Fig. 545.
Fig. 546.
Fig, 547. Fig. 548.
Èpiûgles pour coitfurcs.
Fig. 549.
Ce fut avec une de ces grandes épingles à cheveux que Fulvie, femme de Marc Antoine, perça la langue de Cicéron dont elle tenait sur ses genoux la tête sanglante.
Dans la société romaine, l'échafaudage de la chevelure d'une femme était une grosse affaire, et les épingles étaient de toute nécessité pour le maintenir. De nombreuses servantes faisaient l'office de coiffeuses près des dames opulentes qui, si nous en «oyons les auteurs satiriques, ne les traitaient pas toujours avec douceur. « Par la faute d'une épingle mal attachée, dit Martial, une seule boucle de cheveux déran-
LE VÊTEMENT.
gcail l'édifice de la coilTiire de Lalagé. Pour se venger d'un tel forfait, Lalagé frappa sa suivante du miroir qui le lui avait révélé, et, lui arrachant les cheveux, la renversa sous ses coups. Abstiens-toi désormais, Lalagé, d'ajuster ta funeste chevelure. Qu'aucune des jeunes filles qui
tUl
Fis. 530.
Fig. 551. Fig. 552.
Épingles antiques.
te servent ne mette la main à ta tête insensée. Que la salamandre y laisse des traces de son venin, ou qu'elle soit dépouillée par le rasoir impitoyable, afin que ton image devienne digne de ton miroir. » Ju-vénal est encore plus explicite : « ... Pourquoi cette boucle trop haute? Aussitôt un nerf de bœuf fait justice de l'attentat commissur un cheveu. Est-ce la faute de cette fille si ton nez te déplaît? Une autre à gauche
LA TOILETTE.
377
peigne, démêle sa clievelure et la rouhen anneaux. Au conseil préside une vieille émérite qui, de l'aiguille, est-passée à la quenouille. Elle opine la première, puis les subalternes à leur tour, chacune selon son âge ou son talent; on dirait qu'il s'agit de la vie ou de l'honneur, tant elle tient à paraître belle! Elle bâtit sa chevelure de tant d'étages, elle l'exhausse de tant d'orbites en-cliàssés les uns dans les autres, qu'en face on la prendrait pour Andromaque; par derrière elle décroît; ce n'est plus la même femme. (Juvénal). »
Les épingles se mettaient dans des petits étuis comme celui qui est représenté sur la figure 554, ou bien dans une espèce de boîte ronde comme celle que montre la môme figure et qui a ■été découverte à Pompéi.
On a également retrouvé dans les tombeaux égyptiens de fines aiguilles de bronze : elles sont assez longues et percées à leur extrémité de trous imperceptibles. Les aiguilles de tête sont souvent ■ornées d'un singe assis; le petit prisonnier nègre dont les mains sont passées dans des menottes était aussi un ornement assez fréquemment usité.
On a découvert en Egypte des petites tortues d'or qui se rattachent par leur destination au sujet qui nous occupe (fig. 555, 55G). Le musée
Kig. 554. Boîtes à épingles.
Fig. 555. — Petite lurlue en or.
de Boulaq en possède une en bois, qui a été trouvée dans un tombeau de la onzième dynastie. Les trous pratiqués sur son dos servaient, suivant le catalogue, à ficher des épingles en bois, dont quelques-unes se terminaient par des têtes de chiens.
Les Égj'ptiens avaient des épingles en bois ou en ivoire, dont les
Fig. 556. — Potllo tortue ea or. (Egypte.)
femmes se servaient pour se teindre les cils et les paupières avec du
ta
I
Étuis égj-ptiens.
flf. 058.
noir d'antimoine. Ces aiguilles avaient la forme de petites massues
LA TOILETTE.
379
légèrement arrondies du bout. On les resserrait avec des étuis faits avec ces bois précieux que leur fournissaient à titre de redevances les peuples qu'ils avaient vaincus. Ces étuis sont souvent très chargés d'ornements : il y en a qui affectent la forme d'un chapiteau de colonne (fig. 557) ; quelques-uns aussi sont enrichis de peintures (fig. 558).
Les peignes. — Les Égyptiens se servaient de peignes en bois pourvus d'une double rangée de dents. La partie pleine était décorée d'ornements très variés. On peut voir au musée égyptien du Louvre (salle civile, armoire D), plusieurs peignes fort intéressants : l'un d'eux est orné d'un bouquetin qui met un genou en lerre. On a retrouvé aussi dans les tombeaux un certain nombre de peignes avec une ornementation de style asiatique et qui paraissent postérieurs à l'invasion de Cambyse.
Les peignes dont se servaient les Romains étaient généralement formés de deux rangées de petites dents serrées et ne différaient guère de ceux qu'on emploie aujourd'hui. On se servait aussi de démêloirs,
Fig. 559. — Peigne.
dont la figure 559 nous montre un spécimen. Enfin les femmes se mettaient quelquefois dans les cheveux des peignes concaves, comme ceux avec lesquels elles retiennent aujourd'hui leurs nattes, mais en général l'usage des épingles était beaucoup plus fréquent que celui des peignes pour maintenir les cheveux.
La figure 561 montre une jeune fille à sa toilette d'après une terre cuite antiijue. C'était encore le temps de la simplicité des mœurs, où une femme croyait pouvoir arranger elle-même sa chevelure. Il n'en fut plus de même sous l'empire romain. « Une multitude d'esclaves, de l'un et de l'autre sexe, dit saint,,Clément d'Ale-xandrie, s e presse autour
Fig. 300. — Peigne.
LE VÊTEMENT.
des femmes pour servir à l'entretien de leur parure et de leur beauté. 1! en est qui président à leurs miroirs, dautres à leurs coiffures, d'autres enfin à leurs peignes et aux tresses de leurs cheveux. »
J^ ~
Fig. 5tjl. — Jeune femme à sa toilette.
Les peignes, les étuis à épingles, les petites fioles destinées à contenir les pommades et les parfums, se resserraient dans des boîtes en bronze. Les cistes, auxquelles on a attribué longtemps un usage purement religieux et qu'on croyait avoir" été employées uniquement dans les mystères, étaient destinées à contenir divers objets de toilette à l'usage des femmes (fig. 562).
Ces soins excessifs donnés à la toilette contrastaient avec l'austérité que les Pères de l'Église prêchaient aux femmes chrétiennes. « Notre jeune veuve, dit saint Jérôme dans une lettre à Marcella, passait autrefois de longues heures à sa toilette, et tout le jour cherchait devant son miroir ce qui manquait à sa parure... Autrefois ses esclaves arran-
geaient sa chevelure avec art, et mettaient à la torture, sous des mitres de frisure, sa tête innocente ; elle dédaigne aujourd'hui tous ces soins, et sait qu'il suffit à une femme d'être voilée. Pour elle, la plume était une couche trop dure ; elle souffrait à dormir sur les lits somptueux ;
Fis. 5W. — Ciste étrusquj.
maintenant, vigilante pour la prière, la première elle se lève... La robe est de couleur sombre ! elle la salira moins en se prosternant sur la terre nue. La chaussure est commime! le prix des souliers dorés est donné aux pauvres. Aux ceintures ornées d'or et de pierreries a succédé une simple ceinture de laine blanche, moins pour ceindre sa taille que pour retenir son vêtement. »
Les éventails. — Aussi loin qu'on veuille remonter dans l'histoire des sociétés antiques, on trouve l'usage de5 éventails. Mais ces