jIs le VKTEME.NT.
dis-je, toutes ces recherches proclament leur opprobre et leur corruption. Elles se créent une beauté fausse, et, comme si elles avaient fait un superbe ouvrage, elles prennent un miroir pour la regarder, au lieu d'un voile pour la couvrir et la cacher. » (Saint Cléiïient d'Alexandrie.)
Pline fournit quelques renseignements sur la barbe. « Un point, dit-il, sur lequel toutes les nations se sont accordées, c'est Tusage de se faire la barbe, mais il s'est introduit tardivement chez les Romains. Les premiers barbiers vinrent de Sicile, l'an 45/i de la fondation de Rome. Ils furent amenés par P. Ticinius Mena, au rapport de Varron Jusque-là les Romains avaient porté la barbe. Le premier qui prit l'ha bitude de se faire raser tous les jours fut le second Scipion l'Africain. Le dieu Auguste s'est toujours rasé. »
En Italie, il faut remonter jusqu'aux Scipions pour trouver l'habitude de se raser. Aulu-Gelle répète la même assertion que Pline Il résulte de là que ni le premier Africain ni l'Asiatique n'avaient abandonné l'usage de porter la barbe longue.
Sous la décadence, quand l'usage de se raser et de s'épiler fut devenu général, les philosophes et ceux qui se piquaient de conserver des mœurs viriles mettaient une sorle d'affectation à garder toute leur barbe. Les habitants d'Antioche, qui étaient presque tous chrétiens, s'étant moqué de l'empereur Julien à cause de sa barbe négligée, il leur répondit par une satire (Le Misopogon) dont le lecteur comprendra facilement l'ironie et l'exagération : « Et d'abord, commençons par le visage. La nature, j'en conviens, ne me l'avait donné ni trop beau, ni agréable, ni séduisant, et moi, par une humeur sauvage et quiuteuse, j'y ai ajouté cette énorme barbe, pour punir, ce semble, la nature de ne m'avoir pas fait plus beau. J'y laisse courir les poux, comme des bêtes dans une forêt: je n'ai pas la liberté de manger avidement ni de boire la bouche bien ouverte ; il faut, voyez-vous, que je prenne garde d'avaler à mon insu des poils avec mon pain. Quant à recevoir ou à donner des baisers, c'est difficile ; car une telle barbe joint à d'autres inconvénients celui de ne pouvoir, en appliquant une partie nette sur une partie lisse, cueillir d'une lèvre collée à une autre lèvre cette suavité, dont parle un des poètes inspirés de Pan et de Calliope. Vous dites qu'il en faudrait faire des cordes ; j'y consens de bon cœur, si toutefois vous pouvez l'arracher et si sa rudesse ne donne pas trop de mal à vos mains tendres et délicates. Que personne de vous ne se figure que je suis chagriné de vos brocarts ; j'y prête moi-même le flanc, avec mon menton
LA COIFFURE.
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de bouc, lorsque je pourrais, ce me semble, l'avoir doux et poli comme les jolis garçons et conmie toutes les femmes à qui la nature a fait don de l'amabilité. Vous, au contraire, même dans la vieillesse, semblables à vos fils et à vos filles, grâce à la mollesse de votre vie, vous épiiez soigneusement votre menton, et ne vous montrez hommes que par le front et non comme moi par les joues. Mais pour moi, ce n"est pas assez de cette longue barbe, ma tête, aussi, n'est pas bien ajustée, il est rare que je me fasse couper les cheveux ou rogner les ongles, et mes doigts sont presque toujours noircis d'encre. Voulez-vous entrer dans mes secrets? J'ai la poitrine poilue et velue, comme le lion, roi des animaux, et je ne l'ai jamais rendue lisse, soit bizarrerie, soit petitesse d'esprit. 11 en est de même du reste de mon corps ; rien n'en est délicat et doux. Je vous dirais bien s'il s'y trouvait quelque verrue, comme en avait Cimon; mais c'en est assez; parlons d'autre chose. »
Le bonnet. — La forme primitive du bonnet est circulaire et semblable h la partie supérieure de la tête, qu'il est destiné à couvrir pour la garantir du froid et de la pluie. Suivant Hérodote, les Égyptiens avaient généralement la tête nue. Il n'en était pas de même chez les peuples de l'Asie, et nous avons parlé, en décrivant leur costume, du bonnet phrygien, de la mitre, de la tiare, etc. Dans la société grecque et romaine, les hommes sortaient presque toujours tête nue; et, en cas de mauvais temps ou de froid, ils se recouvraient soit avec un pan de leur draperie, soit avec le capuchon du manteau, dont l'usage était devenu universel à la fin de l'empire romain. Néanmoins, on voit sur quelques moiiumenls, représentant Ulysse ou les
Fig. 4n Chapeau.
Fig 41S.
Cuapeaux,
Fig. 410.
Dioscures, une espèce de bonnet de feutre, qui paraît, d'ailleurs, avoir été en usage chez presque tous les peuples de l'antiquité, mais qui
LE VÊTEMENT.
Fig. 420. — Péli,se.
semble avoir été porté principalement par les marins et les gens du peuple. La figure 417 donne la forme la plus habituelle de ce bonnet qui ne diffère du bonnet phrygien qu'en ce qu'il n'a pas le petit retour
en avant que nous voyons aux figures de Paris et de Ganymède. Le bonnet que les Romains nommaient pi/eus est à peu près analogue à celui qu'on vient de voir, mais quelquefois plus arrondi parle haut. Cependant l'homme des champs ou le voyageur avait surtout besoin d'un chapeau capable de le préserver des ardeurs du soleil : de là l'usage du petase, de la causia et de différents chapeaux à grands bords, qui (fig. Zil8 et 419), sous des titres différents, reproduisent un type à peu près analogue. Le pétase est d'origine thessalienne : c'est un chapeau de feutre à fond bas et à larges bords attaché par des cordons que l'on nouait derrière la tête (fig. ?|20). La plupart des cavaliers des Panathénées portent le pétase ; sur les vases peints, le pétase, rejeté en arrière, indique presque toujours un voyageur. La causia est un chapeau du même genre, mais dont les bords sont relevés au lieu d'être simplement à plat : c'est la coiffure macédonienne (fig. 1(21).
On voit aussi sur quelques figures représentées sur les vases, des chapeaux dont le bord est un peu plus petit que dans les chapeaux précédents, mais qui avaient cela de particulier qu'on les portait en les inclinant sur le front, comme le montra la figure /t22, tirée d'un vase peint.
La bandelette qui maintient le chapeau sur la tête ne passe pas sous le menton, comme on le voit souvent chez nous, mais elle va s'attacher derrière la tête. Presque tous les chapeaux de ce genre étaient disposés de façon à pouvoir se rejeter en arrière, en retombant
Fis. 4-il — Causia.
LA COIFFURE.
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sur le dos lorsqu'on voulait avoir la tête découverte. Cette disposition est très visible sur un bas-relief antique qui représente Antiope et ses fils, que nous avons reproduit plus haut sur la figure 34/(.
Enfin, les terres cuites grecques présentent également des chapeaux dont la forme diffère un peu de ceux que nous avons montrés jusqu'ici d'après les bas-reliefs ou les vases peints. Une terrecuito, l)ar exemple, découverte dans les fouilles de Tanagra nous offre un petit garçon assis près d'un masque : son chapeau ressemble exactement pour la forme à ceux que les jeunes gens portent encore assez souvent aujourd'hui. On voit aussi sur les terres cuites quelques chapeaux qui se distinguent par cette particularité, qu'au lieu de s'emboîter sur la tête, ils y sont simplement posés.
Le petit garçon, représenté sur la ■figure 423, porte un chapeau plat qui ressemble à une petite planchette arrondie, et la petite fille, que montre la figure /|2/i, est coiffée de la même planchette surmontée d'un cône. Cette coiffure était probablement fixée à la chevelure par une épingle ou par une bandelette, mais il est quelquefois difficile d'en