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Fig. 518. — Vase à parfums.

des inscriptions de ce genre : « Pour arrêter le sang, pour ôler la douleur, etc. »

Les parfums que les anciens employaient venaient généralement de l'Arabie et des contrées orientales. L'usage en était universel et on en employait pour toutesclioses. Les Pères de l'Église se sont élevés avec une grande énergie contre cette parfumerie qu'ils signalent comme un agent de corruption. Les sévères réprimandes qu'ils adressent à la société de leur temps sont pleines de renseignements curieux. « Il existe de nos jours une infmité de parfums dont la nature et les noms diffèrent: végétal, minéral, royal; celui qu'on extrait de la cire, celui que donne un arbrisseau d'Egypte. Parmi ces parfums les plus estimés sont celui de Chypre et le nard. Viennent ensuite les essences de lys et de rose, et mille autres dont les femmes se servent, soit en pâte, soit secs, soit liquides ; elles s'arrosent et s'inondent de ceux-ci ; elles respirent l'odeur de ceux-là. Chaque jour on en invente do nouveaux, afin de satisfaire et rassasier cet insatiable désir qu'elles ont de paraître belles. Elles en arrosent leurs vêtements, leurs meubles, leurs lits; elles les brûlent dans l'intérieur de leurs appartements. 11 n'est point enfin jusqu'aux vases destinés aux plus vils besoins qu'elles ne forcent à en répandre les plus voluptueuses odeurs.

« Il n'est pas de moyens de tromper qu'elles n'imaginent et ne mettent en usage. Celles qui sont petites attachent et cousent sous leur chaussure d'épaisses semelles do liège; celles qui sont grandes ont, au contraire, des semelles extrêmement légères et amincies, et quand elles sortent, elles ont grand soin de tenir leur tête abaissée autour de leur taille. Leurs hanches et leurs cuisses sont-elles plates et fans grâce, elles épaississent leurs vêtements par des pièces rapportées sur les parties de leur corps qui leur semblent défectueuses, afin que ceux qui viennent les visiter s'extasient surl'élégancede leur forme et deleur tournure. Leur sein est-il flasque et tombant comme celui des nourrices que les poëtes comiques introduisent sur le théâtre, elles ont des machines pour le relever; est-il trop plat et trop enfoncé, elles se donnent, pour le faire avancer, une torture perpétuelle.' Si leurs sourcils sout blonds, elles les noircissent avec de la suie ; s'ils sont noirs, elles les blanchissent avec du blanc de céruse ; enfin, s'ils sont trop blancs, une mixtion faite exprès efface et détruit cette blancheur. Ont-elles quelque partie du corps ou la peau soit plus blanche et plus fine, c'est celle-là qu'elles ont soin de montrer. Leurs dents sont-elles belles et bien rangées, elles rient sans cesse pour qu'on admire la beauté de

LE VÊTEMENT.

leur bouche. Gaies ou tristes, il n'importe, il faut qu'elles rient tout le jour, et afin de n'y point manquer, elles placent entre leurs lèvres une petite branche de myrte qui les tient toujours entr'ouvertes. » (Saint Clément d'Alexandrie.)

Le f'ap.d et la poiniAOE. — L'Egypte est le pays de l'antiquité qui a le plus aimé le fard et la pommade. C'est du moins ce qu'il est permis de supposer d'après la quantité énorme de petits ustensiles de toilette qu'on a trouvés dans les tombeaux do l'Egypte. La poudre d'antimoine dont on se servait pour noircir les paupières était fort employée. Le musée de Boulaq renferme un curieux flacon de poudre d'antimoine dont .la forme est celle d'un épervier mitre; la mitre sert de bouchon. Il y en a un autre qui présente la figure monstrueuse du dii^u Bès, et la coiffure du dieu sert de goulot. Ce dieu Bès, dont le culte paraît originaire d"Asie, apparaît le plus souvent comme une divinité présidant à la danse, à la musique et aux plaisirs. C'est à ce titre qu'on le voit si souvent figurer sur les petits objets à l'usage des femmes, tels que fioles à parfums, manches de miroir, etc. Les Égyptiens se servaient pour mettre la pommade de petits ustensiles, qui ne paraissent pas avoir été employés ailleurs, et qui présentent généralement la forme [de cuillères ; aussi on les désigne habituellement sous le nom de cuillères de toilette. Ces cuillères sont en bois et plusieurs sont travaillées avec un soin infini. On en a retrouvé un très-grand nombre dans les tombeaux égyptiens et le musée du Louvre en possède une riche collection. La forme du récipient est rectangulaire ou ovoïde, elle manche est généralement assez court, mais presque toujours richement décoré (fig. 519).

Le plus souvent ce sont des fleurs ou des boutons de lotus, des gerbes de roseaux, ou des plantes ingénieusement agencées, qui forment l'ensemble de cette décoration (fig. 520, 521 et 522). Mais la figure humaine vient aussi quelquefois se mêler aux plantes et aux fleurs,

Fig. 519. — Cuillère à récipient rectangulaire.

LA TOILETTE.

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et plusieurs de ces manches constituent de ravissants motifs (fig. 523). Nous en avons au musée égyptien du Louvre plusieurs cliarmants spécimens: tantôt c'est une Égyptienne portant de gros bouquets ou des oiseaux, tantôt c'est une femme occupée à couper des lotus. Ailleurs, une jeune fille joue d i luth au milieu des lotus oi^i les oiseaux se reposent, ou bien une autre jeune fille cette fois semble danser au son de rinsirument dont elle joue (Cg. 52/|, 525, 526 et 527).

Fig. 5-21. Cuillères égyptiennes.

Quelquefois la figure humaine forme le manche à elle toute seule, et c'est alors qu'on voit l'ingéniosité de l'ouvrier dans l'agencement de ces petits objets. Tantôt c'est un esclave qui porte une cruche sur son épaule, tantôt une gazelle aux pieds liés, tantôt c'est un nageur qui pousse devant lui un oiseau aquatique, dont le ventre ouvert sert de récipient, tandis que les ailes qui s'écartent ou se rapprochent à volonté forment le couvercle (Cg. 528 et 529).

LE VÊTEMENT.

Le catalogue du musée de Boulaq décrit ainsi un ustensile de ce genre : « Un manche de Ijoite à parfum ou de cuillère. 11 se terminait soit par une sorte de godet eu forme de cartouche ou de fleur, soit par un oiseau dont le corps était creux et dont les ailes en s'ouvrant servaient de couvercle. Ce manche représente une femme nue, nageant, les bras étendus devant elle. Sa belle coiffure est relevée en tresse artistcment arrangée. Elle a sur l'oreille droite la grosse tresse pendante qui caractérise les princesses, n

Fig. 523.

Fig. 524. Cuillères égyptiennes.

Fig. 525.

Les Grecs et les Romains ont mis moins de raffinement ùans leurs petits pots à pommade, quelques-uns cependant sont assez remarquables. On a découvert à Pompéi une petite fiole en cristal qui gardait encore h l'intérieur des restes de pâte rougeâtre. C'était évidemment un cosmétique destiné à la toilette. Le fard et les pommades se mettaient également dans de petites boîtes d'ivoire, comme celles qu'on a

LA TOILETTE.

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retrouvées à Pompéi et qui font maintenant partie du musée de Naples (fig. 530-531).

Fig. 526.

FiK. i-i-,.

Ustensiles de toilette.

On employait pour le fard différents ingrédients dont les auteurs ont souvent parlé, et dont quelques-uns paraissent assez bizarres. C'est ainsi que pour blancliir la peau on se servait de crocodilée. Uniment

Fig. 528. — Cuillère à parfums.

tiré des excréments du crocodile. On faisait aussi des cosmétiques pour les joues, pour les paupières, etc. Pline raconte que le lait d'ànessi-passait pour avoir la propriété d'enlever les rides. Ce fut Poppée, la maltresse de Néron, qui mit le lait d'ânesse à la mode; elle s'en fai-II. 47