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D'autres bracelets, au contraire, semblent de simples anneaux, comme ou le voit sur la figure 483, où le bijou se compose d'une torsade.

Fig. 483. — Bracelet. ^

Outre les bracelets qui se mettaient aux bras, on a retrouvé des anneaux d'or qu'on se plaçait autour de la jambe. Ces anneaux sont plats et creux; leur circonférence extérieure est bordée par une petite chaînette en or imitant le filigrane.

Les peuplades voisines de l'Egypte portaient également des anneaux aux jambes. Hérodote signale en particulier les Guidanes. « Chez ceux-ci, dit-il, les femmes portent autour de la cheville du pied des anneaux de cuir chacune en grand nombre, pour ce motif, dit-on, qu'elles s'ajustent un nouvel anneau toutes les fois qu'un homme nouveau s'unit à elles; celle qui en a le plus est jugée la meilleure, narce qu'elle a été aimée du plus grand nombre d'hommes. »

Les peuples orientaux ont toujours été très amoureux de la parure : le bracelet est un bijou qui tient une grande importance dans le costume assyrien. On en voit de différentes formes, mais qui peuvent, en général, se rattacher à trois types principaux. La figure hSk est une espèce de faisceau contourné en manière de serpent et dont les tiges sont reliées entre elles par des petits cordons qui les croisent à angle

LA PARURE.

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droit. On a pu voir déjà par les exemples donnés plus haut que les Assyriens de haut parage portaient habituellement deu.x bracelets. Celui qui est ici représenté se portait, non pas au poignet, mais autour de l'avant-bras, un peu au-dessus de la saignée du coude.

Fis. 485.

Bracelets assyriens.

La figure /i85, au contraire, montre un bijou qui, de même que le suivant, se portait toujours au poignet. C'est un bracelet plat et uni qui se ferme par le moyen de deux petites têtes adaptées dans une sorte de fleur ornementale.

Le plus original, on pourrait presque dire le plus assyrien de ces bijoux est celui que reproduit notre figure /t86; il se compose do quatre fleurs analogues à celle qui servait de fermeture au dernier bijou. Ces fleurs, dont la surface convexe est extrêmement bombée, embrassent les quatre côtés du bras, sans laisser aucun espace intermittent. Nous avons vu ces bijoux au bras d'un roi d'Assyrie, dans notre figure 296.

On remarquera que les bracelets ont eu dans l'antiquité grecque une importance assez minime relativement à celle des colliers et des couroimes. On en trouve même assez rarement sur les figures qui décorent les vases grecs, mais ce bijou, qu'on rencontre quelquefois chez les Étrusques, est devenu très à la mode sous l'empire romain.

« Les bracelets antiques que nous possédons, dit M,. Ch. Clément, dans la notice du musée Campana, sont en général d'un travail assez simple. Ils sont formés soit d'un fil en or, en argent ou en bronze, soit de bandes ou de plaques réunies, plus ou moins ornés de fils appliqués, de cordelé ou de granulé, terminés de diverses manières, surtout

en têtes de serpents. Il est à remarquer que ces objets ne portent

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Fig. 4S7. — Bracelet.

presque jamais ni les pierres fines, ni les pâtes de verre, ni les émaux, qui entrent très-fréquemment dans la composilion des colliers, des pendants d'oreilles et des bagues, et que le travail du métal fait tous les frais de leur ornementation, » (Fig. 487 et /(88.)

Fig. -188. — Bracelet.

Les Grecs et les Romains ont souvent adopté le serpent comme forme ornementale pour les bracelets. Quelquefois, comme dans la figure 489, le serpent a la forme pleine et s'enroule simplement autour

Bracelet antique.

du bras. Dans d'autres occasions, au lieu d'être arrondi, le serpent se déroule en une spirale plate comme un ruban et la tête seule est

I,A PARURE.

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pleine. A cette catégorie de bijoux appartient un admirable bracelet ù'or massif, découvert à Pompéi et que reproduit notre figure MO. Les

Fig. -190. — Bracelet en spirale, serpent découvert à Pompéi.

écailles sont marquées seulement dans la partie supérieure à partir du cou et dans la partie inférieure un peu au-dessus de la queue. Le milieu du corps est uni et travaillé au marteau, car c'est le seul mojen de rendre le bracelet élastique et dilatable à volonté.

La queue est annelée et se redresse à rextrémité dans un mouvement infiniment gracieux. Mais la tête est, sans contredit, la partie la plus remarquable de ce beau bijou (fig. /j91); elle est soudée avec le reste du corps.

Les yeux étincelants du reptile sont imités avec deux rubis, et sa langue vibrante est formée d'une petite lame de métal fixée dans la gueule. Les dents et les écailles sont travaillées au ciseau avec une délicatesse exquise.

Sous la période impériale, quand les dames romaines prirent l'habitude de se couvrir de bijoux, les bracelets eurent naturellement une grande importance. On en peut juger par le passage suivant que nous extrayons du Satyricon de Pétrone.

« La robe de Fortunata, retroussée par une ceinture vert pâle, lais-

Fig. -191. — Tête du serpent.

LE VÊTEMENT.

sait apercevoir au-dessous sa tunique couleur cerise, ses jarretières en torsade d'or et ses mules ornées de broderies du même métal. Après avoir essuyé ses mains au mouchoir qu'elle portait autour du cou, elle se plaça sur le même lit qu'occupait l'épouse d'Habbinas, Scintilla, qui lui en témoigna sa satisfaction. Elles en vinrent bientôt à un tel degré d'intimité, que Fortunata, détachant de ses gros bras les bracelets dont ils étaient ornés, les offrit à l'admiration de Scintilla. Enûn elle ôta jusqu'à ses jarretières ; elle ôta même le réseau de sa coiffure qu'elle assura être fdé de l'or le plus pur. Triraalcion, qui le remarqua, fit apporter tous les bijoux de sa femme. — Voyez, dit-il, quel est l'attirail d'une femme! C'est ainsi que nous nous dépouillons pour elles, sots que nous sommes! Ces bracelets doivent peser six livres et demie; j'en ai moi-même un de dix livres, que j'ai fait faire avec les millièmes voués à Mercure. — Et, pour nous montrer qu'il n'en imposait pas, il fit apporter une balance, et tous les convives furent forcés de vérifier le poids de chacun de ces bracelets. «

Les bagues. — L'usage des bagues, soit comme ornements des doigts, soit comme cachets, remonte à la plus haute antiquité. Les Égyptiens ont été de tout temps très-amateurs de bagues : on voit quelquefois deux ou trois anneaux au même doigt. Mais c'est le troisième doigt qui était regardé par excellence comme le doigt des bagues. On portait même quelquefois des anneaux au pouce. Quelques bagues étaient très-simples : il y en avait qui étaient faites avec un scarabée

Flb'. 49i.

Fig. 493. Cachets égyptiens.

Fig. -IÙ4.

OU une pierre gravée. Quelquefois elles avaient la forme d'une coquille, d'un nœud, d'un serpent, et elles portaient une devise. La plupart du temps, les bagues étaient en or, et rarement de bronze, quoique ce métal ait été fréquemment employé pour les cachets (fig. /i92 à Z|97).

LA PARURE.

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La monture ordinaire des scarabées placés sur les bagues se composait d'un fil d'or qui s'amincissait aux extrémités et senroulait de chaque côté sur l'anneau. Ces scarabées, étant la plupart du temps destinés à servir de cachets, portaient généralement au levers une gravure ou une légende ayant trait à un sujet religieux. Une belle bague en or du Louvre représente une dame devant le coffret sacré d'Osiris. Il y a de ces bagues qui sont pourvues d'un cachet mobile au travers duquel passe une aiguille destinée à le faire mouvoir. Les plus anciens anneaux sont pourvus d'un cachet assez lourd dont la forme est quelquefois cubique, mais plus souvent ovoïde.