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Fig. -148.

Fig. 449.

Têtes diadêmées.

Le goût des bijoux prit des proportions énormes, surtout chez les femmes de mauvaise vie. Aussi les écrivains distinguentsoigneusement la parure d'une honnête femme et celle d'une femme de mauvaise vie. C'est ce que nous voyons dans ce passage de Lucien : « Une femme belle et modeste se contente de porter quelques bijoux propres à relever sa beauté, un collier mince autour du cou, une bague légère au doigt, des pendants aux oreilles, une agrafe, une bandelette qui arrête ses cheveux flottants, sans ajouter à ses attraits d'autre parure que ce que la pourpre ajoute à un vêtement. Mais les courtisanes, surtout celles qui sont laides, mettent une robe toute de pourpre, se font le cou tout entier d'or, usent du luxe comme moyen de séduction, et suppléent par les ornements extérieurs à ce qui leur manque de beauté. Elles s'imaginent que leurs bras seront plus blancs, quand on y verra

briller lor; que la forme disgracieuse de leur pied se perdra dans l'or de leurs sandales ; que leur visage deviendra plus admirable quand il resplendira d'un éclat emprunté. Voilà ce que font les courtisanes, mais la femme pudique ne porte l'or qu'autant qu'il convient et où il en faut. »

Pline rapporte les folles dépenses auxquelles se livraient quelquefois les dames romaines pour leur parure : « J'ai vu, dit-il, Loliia Pau-lina, qui fut la femme de l'empereur Caligula (et ce n'était pas une fête sérieuse, une cérémonie solennelle, c'était un simple souper de fiançailles ordinaires) ; je l'ai vue, dis-je, couverte d'émcraudes et de perles qui se relevaient par leur mélange alternatif sur la tête, dans ses cheveux, dans ses cordons, à ses oreilles, à son cou, à ses bracelets, à ses doigts: tout cela valait AO millions de sesterces (8,400,000 fr.); et elle était en état de prouver immédiatement par les quittances que telle en était la valeur. Et ces perles provenaient non pas des dons d'un prince prodigue, mais des trésors de son aïeul, trésors qui étaient la dépouille des provinces. Voilà à quoi aboutissent les concussions ! M. Lollius fut déshonoré dans tout l'Orient pour les présents qu'il avait extorqués aux rois, disgracié par C. César, fils d'Auguste, et obligé de s'empoisonner, afin que sa petite-fille se montrât, à la clarté des flambeaux, chargée de 40 millions de sesterces! D'un côté, qu'on mette en regard ce que Curius ou Fabricius ont porté dans les triomphes; qu'on se représente les brancards triomphaux; et d'un autre côté une seule femmelette de l'empire, une Loliia placée à table : n'aimerait-on pas mieux les faire descendre de leurs triomphes que de préparer un tel scandale?»

Le collier. — Le collier des Égyptiens peut être considéré sous trois points de vue : comme insigne honorifique, comme emblème funéraire, ou comme ornement de toilette.

Comme insigne honorifique, le collier était l'équivalent, non pas de la croix d'honneur, mais du degré le plus élevé de la Légion d'honneur, grand-croix, par exemple. Il n'était porté que par des personnages du plus haut rang, et était en même temps la marque d'un grand commandement. Cet usage paraît même remonter à une très-haute antiquité. On lit dans la Genèse : « Pharaon dit encore à Joseph: Je t'ai établi sur toute l'Egypte ; alors Pharaon ôta son anneau de sa main et le mit en celle de Joseph, et il le revêtit d'une robe de lin fin, et il lui mit un collier d'or au cou. Et il le fit monter sur un char qui

LE VÊTEMENT.

était le second après le sien, et on criait devant lui: Qu'on s'agenouille! Et il l'établit sur tout le pays d'c-gypte. n

L'investiture du collier d'or, qui était le plus haut signe honoriû-que, est représentée sur un bas-relief du Louvre, découvert par M. Mariette près de la tombe d"Apis (fig. /i50). On y voit le roi Seti 1"

Kemise de la decuruUon du coUior

(XIX" dynastie) se penchant sur une sorte de balcon d'où il semble adresser la parole au personnage placé devant lui . Un épervier sacré tient un flabellum au-dessus de la tête du Pharaon qui préside la cérémonie de Tinvestiture du collier d'or. Le personnage honoré de cette récompense est revêtu de la robe de lin et lève le bras en signe d'allégresse pendant que deux prêtres lui attachent un collier à plusieurs rangs. Sur une table placée devant lui, on voit divers insignes qui lui sont encore destinés, entre autres une paire de bracelets, et, derrière lui, un cône préparé pour orner sa tête est posé sur une table plus petite. L'inscription explicative porte : « Le roi dit aux chefs qui approchent sa personne : Donnez l'or des vaillances au dévoué chargé du trône royal, Har-Khem. Qu'il jouisse d'une longue vie et d'une vieillesse heureuse, car sa bouche n'a pas péché dans la demeure royale. Puissent ses pas se diriger du siège qu'il occupe vers une bonne sépulture. » On sait qu'une bonne sépulture était la chose la plus désirable pour un égyptien et le meilleur souhait qu"on pouvait lui faire. Des scènes analo-

LA PARURE.

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gues à notre monument du Louvre sont reproduites sur les tombeaux de Tlièbes.

Les emblèmes religieux apparaissent partout dans l'ornement égyptien: on n'est donc pas surpris de les trouver même dans des colliers qui étaient simplement des objets de toilette (fig. /(51). Les poissons sacrés, les lézards, les vipères, Toeil symbolique d'Horus, les fleurs de lotus forment les motifs de colliers à plusieurs rangs, dont les extrémités, qui s'aliachaient sur les épaules, sont habituellemeut formées par une tête d'épervier.

Selon les prescriptions du rituel, un collier devait être suspendu avec quelques autres ornementssym-boliques au cou de chaque défunt. Ce collier funéraire est appelé Ou-srkh; il s'agrafait sur les épaules et couvrait presque entièrement la poitrine. On le cousait à la momie à l'aide de petits anneaux soudés par derrière.

Le musée de Boulaq renferme de riches colliers funéraires. Des

cordes enroulées, des fleurs à quatre pétales épanouies en croix, des lions et des antilopes courant, des chacals assis, des vautours, des vipères ailées, des agrafes à tête d'épervier forment une décoration aussi riche que variée. Le scarabée ailé, symbole de résurrection, et l'oiseau à tête humaine, emblème de l'âme, apparaissent naturellement sur ces monuments.

On voit quelquefois un bijou représentant une âme sous la forme d'oiseau à tête humaine; ce bijou apparaît fréquemment à Memphis, sous les Ptolémées. A la même époque, on fabriquait en grand nombre des amulettes en pâte de verre noir, composées de deux doigts humains, dont l'un dépasse l'autre; ces objets, accompagnant habituellement le scarabée funéraire (fig. ^52), se rattachaient à certaines pratiques mystérieuses dont on n'a pas encore trouvé l'explication.

Une autre amulette, dont le sens n'est pas encore bien connu.

, 451. — Le collier au cou d'un Pharaon, (d'après une peinture égyptionue)

LE VÊTEMENT.

consiste en espèces d'anneaux qu'on appliquait contre loreille des momies, et qu'on croit pourtant n'être pas de véritables pendants d'o-

Fig. 452. — Le scarabée dans un collier égyptien.

reillcs. Ces anneaux sont généralement en jaspe rouge ou blanc, ou bien en bronze recouvert d'or.

Fig. 453. — Fragment de collier avec le vautour.

Les amulettes étaient, au reste, d'un usage très-général. Aussi les enfants égyptiens, même lorsqu'ils ont le corps absolument nu, portent souvent un collier de perles, au centre duquel on plaçait une amulette