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LA PARURK.

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qui consistait en un morceau de papyrus attaché ou cousu dans une petite poclie en linge et contenant des invocations, et plus souvent encore en emblèmes religieux ou images de divinités.

Le musée de Boulaq est le plus riche du monde en bijouterie égyptienne. On se rappelle encore la sensation de surprises que causa aux iiommes spéciaux la vue des bijoux de l'Egypte ancienne qui figurèrent à l'Exposition universelle de 1867. Parmi les plus belles pièces, il faut signaler une magnifique cha'ne dont le fermoir est formé par deux tètes d'oies qui relient les extrémités ; un scarabée est pendu à la chaîne. « Les pattes, dit le catalogue, sont d'un travail si fin qu'on les croirait moulées sur nature; elles sont soudées au corps qui est d'or massif. Le corselet et les élytres sont en pâte de verre bleu tendre rayée par des lignes d'or. »

Les oiseaux, et notamment les vautours, jouent un grand rôle dans la décoration des bijoux égyptiens; et il faut convenir que les artisans ont su en tirer le meilleur parti. Le collier dont nous donnons un fragment (fig. i!i53) est un des plus rfiagnifiques spécimens de la bijouterie antique. Des fleurs et des jetons alternés forment l'ensemble du collier auquel est suspendu un vautour dont les ailes éployées décrivent une grande ligne courbe. Dans la figure hoh, les ailes ont un caractère plus raide et plus impérieux, mais qui n'est pas sans grandeur.

Fig. 454. — Bijou égyptien.

Quelquefois aussi on voit dans les colliers de petits cylindres en or, ornés de légendes gravées : on y enfermait un fragment de texte-sacré en papyrus, auquel on attachait certaines vertus, probablement le pouvoir de chasser le mauvais sort. On peut également citer un collier composé d'yeux symboliques en argent alternant avec des petits grains en terre émaillée.

On y voit quequefois des mouches en or massif, auxquelles on prête une signification symbolique, sur laquelle toutefois les archéologues II. 4:i

LE VÊTEMENT.

ne sont pas craccord (fig. 455). Un charmant collier du Louvre (salle

civile, vitrine P) est formé do petites vipères sacrées qui relèvent la tète, avec une pendeloque qui se termine par une tête de la déesse Mathor. Un pectoral du musée de Boulaq est signalé comme un des objets les plus précieux de la bijouterie égyptienne. K La forme générale du monument, dit le catalogue, est celle d'un petit naos ou chapelle. Au centre, Amosis est debout sur une barque. Deux divinités, Ammon et Phu, lui versent sur la tête Teau de purification. Deux éperviers planent au-dessus de la scène comme des symboles du soleil vivifiant. Le travail de ce beau monument est tout à fait hors ligne. Le fond des figures est découpé à jour. Les figures elles-mêmes sont dessinées par des cloisons d'or dans lesquelles on a introduit des plaquettes de pierres dures,

Fig. 455. — Mouches d*or suspendues à un collier égyptien.

Fig. 456, — Fragment de collier.

cornaline, turquoise,lapis,pâte imitantle feldspath vert. Ainsi disposée, cette sorte de mosaïque, où chaque couleur est séparée de celle qui i'avoisine par un brillant filet dor, donne un ensemble aussi harmonieux que riche. »

L'argent est en général plus rare que l'or dans les bijoux égyptiens. Mais l'habileté des ouvriers dans le travail des métaux n'a jamais été dépassée et les petites chaînettes en or sont aussi souples que celles qui sortent aujourd'hui de nos ateliers les plus en renom.

Chez les Grecs et chez les Romains, l'usage des colliers était très-général, et, à l'exception de la classe pauvre, presque toutes les femmes

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en portaient. « Ces colliers, dit l'ancien catalogue du musée Campana, se composaient soit de simples fils d'or tressés ou contournés en nœuds ou en agrafes, soit d'une série de grains d'ambre, de grenats ou d'éme-raudes (auxquels on supposait des vertus médicales particulières), soit

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Fig. 457. — Fragment de collier.

de perles fines, de pâtes de verre ou d'émaux entremêlés par groupes, ou alternant avec des boules, des vases, des glands, des coquilles, des

Fig. 458. — Fragment de collier.

têtes d'iiommes ou d'animaux, en or ciselé ou estampé. Quelquefois, cette première série est accompagnée de deux autres qui descendent plus bas, jusque vers la poitrine; mais plus fréquemment, c'est un nombre variable de chaînettes qui viennent se suspendre à la chaîne principale ou s'y attacher en festons. Le milieu du collier porle égale-

LE VKTEMENT.

ment lia pendant de dimensions plus grandes. Tantôt c"est une fleur, une tète d'animal ou un scarabée ; d'autres fois un morceau de silex taillé en pointe de flèche ou en foudre. Ces sortes de pierres, qui se retrouvent aussi dans d'autres ornements, étaient des amulettes et

Fig. 459. — Fragment de collier.

•avaient une signification particulière dans la céraunoscopie, c'est-à-dire dans la science fulgurale des augures étrusques. Souvent enfin, lo pendant du milieu est formé par une bulle d'or, ornée de bas-reliefs ciselés ou estampés (fig. 456, ù57, ^58 et/|59). »

Les pendants d'oreilles. — Les dames égyptiennes portaient des boucles d'oreilles d'une lurine assez variée (fig. /j60 et 461). Quelquefois elles sont larges et rondes, ou bien faites avec un anneau formé de plusieurs anneaux soudés ensemble.

Une tête de gazelle, ou des vipères sacrées, dont le corps est enrichi de pierres précieuses, forment fouvent à ces pendants d'oreilles une décoration extrêmement élégante. On y voit aussi paraître l'égide de Pacht Le catalogue du musée de Boulaq signale comme pièce capitale un bijou dont il donne la description suivante. « Une paire de

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magnifiques pendants d'oreilles en or, recouverts d'un riche vernis rougeâtre. Ces ornements pesants n'ont pu servir qu'attachés par un fil, soit à l'oreille elle-même autour de laquelle ce fil se serait enroulé, soit à la coiffure symbolique dont était décoré le personnage auquel ces pendants d'oreilles furent destinés. Un disque lenticulaire, garni à sa circonférence d'une gorge de poulie, forme la partie principale de nos deux monuments. A ce disque sont suspendus cinq wrœws coiffés du soleil, qui eux-mêmes soutiennent, au bout de sept chaînettes d'or, sept icrœus (aspics) également munis du globle emblématique. »

Les pendants d'oreilles ont toujours été en usage en Grèce et à Rome. Les peintures de vase en montrent fréquemment dans la coiffure des femmes (fig. 462 et 463). La collection des bijoux antiques

4«0. Fig. 4«1.

Pendants d'oreilles égyptiens.

Fig. 462.

Fig. 463.

Tètos avec boucles d'oreilles.

an Louvre possède plusieurs boucles d'oreilles dont la forme est d'une élégance exquise. Les bijoutiers grecs, étrusques et romains ont apporté dans ce genre de travafl un goût et une délicatesse incomparables.

Ovide, dans son Art d'aimer, s'élève contre le luxe^dcs boucles d'oreilles et la dimension qu'on leur donnait. «Ne chargez point, dit-il, vos oreilles de ces pierres de grand prix que le noir Indien recueille sur le bord de la vaste plaine. Ne vous montrez point avec des vête-

LE VÊTEMENT.

ments tout pesants d"or : ces richesses que vous étalez pour nous séduire^ souvent nous éloignent de vous. » Plusieurs bijoux d'une grande élégance, mais d'une simplicité un peu affectée, témoignent de l'horreur qu'on avait dans l'antiquité pour tout ce qui est lourd et surchargé. Les