheveux tout autour de la

LE VETEMENT.

tête et à les réunir en pointe au sommet. Cette coiffure, appelée co-rymbe, est très-fréquente sur les vases. La plupart du temps, les cheveux sont alors fixés avec un bandeau, un filet ou une pièce d'étoffe

Fig. 391.

Coiffures grecques.

(fig. 391 et 392). C'est aussi ce que montre la figure 393. 11 y a, d'ailleurs, une très-grande variété dans ce genre de coiffure ; ainsi

Fig. 393. — Figure de femme.

dans la figure 394, les cheveux sont relevés sur les côtés, et la touffe de l'extrémité ne s'échappe qu'en partie par derrière, tandis que, dans la figure 395,.cette touffe n'est plus entièrement enveloppée dans Je linge qui entoure la tête et les cheveux tombent sur les tempes.

LA COIFFURE.

309

Quand la chevelure était trop abondante pour être attachée d'une manière aussi simple, on la fixait en un arc double sur le haut de la

Fig. 394.

Fig. 393.

Coiffuies grecques.

tête, comme on le voit sur la Vénus de Médicis, sur la Diane à la biche, et même sur l'Apollon du Belvédère, car les hommes eux-mêmes portaient cette coiiïure, qui est particulière aux temps primitifs et dont la représentation apparaît assez fréquemment sur les vases.

En Grèce, la chevelure des femmes était quelquefois maintenue dans une espèce de filet qui en portait la masse derrière la tète (fig. â96 et 397).

Fig. 396.

Coiffures grecques.

Les anciens attachaient à la chevelure une grande importance. On en peut juger par ce passage d'Apulée : « Parlez-moi d'une chevelure dont la couleur est aussi agréable que le lustre en est parfait, dont l'éclat brille aux rayons du soleil, ou bien se reflète avec douceur, présentant divers agréments selon les divers accidents de la lumière.

LE VÊTEMENT.

Tantôt ce sont des cheveux blonds, dont l'or, moins éblouissant à la racine, y prendra la couleur d'un rayon de miel; tantôt ce sera un noir de jais, qui le disputera aux nuances azurées de la gorge du pigeon.

Fig. 398.

Fig. 399.

Coiffures grecques.

S'ils sont parfumés des essences de l'Arabie, que la dent d'un peigne fin s'y soit promenée et les ait réunis derrière la tête, un amant venant à les voir y contemplera son image et sourira de plai.sir. D'autres fois, tressés en nattes épaisses, ils couronneront la tête ; d'autres fois, librement répandus, ils ruisselleront en longue nappe derrière le dos. Enfin, la coiffure est un ornement si avantageux que, malgré l'or, les vêtements superbes, les diamants, et toutes les autres séductions de la

Fig. 400. — Coiffure grecque.

coquetterie dont une femme se présentera parée, si la chevelure est mai soignée, elle ne pourra espérer d'entendre louer sa toilette. »

LA COIFFURE.

311

Ovide donne, dans son Art rf'aiwcr, quelques conseils sur la manière dont doit être coiffée une femme qui veut charmer. « N'ayez point les ciieveux en désordre : selon qu'elle sera soignée, votre chevelure

-■ 'ès!ï>.-^

Fjg. 401.

rjg 402.

Coiffures grecques.

augmentera ou diminuera vos grâces. Il y a plusieurs manières de l'arranger: une femme doit choisir celle qui lui sied le mieux et consulter là-dessus son miroir. Un visage un peu allongé demande pour accompagnement des boucles détachées (fig. 398). Cet autre, plus arrondi, veut qu'on donne de l'élévation au front par un léger nœud et qu'on laisse les oreilles découvertes (fig. 399). Celle-ci doit laisser flotter ses cheveux sur Tune et l'autre épaule ; celle-là doit les relever et le attacher à la manière de Diane lorsqu'elle poursuit dans les bois les bêtes effrayées. De grosses boucles lâchement attachées conviennent à l'une,

Fig. 404.

Coiffures grecques

il faut à l'autre une coiffure en forme de tortue ; cet autre en veut une qui imite les ondulations des flots. Mais comme on ne saurait compter les glands que produit le chêne touffu, ni les abeflles du montHybla, ni

LE VÊTEMENT.

les bêtes féroces dont les Alpes sont peuplées, ainsi je ne puis décrire toutes les manières de se parer. Chaque jour amène une mode nouvelle. Une coiffure négligée sied bien à plusieurs: souvent vous la croiriez celle de la veille, et elle vient d'être arrangée de nouveau. » (Fig. /tOO, /lOl, /t()2, /(OS, hOh- /t05 et /t06.)

Fia 405.

Fig. 406.

Cuiflfures grecques.

L'histoire de la barbe offre aussi diverses variations suivant les temps. L'usage de se raser ne s'est produit en Grèce qu'assez tard, et pendant longtemps encore après qu'il était passé dans les habitudes, ceux qui l'avaient adopté passaient pour cela seul pour des débauchés et des efféminés. Si nous en croyons Glirysippe (cité par Athénée), cette coutume ne serait même pas antérieure à la période macédonienne. « L'usage de se raser, dit-il, s'introduisit du temps d'Alexandre; jamais cela n'était arrivé auparavant. Timothée même, ce célèbre musicien, jouait de la flûte, sans songer à jeter à bas sa grande barbe... Quoiqu'il y eût à Rhodes une loi qui défendait de se raser, tout le monde le faisait; c'est pourquoi personne ne dénonçait un autre à cet égard. A Byzance, la loi prononçait une amende contre tout barbier qui aurait un rasoir, et cependant tous les barbiers en faisaient usage. »

L'usage de la barbe était assez général dans les villes grecques, à l'époque de la domination romaine, et plusieurs Pères de l'Église recommandent expressément de la porter. Voici ce que dit sur ce sujet saint Clément d'Alexandrie: « Je dois aussi quelques instructions sur la manière de porter la barbe et les cheveux. Les cheveux des hommes doivent être lisses et courts, leur barbe épaisse et touffue. 11 ne faut point que leurs cheveux retombent en boucles sur leurs épaules, comme ceux des femmes, mais qu'ils se contentent de l'ornement de leur barbe. S'ils la coupent, ils ne la couperont point enliùremcnt, car

LA COIFFURE.

313

c'est un spectacle honteux, et c'est aussi par trop ressembler à ceux qui l'arrachent ei l'épilent, que de la raser jusqu'à la peau. Le psal-niiste, plein d'admiration pour la belle et longue barbe d'Aaron, y répand dessus dans ses chants les parfums célestes. Si donc nous sommes obligés quelquefois de couper notre barbe ou nos cheveux par diverses circonstances qui n'ont aucun rapport avec le soin de notre beauté, lorsque par exemple nos cheveux, tombant sur nos yeux, nous empêchent de voir, ou que les poils de notre lèvre supérieure se mêlent à nos aliments, il ne faut point les couper avec un rasoir, mais avec des ciseaux. Quant aux poils de notre barbe qui ne nous sont point incommodes, gardons-nous bien de les couper, puisqu'ils donnent à notre visage une gravité majestueuse, et qu'ils inspirent à ceux qui nous voient une sorte de respect et de terreur filiale. »