Fig. 464.
Flg. 463. Flg. 41)6.
Pendants d'oreilles.
Vis- 467.
figures k&k à 467 se composent simplement d'une ou deux petites perles de métal, qui vacillent au bout d'un fil d'or. D'autres pendants d'oreilles sont formésd'un petit triangle d'or mobile, dont une des facettes scintille à la lumière (fig. 469), ou bien d'une graine (Qg. 470), ou bien encore d'un petit amour voltigeant (fig. 468).
Flg. 468.
Fig. 469, Pendants d'oToiUes.
Fig. 4-0.
La figure 471 affecte la forme d'une corne enroulée dont le gros bout se termine par une espèce de tête de folie; et, pour affirmer davantage le caractère scénique de ce bijou, chacun des pendants
LA PARURE.
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d'oreilles porte, suspendue après un anneau, un petit enfant, cachant sa tête derrière un masque de tliéàtre ou faisant de la musique.
Fig. 471. — Pendants d'oreilles.
D'autres bijoux nous montrent à quel point le caprice et la fantaisie s'ingéniaient à trouver des motifs variés. Tantôt c'est une petite urne suspendue à uue fleur (fig. 473), tantôt un petit oiseau voltigeant au-
Fig. 472.
Fig. 473. Pendants d'oreilles.
dessus d'un nid formé par un panier (fig. Iil2), tantôt des graines de lurmes différentes reliées ensemble par un petit lil d'or (fig. 47/i).
LE VÊTEMENT.
Les fleurs (fig. 477) et les oiseaux (fig. 475 et 476) sont tréquem-mcnt employés dans la décoration des pendants d'oreilles, dont la forme varie à l'infini.
Quelquefois c'est une rosace en or, ornée au centre d'une pierre pré-
Fig. 473. Fig. 476.
Fib'. 47
Pendants d'oreilles.
cieuse ou d'une fleur en relief, portant latéralement deux élégantes chaînettes, et au milieu une pierre richement enchâssée (fig. 479), ou
un cygne "qui allonge gracieusement son cou (478).
D'autres fois, c'est un paon en verre bleu transparent, dont la queue et les ailes sont ornées d'émaux et de fils d"or. L'oiseau est suspendu aune rosace en or, ornée au centre d'une fleur en relief et portant latéralement deux chaînettes.
Les perles sont assez fréquentes sur les pendants d'oreilles antiques. « Au premier rang, dit Pline le naturaliste, au faîte, pour ainsi dire, de tous les joyaux sont les perles. C'est spécialement l'océan Indien qui les envoie, et elles nous arrivent à travers tant de mers et tant do terres, malgré les ardeurs d'un soleil brûlant; ei encore les Indiens eux-mêmes n'en prennent-ils que dans un très petit nombre d'iles. Elles sont les plus abondantes àTaprobane et à Stois, ainsi qu'à Perinsula, promontoire de l'Inde. Les plus estimées sont celles de la côte d'.Vrabie, sur le golfe Persigue. Les femmes mettent leur gloire à
Fig. 478. Fig. 479.
Pendants d'oreilles.
LA PARURE.
Ub
■en charger leurs doigts, et à en suspendre deux et trois à leurs oreilles. 11 y a, pour cet objet de luxe, des noms et des rafOnements inventés par une excessive corruption. Une boucle d'oreille qui porte deux ou trois perles s'appelle grelot, comme si les femmes se plaisaient au bruit et au choc de ces perles. Déjà les moins riches affectent ces joyaux ; elles disent qu'une perle est en public le licteur d'une femme. Bien plus, c'iles en portent à leurs pieds ; elles en ornent les cordons de leur chaussure, mais encore leur chaussure tout entière; ce n'est plus assez de porter des perles, il faut les fouler et marcher dessus. »
Les Romains poussèrent leur passion pour la bijouterie jusqu'aux dernières limites du luxe. Pétrone parle du prix exorbitant que coûtaient quelquefois les pendants d'oreilles. « Scintilla détache de son *;ou une cassolette d'or, et en tire deux pendants d'oreilles, qu'elle faii admirer à Fortunata. Grâce à la générosité de mon mari, personne, dit-elle, n'en a de plus beaux. — Parbleu, dit Habbinas, ne m'as-tu pas ruiné pour t'acheter ces babioles de verre? Certes, si j'avais une fille je lui ferais couper les oreilles. »
Les bracelets. — Les bracelets se portaient à différentes parties du bras. On en mettait soit au poignet, soit au-dessus du coude, soit encore plus haut, autour de l'humérus. De là, la différence qu'on trouve dans la dimension de ces bracelets, dont quelques-uns sont d'un diamètre relativement considérable.
Fig. 480. — Bracelet égyptien.
Les Égyptiens étaient grands amateurs de bracelets et en portaient quelquefois plusieurs. 11 y a des bracelets de toute espèce : en ivoire, en
LE VliTEMENT.
bronze, en porcelaine, en argent et en or. La décoration en est extrêmement variée.
Nous avons, au musée égyptien du Louvre (salle civile, vitrine 9), un superbe bracelet qui représente un lion et un griffon accroupis au milieu de bouquets de lotus (fig. 480).
Les bracelets égyptiens sont souvent incrustés d'émaux, ou plutôt de pâtes de verre taillées à l'avance et ajustées dans des cloisons d'or, comme des pierres fines.
Plusieurs sont formés par des grains de lapis, alternant avec des grains d'or ou de quartz rouge, et montés sur des fils d'or très-flexibles.
Fig. 481. — Bracelet égj'ptien.
Il y a des bracelets à double charnière, ornés de figures d'or finement gravées, qui se détachent sur un fond de pâte de verre bleu imitant le lapis.
Le musée de Boulaq, au Caire, est particulièrement riche en bracelets. On peut citer entre autres un grand bracelet qui n'a pu être porté qu'à l'humérus : il est composé de deux parties réunies par une charnière.
L'une des deux représente un épervier aux ailes éployées : le jeu des plumes a été imité d'une manière surprenante par de petites pierres de lapis, de cornaline et de pâtes de verre de la couleur du feldspath, enchâssées dans des cloisons d'or. Les Égyptiens étaient d'une remarquable habileté dans ce genre de travail.
Ailleurs on voit pour décoration une large torsade supportant un
LA PARURE.
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cartouche royal flanqaii de deux sphinx : un appendice, orné d'hicrus-tations, empêchait le bracelet de tourner sur le bras. Sur un autre, ou voit une espèce de damier dont chaque case est de deux couleurs ; la fermeture est faite par une aiguillette d'or qui réunit deux lames du même métal.
La figure 481 nous montre un bracelet décoré défigures qu'encadrent des lotus et des plantes aquatiques. D'un côté, c'est un personnage qui coupe les herbes d'eau avec sa faucille ; de l'autre, un personnage monté sur un petit bateau est occupé à faire de la musique.
Ces bracelets sont d'une grande largeur et devaient couvrir une partie du poignet. Quelques figures éthiopiennes nous montrent même des personnages portant une espèce de bracelet qu i recouvre entièrement
Fig. 482. — Fii;ute tiréo du temple de Na^'a.
le bras jusqu'au coude. Nous en donnons un exemple dans la figure 482, tirée de la décoration du temple de ^aga, en Nubie.
Le personnage, ici représenté, est une déesse. Outre cet immense-bracelet, qui a l'air d'une véritable mitaine, elle porte au-dessous de l'épaule un autre bracelet moins volumineux, mais pourtant assez large.