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découverte, l'empeigne s'arrêtant un peu

avant les doigts qui, de cette façon, demeuraient libres. C'est ce genre dechaussure que les sculpteurs donnent habiluellement à Diane chasseresse.

Fig. 439.

Bottines grecques.

La figure /i39 nous montre également une bottine montante ouverte et lassée par devant: ce qu'elle offre de particulier, c'est que l'extrémité se relève en pointe comme cela arrive souvent dans les chaussures orientales. Outre ces bottines, on employait quelquefois de véritables bottes, comme celle qui est représentée sur la figure Zi/jO.

Les sénateurs romains portaient une chaussure particulière, montant sur la jambe jusqu'au bas du mollet, et attachée par des courroies

LE VETEMENT.

qui se croisaient sur le cou-de-pied. Un ornement en forme de croissant était le caractère distiuctif de cette chaussure; toutefois cet ornement, appelé luna par les auteurs, n'est pas apparent dans les statues.

Le brodequin des acteurs tragiques, appelé cothurne, était caractérisé par l'épaisseur de la semelle; nous décrirons cette chaussure en parlant du théâtre.

Les souliers. — Les souliers, dont l'usage est si général chez les peuples modernes, étaient beaucoup moins employés dans l'antiquité. En Egypte, on ne paraît pas s'en être servi antérieurement aux Ptolé-mées. La forme des souliers était à peu près pareille à celle qui a cours parmi nous.

Cependant il y a quelques différences qu'il est bon de signaler. La figure hhi montre un soulier qui se nouait par-dessus à l'aide d'un

Fig. 441. — Soulier égyptien saus semelle.

lacet ou d'un cordon qui était habituellement en cuir comme le soulier lui-même. Ce que cette chaussure ofl're de particulier, c'est qu'elle est dépourvue de semelle, le morceau de peau dont elle est formée présentant partout la même épaisseur.

Fig. 442. — Soulier cgj-pUen avec semelle.

Toutefois ce système n'était pas général et la figure 442 nous montre une chaussure égyptienne pourvue d'une forte semelle.

Nous avons vu déjà des sandales et des bottines dont l'extrémité se relève en décrivant une courbure assez prononcée. La figure W3 nous

Fig. 443. — Soulier égj-ptien à bout recourbé.

montre un soulier égyptien qui présente le même caractère. Presque tous les peuples de l'Asie ancienne ont employé des chaussures de ce genre, et on en trouve également sur les monuments étrusques. On peut en voir un exemple dans le grand sarcophage du musée Gampana que reproduit notre figure 510 du tome 1".

La figure kkk montre un soulier grec qui diffère peu de ceux que nous employons. 11 est bon d'observer toutefois que ce genre de chaussures n'apparaît en Grèce que d'une manière tout à fait exceptionnelle. La bottine et la sandale sont beaucoup plus fréquentes sur les monuments.

Les soldats romains, qui faisaient des marches continuelles, devaient être chaussés très- p^ ^^^_ _ g3^l^„J „^^ solidement. Pour empêcher la chaussure de

s'user trop vite, et augmenter encore sa solidité, on mettait sous la semelle une quantité de gros clous, comme on en voit encore de nos jours au.x paysans. Ces clous donnaient naturellement à la chaussure une grande pesanteur et c'est pour cela que Juvénal plaint le malheureux sur le pied duquel un soldat a marché par mégarde. Il n'est pas resté de chaussures à clous, mais on en voit la représentation dans une curieuse lampe que nous reproduisons (fig. hh5 et Z|/i6).

Les pauvres se servaient souvent de chaussures de bois comme nos sabots. Quant aux classes riches sous l'empire romain, le luxe qu'elles déployaient est tel que rien n'en peut donner une idée dans nos sociétés modernes. Les Pères de l'Église s'élevèrent avec véhémence contre cet abus, comme on peut le voir dans le passage suivant, tiré du Pédagogue de saint Clément d'Alexandrie.

« Les femmes vaines et orgueilleuses montrent leur molle délicatesse jusque dans la chaussure même. Leurs sandales sont enrichies de a. 42

broderies d'or et relevées par des clous du même métal. Plusieurs même y ont fait graver des embrassements amoureux, comme pour laisser sur la terre des traces de la corruption de leur âme. Loin de nous ces .trompeuses chaussures où brillent Tor et les pierreries, les pantoutles d'Athènes et de Sicyone, les souliers de Perse et d'Étrurie ! 11 suffit que les souliers remplissent bien l'usage naturel pour lequel ils

Flg. 445. F^S -l-'IJ-

Chaussure à clous (d'après une lampe antii^ue).

ont été faits, c'est-à-dire de couvrir les pieds et de les défendre, en marchant, contre tout ce qui peut les blesser. On accordera aux femmes des souliers blancs quand elles demeureront à la ville et qu'elles ne feront point de voyages; car, dans les voyages, on a besoin de souliers huilés et relevés de clous. Du reste, elles ne demeureront jamais les pieds nus, cela est contraire à la bienséance, et peut être nuisible à la délicatesse de leurs sens, plus facilement blessés que les nôtres. Quant aux hommes, il leur est honorable de ne point se servir de souliers, qui sont une espèce d'entrave et de liens; c'est même un exercice très-salutaire pour la santé et pour la souplesse des membres que d'aller pieds nus quand on peut le faire sans s'incommoder. Si nous n'allons point en voyage, et qu'il nous soit impossible d'aller pieds nus, nous nous servirons d'une simple semelle à laquelle les Athéniens donnent un nom particulier qui indique, je crois, que cette espèce de chaussure laisse approcher le pied ,de la poussière. »

LA PARURE

Les diadèmes. — Les colliers. — Les pendants d'oreilles. Les buacelets. — Les bagues. — Agrafes et boucles.

Les diadèmes. — Les diadèmes ne paraissent pas avoir été en usage dans l'ancienne Egypte. Cependant le catalogue du musée de Boulaq en signale un qu'on prendrait plus volontiers pour un bracelet d'humérus. Mais il n'y a aucun doute sur son usage, puisqu'il a été trouvé sur le sommet de la tête d'une reine, et en partie engagé dans ses cheveux. Deux sphinx en or affrontés en forment le principal motif décoratif.

Fig. 44'7. — CouroDDe de Tàge héroïque.

Dans les temps héroïques, les rois et les personnages opulents portaient des diadèmes ou des couronnes, mais cet ornement de la tête n'était aucunement considéré comme un signe d'autorité; c'était une simple parure. Un des personnages retrouvés par M. Schlieman, dans les tombeaux de Mycènes, avait sur la tête une couronne d'or que reproduit la figure Uhl- Cette couronne, travaillée au repoussé, est enrichie de grandes feuilles d'or qui y ont été adaptées. Les ornements qui le décorent ressemblent à des boucliers.

Nous avons déjà montré, à propos des usages funèbres, les riches couronnes d'or que l'on déposait dans les tombeaux (fig, 203). Le

LE VÊTEMENT.

musée du Louvre en possède plusieurs qui sont d'une grande beauté. Quelquefois ce sont des diadèmes fort simples : il y en a qui consistent en une lame de métal souple et étroite faisant loffice du ruban qui séparait les cheveux du devant de ceux du reste de la tète. D'autres, au contraire, sont d'une ornementation excessivement riche, et les bijoutiers étrusques ont fait dans ce genre des chefs-d'œuvre que l'industrie moderne s'efforce souvent d'imiter. Toutefois les vases peints ne nous offrent jamais la représentation de ces riches diadèmes, et ceux qu'on y voit sont au contraire d'une remarquable simplicité. Ceux qu'on trouve le plus habituellement ont la forme d'un croissant qui se plaçait sur le front comme le montrent les figures HS et i|!t9.